‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 80 sur 133 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

sur les lèvres, par un défaut de naissance et par une ancienne habitude. Il en était à cet endroit de son discours pathétique et préparé, lorsque Luigia lui coupa brusquement la parole.

— Brisons là, don Zanetto, dit-elle. Je vous aimais de tout mon cœur. Vous étiez mon ami d'enfance, et vous m'aviez donné des robes superbes. J'aurais bien désiré épouser un joli garçon connue vous. Pas plus tard qu'hier, j'ai pleuré de chagrin en pensant à vous, et je vous aurais peut-être pardonné votre infidélité; mais j'ai réfléchi : je veux vivre en paix avec mon père. Marcantonio sera un bon mari, et, pour vous dire tout, il est plus sensible que je ne le croyais d'abord. En voici la preuve : il m'a écrit ce matin une jolie lettre avec des vers tendres et si bien tournés que j'en suis ravie. Je vais vous en lire un passage.

La jeune fille tira de sa poche la lettre

178 LU NOUVEL ALAfiDIIf.

qu'elle venait de recevoir, et se mit à déclamer à haute voix :

« Trop belle Luigia, vous dont les yeux luisent entre tous les yeux comme deux soleils égaux en éclat par-dessus les pâles étoiles, il est donc vrai que mes hommages sont montés jusqu'au ciel où vous habitez et que vous les acceptez sans colère. Il est donc vrai que l'auteur de vos jours voit ma flamme d'un œil indulgent, et qu'il bénit nos amours ; il est donc vrai que nous allons nous unir à jamais au pied des autels par une chaîne de fleurs. Je puis donc dire comme Mirtis :

Vieni, santo himeneo;

Seconda i nostri voti, e i nostri canti;

Scorgi i beati amanti,

L'uno o l'altro, celesto semidco.

« Viens, saint hyménée, seconde nos vœux et nos chants... »

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