‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 74 sur 133 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

femme qui l'avait pris. Le segatore a cherché Votre Seigneurie pendant huit jours; enfin ne la voyant pas , il a vendu le cachet à un marchand de bric-à-brac pour quinze sous , mais à la condition de pouvoir le racheter pour le double.

— Allons bien vite chez ce marchand ; je lui payerai les trente sous, et à vous les cent ducats.

Le balafré abandonna sur-le-champ sa friture fumante et sortit de la taverne de la Sepxa pour conduire Zanetto. Le marchand de bric-à-brac demeurait à San-Gallo , près desProcuratie. Cet homme était sans doute habitué au commerce des mauvaises mains, car il salua le balafré comme une pratique d'importance.

— Mon vieux, lui dit le brigand, donnezmoi, je vous prie, un certain cachet de cuivre que vous a apporté le segatore , et que vous avez promis de nous restituer pour trente sous.

— Vous arrivez trop tard , dit le marchand ; Matteo m'avait prié de le conserver pendant quinze jours, et il y a six semaines de cela. Voyant le segatore en prison, j'ai cru que c'était une affaire oubliée. J'ai vendu tout à l'heure ce cachet, pour dix -huit sous , à un signor qui l'a terriblement marchandé.

— Vendu ! dit Zanetto en pâlissant ; au moins connaissez- vous l'acheteur ?

— Assurément , je le connais. C'est un Taceagno qui vous cédera volontiers ce morceau de cuivre pour quelques sous de bénéfice, il s'appelle Marcantonio Canapo.

A ces mots, Zanetto perdit toute prudence.

Il s'arracha les cheveux et se mit à pousser des cris perçants.

— Ah! sainte Marie! dit-il, saint Jeao, mon patron ! ayez pitié de moi ! Si mon rivai possède le cachet, je n'ai plus qu'à me noyer. Il a deviné d'où venaient ma puissance et

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