CHEVALIER DE LA CRETE
DE LA FAÇADE CENTRALE
de Pierre Chambiges, (par M. Schraeder); François Miron, prévôt des marchands, en 1604, (par M. Iselin) ; Michel de LalHer, qui, en 1436, se mit à la tête de la milice de Paris, chassa de la capitale les Anglais, et ouvrit les portes au connétable de Richement, et que les Parisiens, en reconnaissance de son patriotisme, élurent spontanément prévôt des marchands, (par M. Aube); et Mathieu Mole, le premier président du Parlement de Paris, pendant la Fronde, où il fit preuve du plus grand courage en arrachant les conseillers Blancmesnil et Broussel à Mazarin, (par M. Daniel Dupuis).
Cette partie de la façade centrale est surmontée d'un comble à base rectangulaire, sur lequel se dégage l'horloge, qui occupe, en largeur, trois travées de la façade, se compose de deux parties, dont les dispositions architecturales rappellent celles de l'horloge de l'ancien palais : 1° le cadran accosté de deux figures debout, (par M. Hiolle), l'Instruction et le Travail, ayant à leurs pieds des génies portant leurs attributs, — allégories des seules armes de la Démocratie parisienne pour les conquêtes pacifiques, qui remplacent celles de la Justice et de la Force terrassant des esclaves — , et de deux figures couchées sur un demi-fronton, la Marne et la Seine, (par M. Aimé Millet), qui ont les mêmes dispositions que les figures de l'ancienne horloge, représentant les mêmes allégories, sans leur ressembler le moins du monde toutefois ; et 2° un grand panneau rectangulaire, renfermant la figure de la Ville de Paris, au visage fier et souriant, assise sur le vaisseau héraldique, qui tient dune main, en forme de sceptre, le gouvernail du vaisseau, et, de l'autre, tend au peuple une branche d'olivier. Cette figure, sculptée par M. Jean Gautherin, est différente de celles que l'horloge a portées à deux époques de l'histoire du monument. Au xvu' siècle, les gravures d'Israël et de Jean Marot montrent une Ville de Paris — Lutecia — tenant dans sa main gauche tendue le vaisseau héraldique
LA FAÇADE CENTRALE. 59
aux voiles éployées ; cette figure fut remplacée par une autre avec couronne de laurier dans la main, qui subsista jusqu'en 1 87 1 . Le panneau est encadré par des pilastres que surmontent des consoles soutenant un fronton triangulaire, dont le sommet porte les armes de la Ville, copiées d'après celles de l'édifice incendié, accostées de figures couchées sur l'extrados, la "Vigilance et la "Vérité, (par M. Ch. Gauthier), analogues aux figures anciennes. Le cadran provient de l'ancien Hôtel de "Ville; il fut acheté, lors de la vente des décombres, par M. Lepaute, qui en fit don à la Ville, ainsi que l'horloge qu'il avait fabriquée spontanément pour remplacer l'horloge détruite en 1871, œuvre de son père.
Le comble est terminé par une crête, dont les ornements en plomb ont été exécutés par MM. Mesureur et Monduit; et, audessus de la crête se dressent, sur des piédestaux reliés par une balustrade ajourée, six statues de chevaliers du xv' siècle, en cuivre doré, qui portent des lances à oriflammes. Cette décoration sculpturale, dont les modèles ont été fournis par MM. Perrey et Tournier, pour le prix de 4.000 francs, reproduit celle qui se voit dans une miniature de i638, et dans une estampe du même temps, représentant la place de Grève, le soir du Feu de la Saint- Jean; décoration que Leroux de Lincy déclare avoir existé exclusivement dans l'imagination des auteurs de ces deux documents. La façade centrale est couronnée par un campanile avec piédestal quadrangulaire orné de quatre chimères accroupies, en zinc martelé, dont M. Gain a donné les modèles, payés i3.ooo francs, et qui s'élève fièrement au-dessus de l'édifice, dominant les crêtes des combles, les chevaliers aux oriflammes, les souches des cheminées, par son dôme octogonal, ajouré de baies plein cintre, qu'encadrent de sveltes colonnettes, et que couronne un lanternon. entouré d'un balcon en fer forgé, et terminé par le piédouche du paratonnerre.
