‹ Le nouvel Hôtel de ville de Paris, 1872-1900Chapitre 17 sur 78 · CAMPANILE ET CRETE DU COMBLE · texte numérisé non relu

CAMPANILE ET CRETE DU COMBLE

FAÇADE CENTRALE

(par M. Injalbert) ; Germain Pilon, Fauteur du groupe des Trois Grâces, et des mausolées de François I" et de Henri II à Saint-Denis, (par M. Injalbert).

Au premier étage, le pavillon est percé de deux baies plein ceintre, dont le tympan renferme un œil-de-bœuf, et

LA FAÇADE CENTRALE

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qui sont limitées par une petite corniche supportée par deux pilastres, entre lesquels s'ouvre une fenêtre rectangulaire avec meneaux. Un entablement complet, qui pourtourne Tédifice entier sur ses quatre faces, sépare le premier étage du second. Ce second étage est décoré de pilastres cannelés, d'ordre composite, que flanque, de chaque côté, une pendeloque avec mascarons et cartouches symbolisant une manifestation de l'activité intellectuelle de la vie de Paris : l'Art, la Science, l'Industrie, etc. Entre ces pendeloques s'ouvrent des fenêtres plein cintre, séparées par une niche cintrée, qui abrite une statue. On a placé là les figures de : Jules Hardouin- Mansard, l'architecte du Dôme des Invalides, de la place des Victoires, du Grand Trianon, etc., (par M. Allouard); Jacques de Thou, historien, (par M. Amy); Etienne Pasquier, jurisconsulte et historien, (par M. Guitton Le Nostre, le jardinier de Louis XIV), par M. MarceUin).

Au-dessus d'une frise décorée de cartouches de fruits, se développe un entablement complet, recevant, au droit des pilastres, des gargouilles avec têtes de chimères. La façade est terminée par un comble rectangulaire , au fronton surmonté d'acrotères et de consoles renversées, orné dune haute lucarne dont la baie plein cintre a une archivolte portée sur de petits pilastres composites, et des écoinçons décorés de figures de Renommées ailées, sculptées par MM. Vi-

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SAUT DE LOl'P DE' LA FAÇADE l'HlNCIPALE.

lain, Le Cointe, de Vercy, et Calot. A droite et à gauche des combles, s'élèvent de grandes souches de cheminées, qui présentent une ornementation de pilastres composites, encadrant des cartouches au chiflre de la République française, et soutenant un entablement à consoles, que surmonte un

ïOUCHE DF. CHEMlNtE DES TAVILLON? DE LA lAÇADE CENTRALE.

acrotère de rosaces, et que termine une corniche très ouvragée. Dans la partie de chaque pavillon la plus éloignée de Taxe principal de l'édifice, se trouve, au rez-de-chaussée, une légère saillie, sur laquelle viennent ressauter toutes les moulures de la façade, et qui est percée d'un œil-de-bœuf dans la hauteur du soubassement, et dune baie plein cintre dans la partie correspondant à l'archivolte des deux portes cochères. Une moulure en forme de losange horizontal en orne la partie com-

LA FAÇADE CENTRALE

prise entre cette fenêtre et la corniche du soubassement; la baie est surmontée d'un ensemble de moulures composées d'abord d'un entablement uni, puis, d'une suite de consoles, supportant une frise ornée de canaux; en avant de cette frise se détachent huit arcatures séparées les unes des autres par de petits pilastres composites reposant sur des culots. Cet ensemble ornemental

ENCORBELLEMENT DES ECHAUGUETTES.

forme une saillie générale qui sert de base aux tourelles quadrangulaires. Les tourelles présentent au premier étage une baie rectangulaire à meneaux, encadrée de pilastres à rosaces, supportant un entablement, au-dessus duquel s'ouvre une mezzanine qu'accostent des consoles renversées ; au second étage, elles rappellent les dispositions du même étage des pavillons dans les fenêtres, les pilastres, les gargouilles, et les crêtes de couronnement.

La partie centrale de la façade François I" est divisée, au rezde-chaussée, en sept travées par des colonnes semblables à celles

des pavillons. La travée dans l'axe est remplie par une porte plein cintre, en chêne, aux vantaux décorés de médaillons avec tètes, cartouches, et rinceaux, aux heurtoirs de mufles de lions; on y accède par un perron demi-octogonal précédant un emmarchement de cinq degrés encadrés dans une baie, dont larc-doubleau est orné de motifs représentant des salamandres couronnées, qui alternent avec le chiffre de François I", que surmonte la couronne royale.

Les architectes du nouvel Hôtel de Ville ont tenu à rappeler ainsi l'époque de la construction de l'ancien Palais municipal, déterminée par une ornementation analogue à celle de Tarcdoubleau de la porte centrale, découvert, en i<S72, lors de la démolition des ruines. Et, par là, ils ont maintenu à sa place ce précieux document, qui contient la preuve de l'attribution exacte de l'Hôtel de Ville de i533 à un architecte français, Pierre Chambiges, au lieu de l'italien Dominique de Cortone, dit le Boccador.

