‹ Le nouvel-OntarioChapitre 1 sur 11 · Le nouvel-Ontario (Canada) · texte numérisé non relu

Le nouvel-Ontario (Canada)

On a trop souvent dit que la région qui, au Canada, sépare la vallée de l'Ottawa de la Prairie canadienne était un pays de peu d'avenir, « impropre à la culture » et ne contenait « que des bois sans valeur et quelques mines. »

La région ainsi dépréciée est celle qui s'appelle au Canada le Nouvel-Ontario, parce que, au moment de la formation de la Confédération canadienne, elle a été rattachée à la province d'Ontario, appelée autrefois le Haut-Canada, et qui ne comprenait alors que la presqu'île située entre la rivière Ottawa, la Rivière aux Français (French River), la partie orientale du lac Huron, les lacs Erié et Ontario, et le Saint-Laurent.

Le Nouvel-Ontario, avant son annexion à la province d'Ontario, dépendait de la Compagnie de la Baie d'Hudson, — laquelle céda ses droits régaliens à la Puissance du Canada.

Le Nouvel-Ontario est divisé en quatre districts : Nipissing, Algoma, Thunder Bay (la baie du Tonnerre), Rainy River (la Rivière à la Pluie), auxquels on peut adjoindre l'archipel des îles Manitoulin dans le lac Huron.

Ayant étudié géographiquement le Nouvel-Ontario depuis quinze ans et y allant chaque année depuis 4902, je tiens à rectifier la mauvaise opinion que certains peuvent avoir répandue sur cette région, et à montrer quelle est sa situation actuelle, quel est son avenir.

Mes renseignements sont extraits des Rapports du Bureau des Mines de V Ontario de 1902 à 1905, — des rapports sur la colonisation, sur les arpentages de townships (1), sur les forêts, — r> de différentes

( 1) Circonscription territoriale équivalent à notre commune rurale,

brochures officielles du gouvernement d'Ontario sur la colonisation, — enfin, pour les données les plus récentes, du Sudbury Journal, un des principaux journaux du Nouvel-Ontario.

Et d'abord une remarque : la province d'Ontario a une superficie de plus de 56 millions d'hectares, supérieure à celle de la France; — et pour mettre en valeur cet immense territoire, elle n'a que les ressources d'une population de deux millions d'habitants.

La province reçoit peu d'émigrants d'Europe, entre quatre et six mille par an; elle perd au moins la même quantité d'habitants, qui émigrent vers l'Ouest. Mais il lui vient un certain afflux de colons de la province de Québec, surtout dans les districts de Nipissing et d'Algoma; ainsi y a-t-il plus de vingt mille Canadiens-Français dans la région de Sudbury.

Page 1