DES PETITS SALONS CIRCULAIRES
Aux extrémités de l’avant-foyer se trouvent deux petites pièces circulaires, servant de vestibules, Tune à la galerie du glacier, Tautre à celle du fumoir ; du moins du fumoir projeté, puisque celui-ci n’est pas encore exécuté et ne le sera peut-êtrejamais.
Ces deux petites pièces n’ont pas grand intérêt, bien que leur décoration ait un coté que les gens bienveillants peuvent trouver original, mais que je ne place pas si haut; je les appelle seulement le salon du soleil et celui de la lune, et cela suffit à leur notoriété, qui ne sera jamais bien grande. Dans celui-ci c’est censé la chaleur, le feu plutôt, qui est le point de départ de la décoration ; dans celui-la c est le froid. Ainsi, dans le premier petit salon une espèce de soleil étend sur toute la coupole de nombreux rayons, entremêlés de foudres, de salamandres et d étoiles; puis la tonalité générale des parois, se reliant avec les ors et les feux de la voûte, est encore avivée par quatre glaces étamées à Tor, qui rendent les reflets orangés et donnent aux lumières du lustre central, répé-tées indéfiniment, une teinte rougeâtre, d’un aspect assez fantastique. Dans le second salon c’est la lune, ou du
moins ses rayons argentés qui forment la décoration de la voûte , en s’accompagnant de constellations. Quant à la tonalité générale de la pièce, elle participe de celle de la voûte ; c’est-à-dire qu’elle est, comme elle, argentée par l’adjonction de feuilles de platine. xMais, entre nous, cette coloration assez étrange ressemble un peu trop à un fond déboîté à chocolat doublée d etain, et, en prenant le même parti, on aurait pu faire certainement mieux, au moyen de tons gris de lin ou lilas clair, se combinant avec les argentures en feuilles. Dans cette salle se trouvent aussi quatre panneaux, qui devaient recevoir des peintures ayant trait à sa destination, mais que le manque d’argent n’a pas permis de faire exécuter.
Si ces deux salles sont, en somme, bien imparfaites comme étude et comme décoration, c’est qu’elles ont été, pour ainsi dire, improvisées. Elles devaient d’abord être ajournées pour l’ouverture de l’Opéra et ne recevoir, comme la galerie du glacier actuelle, qu’unesimple couche de badigeon quelconque ; mais vraiment l’effet eût été par trop choquant à côté du foyer et de 1 avant-foyer, et je pris sur moi d’outre-passer un peu les ordres regus et de terminer à peu près ces dégagements si visibles. Mais pour cela il fallait être fort réservé; aussi je renonçai au projet qui était déjà étudié pour ces deux petites salles, et en indiquai prestement un autre qui, malgré sa simplicité relative, suffisait pour les relier d’une façon convenable avec les deux grandes salles qui leur donnaient accès.
On fit donc les plâtres aussi vite que possible. xMM. Rubé et Chaperon se chargèrent de peindre les ornements des coupoles ; je terminai un marche depuis longtemps ajourné pour les glaces dorees ; je composai