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DES ESCALIERS DE L'ADMINISTRATION

La circulation est très-active dans les escaliers de l'administration, et surtout dans ceux destinés à faire communiquer la scène avec les loges et tous les services du théâtre. Dans de telles circonstances, 1l importe que les girons de ces escaliers soient en bois, car la montée et la descente sont plus faciles et plus sûres avec eux qu'avec des marches en pierre, surtout lorsque ces mouvements de descente et de montée sont rapides comme cela arrive fréquemment au théâtre après la fin de chaque acte, ou avant le commencement de l’acte. De plus, il est important que ces marches ne soient pas de nature différente de celle des planchers, des loges, des couloirs,

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et de celle de la scène, pour les danseuses principalement, qui pourraient glisser par suite de ces modifications du sol qui, d’ailleurs, s’il était en pierre, donnerait à leurs pieds si légèrement chaussés une impression de froid désagréable, et peut-être nuisible. IL faut donc que ces sortes d’escaliers soient en bois.

Mais le bois est inflammable, et, en cas d'incendie, si les escaliers se détruisent, la retraite est supprimée aux personnes séjournant à ce moment dans le bâtiment; il faut donc s’arranger pour que les escaliers en bois soient moins sujets à la combustion. C’est ce que j'ai cherché à faire en prenant un système mixte : j’ai construit, sur des espèces de limons en fer à T, une paillasse ayant la forme des marches, et qui, elle-même, peut servir à la descente et à la montée; puis, c’est sur cette paillasse bien arrasée que j'ai placé les marches pour former giron (les contre-marches étant en tôle). De cette façon, tout l’ensemble est bien moins sujet à prendre feu : le plâtre, parce qu'il résiste fortement à l’incendie; les bois, parce qu'ils n’ont que la surface extérieure exposée, et que l’inflammation dans ces conditions est bien moins prompte et moins à craindre. Si même ces marches se carbonisaient, le bois détruit, il resterait encore à peu près la forme des marches en fer et en plâtre, qui pourraient au besoin livrer passage aux fuyards.

Au surplus, les escaliers, entourés de murs de pierre de tous côtés, sont fort peu exposés à l'incendie; de sorte que l’on peut être à peu près convaincu que, en cas de sinistre, le sauvetage pourrait toujours être effectué. Je dirai de plus que ces escaliers sont doubles, c'est-àdire que les révolutions droites et successives se croisent

en allant en sens inverse, en donnant, par le profil général de l’ensemble, à peu près la figure de ces jouets d’enfants, composés de petits bois assemblés en losanges et sur lesquels on fait marcher de petits soldats, en rapprochant ou écartant les branches du bas.

Ces révolutions doubles, qui se communiquent à chaque étage par un large palier, forment donc, en somme, malgré leur réunion, deux escaliers différents, qui peuvent être suivis soit dans tout leur parcours, soit dans telle ou telle partie de révolution que l’on veut, pour passer à son choix de l’une à l’autre. Or, comme il y a deux escaliers semblables, soit donc quatre, plus deux autres escaliers demi-circulaires aux extrémités des couloirs latéraux des loges, plus un grand escalier central conduisant de la scène au dehors, on voit qu'il y a sept escaliers mis à la disposition du personnel du théâtre; c'est-à-dire, en tenant compte de leur largeur, une place sufisante pour que vingt-Cinq personnes au moins puissent passer de front. On juge d’après cela combien les dégagements sont faciles, et l’on voit que, si un incendie se manifestait du côté de l’administration, chacun aurait des moyens de le fuir avec une grande facilité.

Mais je dois constater encore que, à part la scène qui contient assez de matières inflammables pour produire un violent foyer d'incendie, le reste du théâtre, escaliers, foyers, galeries, pavillons et administration ne peuvent théoriquement être atteints par les flammes, quelle que soit leur intensité. Les danseurs peuvent donc s'habiller en paix dans leurs loges, sans craindre un accident, qui pourrait causer peut-être une panique, mais qui serait sans danger pour leur personne.

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