‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 48 sur 133 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le segatore mit son cbapeau sur l'oreille droite, se drapa dans son large manteau et s'éloigna en faisant résonner les dalles sous les talons de ses grosses bottes. Zanetto fut abordé par le notaire Thomas Moreto.

— Excellence , loi dit cet homme avec douceur, c'est demain que vous devez payer le premier terme de cinq mille ducats sur le prix d'acquisition de voire palais. Je vous en avertis afin que vous soyez en mesure.

— Par pitié, messer Thomas, donnez-moi deux jours de répit.

— A quoi bon r Excellence? n'avez- vous pas plus qu'il ne faut pour acheter quatre palais?

— C'est la vérité; mais je demande deux jours de délai.

— Impossible , signor. Que signifie ce caprice? vous devez remplir vos engagements.

112 LE NOUVEL ALADDIFf.

— Je n'ai point d'argent.

— Demandez-en à votre banquier.

— Il ne m'en donnerait pas.

— Eh bien ! mon cher, votre marché sera rompu. Le vendeur rentrera dans son bien , et si vous ne me payez pas mes honoraires, vous irez en prison , je vous en donne avis.

— En prison ! s'écria Zanelto consterné ; il ne manquait plus que cela pour m'achever.

Notre héros se trouva en face du joaillier Nicias.

— Don Zanetto, lui dit le joaillier, les bijoux et l'argenterie que vous m'avez fait demander ont été vendus ce matin à vil prix à des juifs. J'ai des instructions qui ne me permettent point de souffrir cela. Mes pièces sont marquées de mon chiffre , et il ne me convient pas de les voir tomber en mauvaises mains. Vous aurez la bonté de faire

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