‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 43 sur 133 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

avec des ciseaux, tirait à elle le manteau, et faisait du tout un dernier paquet.

— Regarde dans les poches , petite fille , ajouta la duègne. Il y a certainement une bourse bien garnie.

— Vous ne lui laisserez donc rien? répondit la fausse Jacomina.

— Pas un denier, petite solte. Ne vas-tu pas t'attendrir? Allons, où est cette bourse?

— La voici.

— Ne trouves-tu pas quelque autre chose de bonne prise?

— II y a un petit cachet de cuivre , un encrier de poche et de la cire d'Espagne.

— Nous n'avons que faire de cela»

— Eh bien , je garderai pour moi le cachet de cuivre , en souvenir de ce pauvre garçon.

— Comme il te plaira. Je ne vois plus rien. Levons le pied , et que Dieu nous soit en aide !

102 1E NOUVEL ALAODIN.

Les deux aventurières gagnèrent la gondole sans rencontrer personne ; le barcarol , qui était de leur bande, tourna aussitôt par le Rio, traversa tout un labyrinthe de petits canaux et s'enfonça dans le sestiere du Castello.

Il était deux heures après midi quand Marietta se hasarda doucement à jeter un coup d'œil dans l'appartement ; mais voyant son maître endormi sur une ottomane , elle referma la porte et descendit à la cuisine. Au bout d'une heure, elle revint. Cette fois, elle remarqua le désordre de l'appartement et voulut réveiller Zanetto; mais le breuvage continuante opérer, la léthargie durait encore ; la respiration était pénible et le visage contracté. Marietta se mit à pousser des cris qui attirèrent tous les domestiques. On alla chercher un médecin. Il arriva par hasard que le docteur savait son métier ; il reconnut les effets de l'opium et fit administrer le

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