DE L'ASCENSEUR DES DÉCORS
L’ascenseur des décors et des chevaux n’est autre qu'une grande cage suspendue par deux points d’attache, équilibrée par des contre-poids, maintenue par des guides, et mue par un treuil, système Bernier. Cette grande cage peut contenir douze chevaux et le chargement d'un chariot de transport des décors; la charge qu'il peut élever est de 12,000 kilogrammes environ, et le temps de l’ascension à la hauteur de douze mètres est de vingt-cinq minutes à une demi-heure. Si le treuil Bernier était actionné par un moteur à vapeur, au lieu d’être à bras d'homme ainsi qu’il l’est d’après les demandes de l’ancien chef machiniste, l’ascension pourrait se faire en cinq minutes; mais, tel qu'il est installé, le monte-charge sufhit aux services de la cavalerie et des décorations. Je n’ai pas à décrire ici les détails de toute la construction de cet appareil, ainsi que des armatures diverses qu’il comporte; c’est de la mécanique plutôt que de l’architecture, et je me ferais des envieux si j'avais l’air d’être un homme universel.
Il resterait encore à parler des services de l’électricité appliquée aux effets scéniques; mais, si l'ascenseur est de la mécanique, l'électricité est de la physique : c’est assez pour que j'aie le prétexte de ne rien dire de cette installation, qui est du reste remarquable, dirigée qu'elle a été par M. Dubosq, dont j’ai déjà dit la science pratique dans un chapitre précédent.
J'ai donc fini tout ce que j'avais inscrit sur ma liste,
et ne vois plus rien à dire, à moins de me perdre dans les infiniment petits. Je passe donc tout de suite au chapitre suivant qui à été imprimé avant que celui-ci ne füt éCritsdersorterque Léntréeengmanere salaires rate double emploi; mais ces quelques lignes vous feront voir au moins que je trouvais déjà le sujet épuisé, et que je cherchais à remplir ce volume par une prose qui ne füt
pas mienne. De cela je suis certain d’être pardonné.
J’emprunte à l’excellent travail de mon ami Charles Nuiter les pages qu'il vient de publier, dans l’inventaire général des richesses d’art de la France, en ce qui touche le nouvel Opéra.
Ce travail, fait avec le soin et la conscience dont le très-sayant archiviste est coutumier, donnera à lui seul plus de renseignements techniques que je n’en ai mis dans tout le cours de cet ouvrage. Aussi ceux qui préfèrent les documents exacts aux discussions artistiques me sauront certainement gré de l’emprunt que Nuitter m’a autorisé à Jui faire.
Dans tous les cas, j'y ai trouvé, moi, un moyen assez pratique pour arriver à terminer ce second volume, que je ne savais plus guère comment remplir.
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FHISTOTIUE
L'édifice du nouvel Opéra n’a pas de passé, mais nous croyons qu'il ne sera pas sans intérêt de donner quelques détails sur les différentes salles que, sous difiérents noms, l’Académie de musique à occupées depuis son origine.
C'estandartdate dub nu ALGONQUeMEOMRNIM accorda à Pierre Perrin le privilége d'établir à Paris une académie, « pour y représenter et chanter en public des opéras et représentations en musique et en vers françois ».
Perrin, poëte et pauvre, dut chercher des associés pour son entreprise. Il s’entendit avec le marquis de Sourdeac, connu pour son habileté à construire les machines théâtrales, et le sieur de Champeron fut le bailleur de fonds. Sourdeac et Champeron passèrent, le 8 octobre 1669, un bail avec M. de Laffemas, et louèrent pour cinq ans, moyennant 2,400 livres de loyer, le jeu de paume de la Bouteille, situé en face de la rue Guénégaud, sur l’emplacement de la maison qui porte actuellement le n° 42 rue Mazarine, et le n° 43 rue de Seine.
D’après Castil-Blaze, la salle aurait été construite par Guichard, intendant des bâtiments du duc d'Orléans. Nous n'avons pu trouver aucune preuve à l’appui de cette assertion, ni savoir au juste à qui Castil-Blaze l’a empruntée. Du reste, il est probable qu’au point de vue artistique, cette salle n’offrait rien de remarquable.
L'ouverture eut lieu au mois de mars 1671. Le succès fut vif et durable. Sourdeac et Champeron ayant tout mis
en œuvre pour évincer Perrin de l’entreprise, celui-ci céda son privilège à Lully.
Un ordre du Roi fit cesser, le 30 mars 1672, les représentations de l'Opéra dans la salle de la rue Mazarine.
Plus tard, de 1673 à 1688, cette salle fut louée aux comédiens français, puis elle redevint un jeu de paume dont il subsistait encore quelques vestiges il y a une trentaine d'années.
