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IX. — - Chemins de fer

Le Nouvel-Ontario va se couvrir de chemins de fer.

La grande voie actuelle est le Canadian Pacific Bailway, qui, à Sudbury, envoie un embranchement sur Sault-Sainte-Marie et le Nord-Ouest des Etats- Unis.

Un autre embranchement, qui sera terminé en 1907, relie Sudbury à Toronto et permettra au Canadian Pacific d'établir des trains directs de New-York vers l'Ouest canadien et vers le Nord-Ouest des Etats- Unis.

Un embranchement minier, appartenant au Canadian Pacific, fait encore communiquer Sudbury au Nord avec les mines de nickel de Stobie et de Blezard ; et le tracé est fait pour le prolonger jusqu'aux mines de fer de Hutton.

De Sudbury le Manitoulin and North Shore Railway joint à TOuest plusieurs mines de nickel, et doit se prolonger au Sud jusqu'à l'île Manitoulin, à l'Ouest jusqu'à Sault-Sainte-Marie ; là il se reliera à un chemin de fer appartenant au même groupe financier, l'Algoma Central Railway, qui va de Sault-Sainte-

Marie aux mines de fer de Michipicoton et plus tard atteindra au Nord-Ouest la ligne principale du Canadian Pacific.

Détachée de l'embranchement de Sault-Sainte- Marie du Canadian Pacific, une voie ferrée doit aller de Bruce Mines aux mines de cuivre de Rock Lake.

De Sudbury une voie concurrente à celle du Canadian Pacific se rendra vers l'Est à Toronto, vers le Nord aux mines de fer de Hutton et de là vers l'Ouest à Port-Arthur sur le lac Supérieur. Cette ligne, dite du James Bay Railway, appartient à la puissante société d'entrepreneurs Mackenzie et Mann, qui, soutenue par la grande Banque Canadian Bank of Commerce, construit un chemin de fer de Montréal à l'Océan Atlantique, — a obtenu la concession d'un autre chemin de fer de Montréal à Ottawa et au delà, qui s'embranchera sur sa ligne de Toronto à Sudbury, — enfin possède un chemin de fer, le Canadian Northern, de Port-Arthur à Winnipeg et au delà, à peu près terminé jusqu'à Edmonton dans l'Alberta, et qui se prolongera jusqu'au Pacifique à Port-Simpson ou Port-Essington. De telle sorte que, dans quelqnes années, il y aura un deuxième Transcontinental traversant le Nouvel- Ontario.

Un troisième Transcontinental doit encore traverser le Nouvel-Ontario au Nord ; je veux parler du Grand Trunc Pacific, qui a été voté en 1904 par le Parlement fédéral canadien. Ce chemin de fer partira de Moncton en Nouvelle-Ecosse sur Flntercolonial Railway, gagnera Québec en traversant le Saint-Laurent sur un pont gigantesque, puis de Québec, par les terres du bassin de la baie d'Hudson, ira à Winnipeg, et de Winnipeg à l'un des ports les plus septentrionaux de la Colombie anglaise sur le Pacifique, — terminus que la Compagnie du Grand Trunc Pacific vient de nommer Prince-Rupert, en souvenir du prince Rupert de Bavière, neveu de Charles Ier, amiral anglais sous Charles II, et qui fut un des principaux promoteurs de l'extension de la colonisation britannique dans l'Amérique du Nord.

Dans le Nouvel-Ontario, le Grand Trunc Pacific tra-

versera des terres d'excellente qualité, actuellement couvertes de forêts : les forêts fourniront des bois de construction et du bois de pulpe, puis les terres seront livrées aux colons.

Le Grand Trunc Pacific sera relié aux chemins de fer plus méridionaux par divers embranchements.

Déjà le chemin de fer construit par le gouvernement d'Ontario, de North-Bay au sommet du lac Témiscaming, va se prolonger droit au Nord jusqu'au lac Abbitibi, près duquel passera le Grand Trunc Pacific.

Bien plus, une compagnie spéciale s'est formée pour relier par plusieurs embranchements le Grand Trunc Pacific à son homonyme et allié le Grand Trunc Bailway, dont la ligne principale va de Québec et Montréal à Toronto. Un de ces embranchements joindra le Grand Trunc Pacific à North-Bay sur le lac Nipissing, d'où une ligne du Grand Trunc gagne actuellement Toronto. Un autre embranchement partira du Grand Trunc Pacific au Nord-Est de Port-Arthur et ira à une ligne du Grand Trunc au Nord de Toronto en passant, soit par Sudbury, soit par Sault-Sainte- Marie, ou en se rattachant à ces villes par une ou deux lignes latérales.

Une autre ligne transversale en étude est le chemin de fer de Temagami, qui de Sturgeon-Falls se rendra, au Sud, à l'embouchure de la Bivière aux Français [French River), — au Nord, au lac Témagami, et se prolongera peut-être à l'Ouest vers la rivière Missanaïbi, affluent de la baie d'Hudson.

Enfin, un chemin de fer électrique doit relier Sudbury à Copper-Cliff et à la mine de nickel de Greighton.

Mais en regard du côté économique, il y a le côté pittoresque et sportif. Peu de pays sont mieux dotes à ce point de vue que le Nouvel-Ontario : il est couvert de lacs de diverses grandeurs, traversé par des cours d'eau poissonneux et coupés de rapides et de cascades.

Pour ne nommer que les eaux les plus fréquentées, la French River, le lac Nipissing, le lac Temagami aux nombreuses îles, que le gouvernement ne vend pas, mais loue pour une vingtaine d'années, — sont parcourus chaque été par de nombreux touristes canadiens et américains, en quête des émotions de la pêche et de la chasse, des fraîcheurs de l'ombre et des beaux paysages.

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