‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 42 sur 133 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

du présent s'effaçait. Il ne savait plus en quel Heu il était , ni avec quelles gens, ni ce qui l'avait occupé tout à l'heure. Le désordre de la tête gagna tout le corps en peu d'instants , la parole devint inarticulée , le geste incertain. Zanetto se traina jusqu'à une ottomane, mit une main à son front, et s'endormit d'un sommeil douloureux comme un évanouissement. Aussitôt les deux aventurières se jetèrent sur les couverts d'argent, les plats de vermeil, les salières et les pièces du surtout; elles firent table rase , et enveloppèrent leur bagage dans les serviettes.

Les vases et les coupes ciselées (fui ornaient la cheminée furent enlevés avec le reste. Le coffret aux bijoux, les chaînes, le baguier, changèrent aussi de mattre. A l'aide d'un couteau , la vieille , qui était exercée à ce jeu- là , força les serrures des armoires , et découvrit le tiroir aux écus. Six mille ducats qui restaient encore furent confisqués. Les

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habits brodés, les chemises de Hollande, les collets de dentelles, tombèrent entassés pèlemêle avec le tapis de Perse et la courtepointe du lit, qui était en pou-de-soie. La vieille ouvrit alors une fenêtre et siffla d'une manière éminemment bohémienne. Deux enfants de dix à douze ans , agiles comme des lapins, sortirent du fond de la gondole où ils se tenaient blottis, et grimpèrent au premier étage* En un moment , ils eurent transporté le butin dans la cabine et achevé le déménagement.

— On n'a pas besoin de chaussure pour dormir, dît la vieille; ces bottines-là serviront à mon fils Pietro. Voilà un justaucorps à fleurs qui vaut bien douze écus. Le manteau est tout neuf; les bas sont de soie et à côtes. Il est vêtu comme un prince, ce jeune homme.

En parlant ainsi, la maudite sorcière déshabillait le pauvre Zanetto, coupait le gilet

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