Lully, pour n'avoir pas à subir les exigences de Sourdeac, qui, en vertu de son bail, détenait la salle de la rue Mazarine, fit construire par Vigarani une salle de spectacle dans un autre jeu de paume, rue de Vaugirard, du côté du palais du Luxembourg, entre ce palais et la rue des Francs-Bourgeois-Saint-Michel.
Cette salle, inaugurée le 1$ novembre 1672, avaitun caractère essentiellement provisoire. On prétend même que l’Opéra revint donner quelques représentations à la salle de la rue Mazarine.
Bientôt l’Académie royale de musique devait être plus convenablement logée. Molière étant mort le 16 février 1673, le Roi donna à Lully la salle du Palais-Royal, occupée alors par la troupe de Molière.
Cette salle avait été construite en 1637 par Lemercier, d’après les ordres du cardinal de Richelieu, dans l'aile droite du Palais-Royal, alors Palais-Cardinal, à peu près à la place où estactuellement percée la rue de Valois,
Rien, au dehors, n’en signalait l’existence. C'était une salle de fètes où le public n’était pas admis, et où l’on avait accès par l'intérieur du palais. Vingt-sept degrés sur lesquels on plaçait des siéges en occupaient à peu près toute la longueur, et formaient un amphithéâtre ter-
miné par un portique composé de trois arcades, auquel venaient se relier deux balcons dorés, posés l’un sur l’autre de chaque côté. Le plafond, peint par Le Maire (probablement Jean Lemaire dit Legros Lemaire), représentait une longue ordonnance de colonnes corinthiennes portant une voüte enrichie de rozons.
C’est là que l’on représenta Mirame. En novembre 1660, la troupe de Molière y transporta son théâtre. On avait dû modifier l’œuvre de Lemercier. Les galeries avaient été transformées en étages de loges; pour donner accès au public, on avait construit un escalier à la droite du bàment, dans le cul-de-sac appelé Court Orry. De nouvelles modifications furent opérées lorsque Lully s'installa dans cette salle en "r673/MLattoituremratsurelerée tontelera aussi le théâtre, afin de donner plus de profondeur aux dessous, pour le jeu des machines. |
L'ouverture eut lieu le 15 juin 1673. C’est dans cette salle que furent donnés, en 1716, les premiers bals de l'Opéra. La décoration de la salle de bal était l’œuvre de Servandoni.
En 1732, la salle fut restaurée et ornée de peintures dues à Lemaire!. Au-dessus de la loge du roi, le buste d’Apollon, au-dessus de la loge de la reine, le buste de Minerve, étaient suivis, sur la même ligne des panneaux des deuxièmes loges, des bustes des plus célèbres poëtes. Le rideau du théâtre présentait une composition dont les
1. Parfait, dans son Dictionnaire des Théâtres (additions et corrections, 1756) parle de deux Lemaire dont il n'indique pas les prénoms : le premier, peintre, architecte et décorateur, mort depuis plusieurs années; je second, fils du précédent, actuellement vivant. C’est le père, probablement, qui, en 1732, avait restauré la salle de l’Opéra.
figures étaient d'environ 7 pieds. Apollon y paraissait au milieu d’une gloire, sur le devant de l’autel des sacrifices, accompagné des différents génies et des Muses. Les armes du Roi formaient le couronnement de la bordure.
Cette salle fut détruite par l’incendie, avec une partie du Palais-Royal, le 6 avril 1763. Après Lully, PAcadémie royale de musique y avait été dirigée par Francine, son gendre (1687), tantôt seul, tantôt avec divers associés; Guyenet (1704), Francine et Dumont (1712), Besnier, Chomat, Duchesne et Laval de Saint-Pont, syndics des éréauciers de MOpéral{r713), Deéstouches (1728), Gruer M0) Hécomteetlebœut|i731), lhuret (1733), Berger (1744), Rebel, Francœur, de Tréfontaine (1747), Rebel et Francœur sous l’autorité du prévôt des marchands (1749), Royer (1754) et Levasseur (1755), dans les mêmes conditions; Rebel et Francœur (1757).
Pendant la construction d’une nouvelle salle, l'Opéra fut logé provisoirement aux Tuileries.
Dans l'aile construite par Louis Levau, entre le pavillon de Marsan et le pavillon central, avait été établie une salle de spectacle. Cette salle, achevée vers la fin de 1660, avait eu pour architecte Amandini. Vigarani en construisit les machines et les décorations. Le plafond était enrichi de sculptures dorées, et de peintures exécutées par Noël Coypel, sur les dessins de Lebrun.
Après avoir servi à des fêtes lors du mariage de Louis XIV et pendant l’enfance de Louis XV, la salle fut occupée par Servandoni, qui y fit représenter, de 1738 à 1754, des pantomimes ou spectacles en machines. Elle fut dès lors désignée sous le nom de salle des Machines.
C’est sur l’emplacement de la scène seulement, que