La façade centrale — ainsi, d'ailleurs, que les parties adja-
centes sur toute la place de THôtel-de-Ville — a été construite avec les matériaux suivants : le socle en Hauteville, le soubassement en Larrys, le rez-de-chaussée et le premier étage en Charentenay et Courson, sauf les bandeaux, corniches, couronnements de niche, statues, motifs de l'horloge, lucarnes, et balustrades, qui sont en Tercé. Les morceaux composant le motif de rhorloge présentent des dimensions peu communes; plusieurs, avant l'épannelage, mesuraient de 7 à 10 mètres cubes. Les statues ont été taillées dans le banc de 3 mètres, dit statuaire, permettant de les prendre sur lit.
Au-devant de la façade centrale, M. Ballu a établi un parvis de dalles de marbre blanc veiné, que borde une balustrade en pierre blanche, aux grilles de fer forgé, et décorée de deux statues en bronze, l'Art, et la Science, (par MM. Marqueste, et Blanchard), et de lampadaires également en bronze, dont les modèles, dessinés par M. Formigé, ont été exécutés par M. Eugène Dubois, ornemaniste, et sont ornés de figures d'enfants par MM. Hector Lemaire et A.-J. Allar.
CHIMtRE DU CAMPANILE.
ATTiyUE DE LA FAÇADE DE LA PLACE LOBAU.
Le programme du concours de reconstruction du Palais municipal contenait les indications suivantes relativement à la façade de la place de l'Hôtel-de-Ville, dans ses parties d'art moderne : « accentuer résolument la différence de style entre l'ancien édifice et les adjonctions; faire que l'antique façade du Boccador soit moins absorbée qu'elle ne l'était par les anciennes constructions; apporter à l'art moderne un style sobre et vigoureux à la fois. » MM. Ballu et Deperthes ont exécuté rigoureusement le programme; et ont produit, ainsi, une œuvre supérieure de tous points à celle de Godde et Lesueur. Dans l'ancien Hôtel de Ville, les corps de bâtiment, élevés sous Louis-
Philippe, étaient sur le même alignement que la façade centrale, dont ils rappelaient, d'ailleurs, et Tordonnance et la décoration : au rez-de-chaussée, mêmes colonnes engagées, mêmes fenêtres à meneaux; au premier étage, mêmes niches établies au-dessus des colonnes; mêmes combles, mêmes lucarnes, mêmes balustrades. Les architectes nouveaux adoptèrent le parti de constructions différenciées très nettement entre elles, et dont le contraste est encore accentué par les modifications que l'administration a apportées à leur projet. Ces constructions sont en retrait de 6 mètres sur la façade centrale, reproduction de THôtel de Ville ancien; des sauts de loup y ont été aménagés; le premier étage a reçu une plus grande hauteur, — i"\ 60 — , à la fois par raison d'art et par nécessité de donner à l'entresol de cet étage plus de lumière et plus d'espace ; le comble a été exhaussé proportionnellement, de telle sorte que le faîtage dépasse de 2"', 70 le faîtage du projet primé, déjà plus élevé que le faîtage des bâtiments de Godde et Lesueur.
Dans la partie intermédiaire entre les pavillons d'angle et la façade centrale, au-dessus de la corniche de l'étage en soussol, les sept travées du rez-de-chaussée sont séparées les unes des autres par des pilastres ioniques, entre lesquels s'ouvrent des fenêtres de soupiraux, et des fenêtres dont l'allège est décorée d'une table renfoncée, ornée de cercles de moulures. Le double étage, correspondant au premier étage de la façade centrale, comprend des colonnes engagées, d'ordre corinthien, séparant des baies rectangulaires, surmontées de mezzanines, et se termine par un entablement ressautant au droit de chacune des colonnes qui supportent des statues personnifiant les grandes villes de France, disposées dans l'ordre suivant, de gauche à droite: Amiens (par M. Carlier), Rouen (par M. Chrétien), Le Havre (par M. Chabrié), Caen (par M. Leduc), Le Mans
(par M. Barrau), Rennes (par M. Démaille), Brest (par M. Bailly), Nantes (par M. Lebourg), Bourges (par M. Martin), Orléans (par M. Chambard), Tours (par M. Godin), Poitiers (par M. Taluet), Limoges (par M. Sobre), Bordeaux (par M. Maillet), Toulouse (par M. Prouha), Montpellier (par M. Lavigne). Ces statues ont été payées uniformément à chaque artiste 4.000 francs.
En décorant ainsi son palais, le Conseil municipal a voulu affirmer hautement la solidarité de la Ville de Paris et des villes de France.