« Le i5 juin i533, rapporte le vieux chroniqueur parisien, Jacques Du Breuil, fut posée la première pierre du « nouveau bastiment de l'Hostel de Ville »; et « au-dessus de la grand'porte dudit hostel fut escrit en marbre ce qui s'ensuit : « Senatui, populo, equitibusque parisien. Pie de se meritis, Franciscus primus Francorum rex potentissimus has œdes a fundamentis extruendas mendavit, accuravit, cogendisque publiée consiliis et administrandai reipublicœ dicavit. Anno a salute condita M. D. XXXIIL Idibus Julii incisum M. D. XXXIII. Idibus septembr. Petro Viola Pr^efecto decurionum. Claudio Daniele, Joanne Bartholomeo, Martino Bragelonio, Joanne Curtino decurionibus. Domenico Cortonensi architectante. «

On avait donc déjà commencé à bâtir à cette date de i533-, et les travaux étaient arrivés au niveau de la corniche du rez-de-

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chaussée, puisqu'on plaçait la susdite inscription au-dessus de la grande porte d'entrée, décorée de la salamandre et du chiffre du roi. Un document historique en fait foi : c'est le devis des ouvragés de maçonnerie du pavillon du Saint-Esprit, et le marché avec Marin de la Vallée, où il est écrit : « Devis des ouvrages de maçonnerie et pierres de taille, qu'il convient de faire en la construction du pavillon neuf destiné estre faict vers l'hospital du Saint-Esprit, le mur de devant duquel sur la Grève est de longtemps planté, est continué en grande haulteur; ensemble la fondation d'ung mur de labb' dudict pavillon, au travers de la chapelle dudict hospital, selon le devis compillé et rédigé par escript par Pierre Chambiges, François Petit, Claude Guérin, et Claude Villefaux, jurez du roy en l'office de maçonnerie, nommez tant par M" de

la Ville que par les S'', M" et Gouverneur dudict hospital »

Il avait été décidé de modifier les premiers plans, pour agrandir et améliorer l'édifice, conformément aux prescriptions formelles de la lettre de François P"", en date du 23 avril i533, dont voici le texte : « Comme pour la décoration de nostre bonne ville de Paris, ville capitalle de nostre Royaulme, nous eussions pieça ordonné à noz très chers et bien amez les prévost des marchans et eschevins de nostre dicte ville, faire croistre, eslargir, bâtir et reediffier de nouveau l'hostel commun d'icelle, en suivant laquelle ordonnance lesdicts prévost des marchans et eschevins auroient faict faire ung porctraict de la forme et devys du bastiment dudict hostel, lequel ils nous auroient monstre, et l'ayant trouvé agréable, nous leur aurions de rechef commandé y faire besogner en toute diligence. » Les mots « Domenico Cortonensi architectante » de l'inscription citée par Jacques Du Breuil ont formé le point de départ de la légende qui a fait attribuer à Dominique de Cortone l'Hôtel de Ville de Paris. « Architectante » ou « architecteur » n'avait point en ce temps-là — , non plus qu'il n'eut pendant plus d'un siècle — , la signification professionnelle adoptée aujourd'hui. Il était le

synonyme de conducteur des ouvrages ou entrepreneur. En 1628, on apposait, dans l'Hôtel de Ville, une deuxième plaque commémorative, celle de l'achèvement du corps de logis vers le pavillon du Saint-Esprit, dont il est question plus haut ; or, on y lisait le même terme d' « architectante » accolé au nom de Marin de la Vallée, qui était le simple entrepreneur, déclaré adjudicataire des travaux, à la suite d'un rabais de quarante sous, en concurrence avec Pierre Robelin et Georges Pathelin, également entrepreneurs.

L'architecte de l'Hôtel de Ville de i533est Pierre Chambiges, qui, d'ailleurs, dans un document otliciel, en date du 19 juin i534, figure en tète de cinq noms de personnages occupés à l'Hôtel de Ville, et dont le dernier est précisément Dominique de Cortone. En outre, dans l'aile du palais municipal sur la rue du Martroy, élevée de i339 à 1342, Pierre Chambiges construisait ;?\ un escalier à double révolution droite, semblable de „ tous points à celui qu'il avait construit, peu

^^^pj|K^ d'années auparavant, dans le château de Saint-

Germain-en-Laye.

Vainement, on a tenté de contester l'attribution de l'Hôtel de Ville de Paris à un architecte français ; toutes les argumentations des ultramontains ne tiennent pas contre les documents étudiés avec soin, contre la démonstration du caractère si essentiellement français du monument; et ne sauraient prévaloir, en outre, contre une autre considération d'ordre social : Est-il possible d'admettre que les Parisiens, représentés par le prévôt des marchands et par les échevins, patriotes ardents, soient allés chercher ou même se soient laissé imposer,

CHFVALIER DE LA CRÊtE DE LA FAÇADE CENTRALE.

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