I. A TERREj par M. Buland
Jules Lefebvre, et de les convoquer à une prochaine séance pour étudier avec eux la décoration des trois salons, dans son ensemble, afin de lui assurer la plus grande harmonie possible à tous les points de vue.
Le 9 janvier 1888, ces trois artistes développaient, devant la commission, les raisons d'intérêt artistique qu'il y avait à mettre
SALDN DliS SCIENCES.
LA BUTANICJ UE, p.lF M. DUC'Z.
des figures symboliques dans les douze panneaux des piliers séparatifs et de fond des trois salons, tandis que les panneaux des arcades latérales et des baies de fenêtres seraient consacrés à des vues de Paris et à des paysages parisiens; ils déclaraient accepter la collaboration de vingt-quatre peintres pour cette partie de la décoration, à la condition toutefois que ces peintres s'entendissent entre eux sur le choix des compositions et sur leur exécution, dans le même but d'harmonie. La commission adopta le principe de l'unité de commande pour les frises, les écoinçons, et les dessus de porte dans chaque salon ; et invitait MM. Besnard, Bonnat, et Jules Lefebvre à lui présenter des candidats, en équilibrant autant que possible les talents et les
LES SALONS A ARCADES. lyS
manières des peintres appelés à se faire pendant. A la séance du i6 janvier, M. Besnard proposait comme collaborateurs dans le Salon des Sciences : pour les frises, MM. Duez et Gervex; pour les écoinçons,MM. Carrière et Mathey; pour les panneaux de figures, MM. Jeanniot, Urbain Bourgeois, Dagnan-Bouveret, Rixens, Priant, et Buland; pour les panneaux de paysages
SALON DES SCIENCES
LA PHYsiQ^uE, par M. Duez.
MM. J. Lewis-Brown, Montenard, Pierre Vauthier, Lelièvre, Jean Brémond, Gustave CoUin, Damoye, Barrau, et Roger Jourdain; pour les dessus de portes, MM. Gervex, et Cazin ; et pour les médaillons, MM. Belon, et Marchai. M. Bonnat avait choisi : pour les frises, MM. Albert Maignan, Tony Robert Fleury, et Léon Glaize; pour les écoinçons, MM. Gabriel Ferrier, Joseph Blanc, et Machard; pour les panneaux de figures, MM. Raphaël Collin, Layraud, Hector Leroux, Dagnan-Bouveret, Giacomotti, Ranvier, de Coninck, et Thirion; pour les panneaux de paysages, MM. Jean Beraud, Beroud, J. Lewis-Brown, Lansyer, Luigi Loir, Lapostolet, Busson, et de Curzon ; pour les médaillons, MM. Rivey, et Marchai. Les candidats de M. Lefebvre étaient;
SALON Dr; s SCIENCES.
LA MÉTÉOROLOGIE, par M. Besnafd.
pour les frises et les écoinçons, MM. Cormon, Lhermitte, et Benjamin Constant; pour les panneaux de figures, MM. Thirion, Hector Leroux, Ranvier, Carrière, La3'raud, Berthaud, Courtois, Delobbe; pour les dessus de portes, MM. Henner, et Cazin; pour les panneaux de paysages, MM. Lavieille, Lansyer, Saintin, Lapostolet, Busson, Damoye, Bellel, et Guillemet; pour les médaillons, M. Raphaël Collin. A la suite de nombreux scrutins, la commission adoptait la présentation pour les frises, de MM. Gervex, Léon Glaize, et Comerre; pour les écoinçons, de MM. Carrière, Ferrier, et Maignan ; pour les médaillons, de MM. Marchai, Rivey, et Raphaël Collin; pour les panneaux de figures, de MM. Tony Robert Fleury, Ranvier, Dagnan-Bouveret, Layraud, Thirion, Leroux, Monginot, Benjamin Constant, Jules Breton, Buland, Berton, Rixens, et Jeanniot; pour les panneaux de paysages, de MM. Gustave Collin, Français, Bellel, Lapostolet, Saintin, Lavieille, Lansyer, Guillemet, Luigi Loir, et Lépine. Parmi ces artistes, plusieurs furent désignés postérieurement pour des travaux plus importants, d'autres refusèrent toute candidature, et quelques-uns vinrent à mourir. Ainsi, M. Benjamin Constant, choisi pour un plafond de la Grande Salle des Fêtes, céda sa commande d'un panneau de figures à M. Feyen Perrin, qui, à sa mort, eut pour successeur M. Callot ;
en
Salon des Sciences
Clément Bc C?
L'APOTHÉOSE DES SCIENCES f Besnard 1
SALON DES SCIENCES
l'Électricité, par M. Besnard.
M. Boulanger fut remplacé par M. Henri Levy, puis par M. Duez ; M. Gabriel Ferrier, par M, Chartran ; M. Henner, par M. Urbain Bourgeois; M. Raphaël Collin, par M"' Forget; M. Lavieille, par M. Berthelon; M. Jules Breton, par M. Jeanniot; M. Gervex, par M. Lerolle ; M. Lewis-Brown, par M. Barau ; M. Comerre, par M. Cormon.
