‹ Le nouvel Aladdin: suivi de Fleuranges (volume 2)Chapitre 99 sur 133 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

— Que dites-vous donc?

— Je dis que mon heure est sonnée, et que je vais , hélas ! vous quitter pour toujours.

L'arrivée des grands parents interrompit cette conversation au grand regret d'Henriette, qui eût voulu éclaircir le sens mystérieux des paroles de Fleuranges.

— N'est-ce pas trois heures qui sonnent ?

dit le chevalier ; une affaire pressée réclame ma présence loin d'ici.

— Bah ! s'écria la marquise ; restez donc, mon neveu ; mes gens iront chercher vos hagages.

— Impossible, madame, je n'ai pas une minute à perdre ; excusez-moi , je suis obligé de partir à l'instant. Il s'agit d'une affaire dans laquelle ma présence est de rigueur.

— Et où allez-vous?

— A l'hôtel d'Angleterre, rue Richelieu.

280 FLEUR&IfGES.

— Laissez-le faire; la jeunesse a besoin de mouvement, dit le commandeur.

Fleuranges salua les dames d'un air qui ressemblait à un adieu, et sortit à grands pas accompagné du commandeur, qui le conduisit jusqu'à la porte de la rue.

— Jeune bomme, lui dit à l'oreille le bon vieillard, où allez-vous? Confiez ce petit secret à un ami.

— Cher monsieur, je vais me faire ensevelir.

— Que diable est cela? ensevelir !

— Oui, commandeur, reprit le chevalier avec emphase ; apprenez que j'ai été blessé mortellement en duel, ce matin à neuf heures, dans la plaine de Gentilly. On m'a porté à l'hôtel d'Angleterre, où j'ai rendu l'âme à dix heures et demie. Avant d'aller en terre, j'ai obtenu la permission de venir voir ma prétendue; elle est charmante, et je pars désolé de quitter ce monde. Le délai expire

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