XI. — Conclusion
Si les ressources du Nouvel-Ontario sont moins immédiatement utilisables que celles de l'Ouest canadien, si elles demandent un plus grand effort, elles n'en sont pas moins réelles.
Les capitalistes américains l'ont bien compris, et nombreux sont leurs envoyés à Port-Arthur , à Sault- Sainte-Marie, à Sudbury, à North-Bay, à Cobalt. Tout récemment encore le gouvernement d'Ontario recevait d'un syndicat de capitalistes anglais et américains l'offre de capitaux considérables pour être employés en des travaux industriels dans le Nouvel-Ontario, à commencer par la construction d'un chemin de fer partant du lac Huron et allant droit au Nord vers la région des mines et des forêts (1).
Les capitalistes français ne chercheront-ils pas aussi à faire fructifier quelques-uns de leurs fonds dans le Nouvel-Ontario ? N'y enverront-ils pas quelques délégués pour étudier la situation ?
Là ils trouveraient de nombreux groupements de Canadiens-Français, dont Sudbury est le centre ; — population active et intelligente, mais qui manque de chefs unissant la fortune à l'instruction, et qui par conséquent, au point de vue économique, se trouve forcément à la remorque des capitalistes américains et anglo-canadiens.
Aux élections néanmoins sa nationalité se réveille : le député provincial de Sudbury est un Canadien-Fran çais. Le parlement de Toronto compte cinq ou six
(1) Sudbury Journal, 18 janvier 1906, p. 1, col, 3.
membres Canadiens-Français ; aussi un ministre at-il été choisi parmi eux : c'est M. le docteur Reaume, le ministre des Travaux publics.
De même, le ministre des Mines et des Terres, celui dont dépend la colonisation, a été pris parmi les citoyens du Nouvel-Ontario; c'est M. F. Coclirane, un des propriétaires miniers les plus importants de la région, ancien maire de Sudbury, où il possède une puissante maison de commerce. Sous son active impulsion, la colonisation du Nouvel-Ontario ne peut manquer de prendre un vigoureux essor.
F. Rom a net du Gaillaud.