Le Conseil municipal ratifia toutes les propositions de la commission pour la décoration picturale des Salons des Sciences, des Arts, et des Lettres, dont les devis étaient fixés à la somme totale de 257.000 francs, ainsi répartis : les trois grands plafonds, 60.000 francs ; les six petits plafonds, i5.ooo francs ; les six frises, 75.000 francs ; les trente-six écoinçons, 45.000 francs; les douze panneaux de figures, 84.000 francs; les douze panneaux de paysages, 60.000 francs; les quatre dessus déportes, 12.000 francs; les douze médaillons, 24.000 francs.
Dans le plafond central du Salon des Sciences, M. Besnard, suivant sa déclaration devant la commission, avait voulu, tout d'abord, représenter « le Groupement des Sciences, dans un vaste sujet synthétique, se développant en un ciel de lune, avec Paris illuminé dans le fond, pour joindre Tidée de fête à l'idée de science ». Ce thème, au cours des travaux, subit des modifica-
tions; et, définitivement, il lui a été substitué l'allégorie : « La Vérité, entraînant les Sciences à sa suite, répand sa lumière sur les hommes. »
L'artiste décrit et explique lui-même ce plafond, « où se voient des figures drapées, mêlées à des astres, une figure nue, colorée en or, se détachant dans un firmament d'azur un peu vert, sur une lune immense surgissant au-dessus d'une immense convexité qui est la Terre, où grouillent sous une lumière rouge des êtres qui sont des hommes », composition que Taine qualifiait d'« astrale » : « Ayant à symboliser les Sciences de toutes natures qui se subdivisent à l'infini, et surgissent pour ainsi dire de chaque découverte ou plutôt de chaque exigence nouvelle de l'humanité, j'ai placé en plein firmament une théorie de figures, abstractions, émanations de notre mouvement terrestre, fantômes du passé ou larves de l'avenir. Les unes paraissent vieilles, les autres jeunes. Ne leur ayant point donné d'époques, je ne les ai pas douées d'attributs qui eussent rapetissé l'idée d'éternité.
Seule l'Astronomie décèle sa fonction en touchant la lune du doigt. Elle pourrait être la m.ère de toutes les sciences, puisqu'elle est la Science des
SALON DES SCIENCES
VUE DU PETIT BRAS DE tA SEINE AU TONT-N EU F,
p.ir M. Lépiiie.
LE SALON DES SCIENCES
Mondes. Son domaine est infini. C'est une grande indépendante; aussi ne suit-elle pas la cohorte. Elle a moins besoin de la Vérité que les autres. Elle est peut-être la poésie de la Science. « La Vérité tient dans ses bras une gerbe, une brassée de lumière qui s'accroît de la rapidité de sa course et dont les étincelles, comme des flammèches, tombent sur la Terre, où les hommes les recueillent avidement, comme les glaneurs les épis d'un champ. « Cette figure de la Vérité illuminée par le fardeau embrasé
parcourt l'espace à la façon d'un astre, et comme des satellites les Sciences, prises dans son atmosphère, l'accompagnent dans sa course. Elles tourbillonnent et tourbillonneront sans cesse avec elle à jamais dans le temps et l'espace, tant qu'il y aura un ciel, une terre et des hommes, c'est-à-dire tant qu'il y aura une matière et un esprit, des corps et des âmes. »
Dans les plafonds latéraux, M. Besnard a personnifié la Météorologie, et l'Electricité.
Dans les deux frises, M. Lerollea représenté l'Enseignement de la Science, et la Glorification de la Science. Au milieu d'un parc idéal d'une institution scientifique, empli de lumière et de soleil, aux vastes pelouses et aux grands
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VUE DU BASSIN DE l'arSENAL,
par M. P. Vautbier.
es apparaissent pcisuiminées par deux femmes, qui encouragent les savants à étudier. Dans les champs, à l'ombre d"un bouquet d'arbres, un homme médite ; deux Muses se dirigent vers lui pour le couronner de lauriers. A la façon des maîtres d'autrefois, le peintre a fait de ses personnages des portraits. Dans la première frise, il a placé son frère, député de la Seine, ses deux neveux, MM. André et Jean Lerolle; ses deux beaux-frères, M. Paul Escudier, conseiller municipal, et M. Ernest Chausson; M. Raymond Bonheur, musicien, M. Alfred Lenoir, sculpteur; M. Besnard, l'auteur des plafonds de la salle, M. Carrière, qui en a peint les écoinçons, et lui-même. Le solitaire de la seconde frise est M. Devillez, sculpteur.
M. Duez avait proposé tout d'abord de représenter dans les dessus de porte le Jour et la Nuit, à un point de vue scientifique; il renonça à cette idée trop abstraite, et prit la Botanique et la Physique pour thèmes de ses compositions. Assise sur un banc de pierre, près duquel sont déposées une dynamo et la classique machine électrique, une femme porte à son oreille un récepteur de téléphone; la figure est grave et souriante; elle n'a que le buste de découvert, symbole que cette science n'a point encore révélé toute sa beauté. Une jeune fille cueille des fleurs dans une prairie : allégorie de la fécondité et de la bonté de la nature par les dons de ce qui est la joie de la vie : la femme et les fleurs.
Dans les écoinçons, M. Carrière a personnifié les Sciences par des figures de femmes et d'enfants nus, exécutées « dans une manière sobre sur fond dor, dit-il, en vue de faire partie du mur,