‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 73 sur 133 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

traite avec cette ingratitude, je ne servirai plus les gentilshommes aux prix modérés.

Je double mon tarif de vengeance, et je laisserai les jaloux tirer la langue.

A cette conversation instructive, et surtout au signalement, notre héros avait reconnu le personnage désigné par la Zingara* Il se recueillit et renfonça la crainte dans un pli secret de son cœur, pour prendre un air libre et audacieux en s'approchant de cette société choisie.

— Mon cher, dit-il au balafré en lui frappant sur l'épaule, je vous entends parler du segatore; auriez-vous de ses nouvelles ? C'est un habile homme à qui j'avais fait une commande qu'il n'a pu exécuter; vous plairaitil de me servir comme lui ?

— Votre Seigneurie ne pouvait pas s'adresser à meilleure enseigne, dit le brigand. Le pauvre segatore, que la madone lui donne du courage ! m'a laissé ses tablettes ; Votre

164 LE NOUVEL ALÀDDIIV.

Seigneurie s'y trouve sans doute inscrite. Je vais y jeter les yeux. Je vois plusieurs commandes restées sans exécution : Il y a des coups de bâton à donner à un marchand de la Merceria.

— Ce n'est pas cela , dit Zanetto.

— L'enlèvement d'une religieuse des Carmélites... une coupure au jarret à un officier dalmate... une taillade au visage à un étranger de la part d'un mari... une échelle de corde pour un abbé... un petit cachet de cuivre volé au palais Loredano.

— C'est mon affaire, dit Zanetto.

— Votre Seigneurie avait promis cinquante ducats à la confrérie.

— J'avais même promis cent ducats.

— Le traître de segaiore n'en a déclaré que cinquante. Il voulait mettre la moitié de votre argent dans sa poche ; qu'il crève donc dans les puits ; je ne ferai rien pour l'en tirer. Ce cachet a été redemandé à la

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