‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 47 sur 133 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

— Hélas ! Mattéo, je n'ai plus un sou en ma possession ; mais écoutez-moi bien : parmi les objets qu'on m'a volés se trouve un petit cachet en cuivre qui ne vaut pas un quart (Técu. Je renonce de bonne grâce à tout le reste, pourvu qu'on me rende ce petit cachet de cuivre. Ce n'est pas trop demander, j'espère. Je tiens particulièrement à cet objet qui n'a de prix que pour moi. Dites donc au cousin de cette marchande que si le confesseur de votre ami veut bien me restituer mon cachet , je donnerai à l'instant même cent ducats de récompense.

— Voilà une proposition raisonnable, dit Mattéo, et il faudrait être mal avisé pour ne point vous satisfaire à des conditions aussi belles ; mais, mon cher seigneur, comment payerez- vous les cent ducats de récompense, si vous n'avez plus le sou?

— Ne vous en inquiétez pas. Trouvez seulement le cachet.

Ll ROUTKI. ALADOIR. 40

110 LE NO UTIL ALABDIlf.

— Je prévois une objection : ils vous prieront de déposer l'argent en un certain lieu, et ils y porteront le cachet en retirant la somme.

— Trouvez d'abord le cachet, vous dis-je, et l'argent ne se fera pas attendre. Mettez deux cents ducats de récompense et n'en parlons plus.

— C'est une affaire sûre. Demain , tous aurez votre bijou de cuivre, ou j'y perdrai mon nom. Quant aux autres objets volés, il n'est pas impossible que le remords prenne vos aventurières au lit de mort, et que pour aller au paradis , où nous serons tous amis et frères...

— C'est bien , Mattéo ; occupez-vous de mon cachet. Il y aura encore vingt ducats pour vous.

— Votre Seigneurie réussira dans toutes ses entreprises, car elle a l'âme noble et grande.

Page 1