Trois lucarnes en pierres viennent en pénétration dans le comble qui surmonte la construction. Chacune renferme une baie rectangulaire accostée de deux pilastres composites, soutenant une corniche décorée d'entrelacs. Au-dessus, court un entablement qui supporte un acrotère avec consoles renversées, et qu'orne un cartouche, dont le sommet s'épanouit dans le tympan d'un fronton triangulaire. Les quatre autres travées sont occupées par des lucarnes en plomb repoussé, à baies rectangulaires, à chambranles moulurés, à frontons ornés de vases et de consoles renversées.
Ces constructions sont limitées, aux angles, par un pavillon divisé en trois travées. Dans celle du milieu s'ouvrent, au rez-dechaussée et au premier étage, des baies analogues aux baies de la façade intermédiaire, séparées par les mêmes pilastres et par les mêmes colonnes engagées ; et, au dernier étage, entre deux pilastres corinthiens, une baie plein cintre précédée d'un balcon à balustre, que supportent quatre consoles établies dans la frise d'entablement du premier étage. Les deux autres travées, semblables, se composent : au rez-de-chaussée, d'une niche avec statue entre deux pilastres ioniques ; au premier étage, d'une niche avec statue entre deux pilastres corinthiens ; et, au deuxième, d'une niche avec statue entre deux colonnes corinthiennes engagées, ornées de chutes de draperies sur le fût, au
tiers de leur hauteur, et qui supportent un motif décoratif, tressaillant, formé de deux consoles renversées avec écusson sommé d'une couronne murale. Les pavillons sont recouverts d'un comble à la Mansard, au membron surmonté d'une galerie à jour, en plomb repoussé, avec piédestaux d'angle supportant des vases à fllammes.
Les statues, au nombre de douze, qui ornent ces pavillons représentent : pavillon de gauche, Bailly, le premier maire de Paris, (par M. Aizelin); Ledru-Rollin, le fondateur du suffrage universel, (par M. Longepied); Jean-Baptiste Pigalle, le sculpteur du tombeau du Maréchal de Saxe, (par M. Loison); d'Alembert, le philosophe du xviii" siècle, (par M. Rodin); Paul- Louis Courier, le célèbre pamphlétaire, (par M. Houssin) ; Fagon, le médecin de Louis XIV, (par M. Barthélémy) ; le Cardinal de Richelieu, (parM.Turcan); le peintre Eustache Le Sueur, (par M. Bourgeois); Henri Sauvai, l'historien de Paris, (parM. Boucher); pavillon de gauche, le chimiste de Fourcroy, député suppléant de Paris à la Convention, (par M. Franceschi); Michelet, le grand historien, (par M. Turcan) ; Pache, maire de Paris en 1793, (par M. Caillé); La Bruyère, le moraliste des « Caractères », (par M. Becquet);
FAÇADE TRINCIPALE.
PAVILLON DE l'angle DU Q UAI.
Hérold, l'auteur de « Zampa », du «Pré aux Clercs », (par M. Chapu) ; le peintre Louis David, (par M. Baujault); Rollin, le pédagogue, (par M. Début); Anne-Hilarion de Cotentin, comte de Tourville, amiral et maréchal de France sous Louis XIV, (par M. Peynot); le maréchal de Catinat, le héros de Sénef, de Staffarde, et de la Marsaille, (par M. Massoulle).
La façade du quai, longue de 80"', 25, est limitée à ses deux extrémités par deux pavillons symétriques, qui reproduisent les dispositions de la façade de la place de THôtel-de- Ville, sauf que la travée de milieu comprend des rangs de trois baies au lieu d'une seule, et que la lucarne en pierre du comble est, de chaque côté, accompagnée d'un œil-de-bœuf en plomb repoussé, et de deux ouvertures rectangulaires en tabatière. Ces pavillons sont décorés de douze statues qui représentent : pavillon de gauche.
Madame Roland, l'Égérie des Girondins, guillotinée en 1793, (par M. Chatrousse) ; Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, que ses « Lettres » ont rendue célèbre, (par M. Aizelin); George Sand, le grand romancier moderne, (par M. Bourgeois); le chansonnier Béranger (par M. Mombur); Beaumarchais, l'auteur du « Mariage de Figaro » et du « Barbier
de Séville » , (par M. Boisseau); 'Voyer d'Argenson, le fameux