‹ Le nouvel Hôtel de ville de Paris, 1872-1900Chapitre 21 sur 78 · PRÉVÔT DES MARCHANDS · texte numérisé non relu

PRÉVÔT DES MARCHANDS

MORT EN l358.

Cette statue fît l'objet d'un concours public, ouvert en août 1879, puis ajourné, et qui enfin eut lieu en i883. M. Idrac reçut la commande; la première prime fut décernée à M. Frémiet, et la seconde à M. Marqueste. L'artiste mourut au cours du travail; sa famille chargea d'achever l'œuvre M. Marqueste, qui Ta modifiée, dans l'attitude du cheval et dans le costume du cavalier, de telle façon qu'il peut être tenu pour un véritable collaborateur de M. Idrac, comme en témoigne l'inscription mise sur la bride du cheval. La statue est d'une seule pièce ; en raison de ses dimensions colossales, elle constitue une fonte exceptionnelle, due à MM. Thiébault frères; elle n'a pas coûté moins de 76.000 francs, ainsi divisés : 40.000 francs pour le modèle, 3o.ooo francs pour la fonte et 6.000 francs pour le piédestal et les frais de mise en place. A l'origine, le monument d'Etienne Marcel devait faire pendant à un autre, placé sur la façade de la rue de Rivoli, dans un square analogue à celui du quai. Le cheval aurait été tourné

du côté de la place de rHôtel-de-Ville. Ce projet n'ayant pas reçu de suite, on s'est arrêté à la disposition actuelle, qui n'est pas sans originalité, ni grandeur, et qui donne à cette partie de l'édifice une physionomie à la fois imposante et pittoresque.

La façade de la place Lobau, qui mesure 148 mètres de longueur, se compose de trois parties : façade de milieu, limitée par deux pavillons, et façades intermédiaires en retrait, avec pavillons d'angles. Les pavillons d'angles présentent sur cette façade la disposition des pavillons d'angles de la façade sur le quai, sauf

qu'ils ne contiennent qu'une travée intérieure. Les statues, au nombre de douze, sont celles : dans le pavillon de gauche, du peintre Gros, l'auteur des « Pestiférés de Jaffa », de la « Bataille d'Eylau », de la «Bataille d'Aboukir «, etc., (par M. Chaplain); du tragédien Talma, (par M. Guglielmo); de Boileau, le poète de « l'Art poétique » et du « Lutrin », (par M. Delorme); du duc de Saint-Simon, l'auteur des « Mémoires )', (par M. Eude); de Gabriel, l'architecte des palais de la place de la Concorde, de la Bourse et de la Douane de Bordeaux, (par M. Jouandot); du philosophe janséniste Antoine Arnauld, (par M. Gaudran); dans le pavillon de droite, du conventionnel Camus, (par

SALON DES LETTRES

LA PLACE DE LA CONCORDE; par M. LansycH.

M. Tournois); de l'astronome Biot, (par M. Charvet) ; du peintre Nicolas Lancret, (par M. Truphème); de Quinault, l'auteur lyrique, collaborateur de Lulli, (par M. Gruyère); du mathématicien Clairault, (par M. Hippolyte Moreau); du navigateur de Bougainville, (par M. Truffot). Entre les pavillons d'angles et les pavillons qui limitent la partie centrale, la façade intermédiaire présente quatre travées semblables, que séparent, au rez-dechaussée, deux pilastres d'ordre ionique, entre lesquels s'ouvrent une baie à meneau vertical éclairant l'étage de soubassement, et une baie plein cintre . Au premier étage, des pilastres d'ordre composite, à fût cannelé, encadrent des pendeloques entre lesquelles est percée une baie plein cintre. Au-dessus de l'entablement, à l'aplomb des pilastres, se détachent des groupes de sculpture formés de deux génies accostant un cartouche qui renferme des attributs . Le premier groupe, (par M. Becquet), symbolise les Beaux - Arts ; le deuxième, (par M. Lafrance), les Sciences; le troisième, (par M. Blanchard), les Lettres; le quatrième, (par M. Moreau- Vauthier), le Génie civil; le cinquième, (par M. Marqueste), l'Industrie; et le sixième, (par M. Tony Noël), l'Agriculture.

Le comble porte deux étages

SALON DES LETTRES

LES CARRIÈRES D 'a R c u Ë I L , par M. Salntiii^

de lucarnes en plomb repoussé. Cette partie de la façade en retrait de la partie centrale est entouré d'un saut de loup.

La partie centrale se compose de quinze travées, à rez-de-chaussée, premier étage, et étage d'attique.

Chaque travée comprend : au rez-dechaussée, une baie plein cintre entre deux colonnes ioniques engagées; au premier étage, une baie plein cintre également, que flanquent deux colonnes composites engagées ; à Tétage d'attique, alternativement, un œil-debœuf ouvert sur un fond de mosaïque d'or, surmonté d'un fronton circulaire dont le t3'mpan contient une figure allégorique avec attributs et guirlandes, et un cartouche des armoiries des diverses villes de France, aussi sur fond de mosaïque d'or. A l'aplomb des colonnes, l'entablement porte des statues qui personnifient : Nice, (par M. A. Lenoir); Marseille, (par M. Saint- Joly); Nîmes, (par M. Power); Grenoble, (par M. Chappuy); Chambéry, (par M. Louis Noël); Saint-Étienne, (par M. Destrez); Clermont-Ferrand, (par M. Geoffroy); Lyon, (par M. Marioton); Besançon, (par M. Roger); Dijon, (par M. Lormier); Troyes, (par M. Janson); Nancy, (par M. Massoulle); Reims, (par M. Pallez); et Lille, (par M. Mabille). Le comble de

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