‹ Le nouvel orgue de l'église de Notre-Dame de Montréal [microforme]Chapitre 4 sur 6 · FREDERIC ARCHER · texte numérisé non relu

FREDERIC ARCHER

Nore -Anrès avoir écrit le ranport qui précède, je l'ai mout. 6 à M. Archer, pocr:

savoir si ce que je disais «de son anpréciation rendait bien sa pensée: il me répondit que nou,et q rilatlait dire lui-même ce qu'il pensait de l’instriment; c'ost alors qu’il a écrit ce qui précède.

| à S. DUvAL.

Ce rappvrt si élog'eux du docteur Duval corrobore ce que nous avons dit: que Messieurs Casavant sont allés au-delà de leurs oblisations, et ont été entraînés par le désir de ne rien laisser qui fût susceptible d’amélioration ou de perfectionnement,

Ces jeux de 16 pieds remplaçant des jeux moins importants ont bien dû coûter trois ou quatre cents dcllars - en plus; ces trois notes ajoutées à chaque clavier, les 200 tuyaux en plus ct les pneumatiques qu'ils entraînent, il y à probablement là matière à une dépense extra de trois cents dollars ; et la ‘ Pélale Grand-Jeu,” et lu‘ Pédale différée,” on arrive encore facilement à trois cents autres doliars pour ces nouvelles additions. Que si l'on compte laconsole formant un meuble vraiment riche, les perfectionnements apportés à la souffleric-et probablement dans différentes autres parties de l’instrument—nous ne serions

ocre

pas surpris qu’une nouvelle somme

de deux mille dollars s'ajoutât à celles déjà mentionnées; c’est-à-dire,

à un total de près de quatre miile

dollars! © :.

Oh! ces artistes ! comment voul:zvous qu'ils fassent forture ?

C’est à propos d'homme: comme Messieurs Casavant que Mr C. A.

Edwards écrivait:

Ji is only fair 6o say that we have know, and know, more than one instance of builders who have remained: puor, or, at any rate, have never attaine:l riches, because they were always loth to erevt an instrument without-eXpenudingthereaun the uttirost that was possible in the maicer of labour

.Aaud material uuder the circumstances of

the coutract; wherens, had they merely looked upon the affair as an-ordinary trade transaction, they might, withut any fear of detection, have saved mañy a pound. *

Si au moins la Fabrique de Notre- Dame était de taille à imiter le pro-

cédé des moines de Pabbaye de Wein-

garten envers Gabler, le facteur de

* Il faut dire, en toute justice, que vous avous connu, que nous Conpaissons même plus d’un exemple de fa-teurs d'orgues qui sont restés paüuvres, ou du moius ne sont jatvais parvenus à la fortune, parce qu'il leur répugnait toujours trop de e nstruire ün instrument sans y dépenser la plus

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leur orgue, qui, ji, pourtant n° n'avail pas outrepassé ses obligations !'

L'histoire est simple et courte: les moines exprimèrent leur satisfaction à Gabler, pour l'instrument qu'il ve:

nait de lear construire, en lui donnant, en outre de la somme fixée pour le prix de l'orgue, 6,666 florins : un florin par tuyau,

Uuiliser le talent est bien; le bien rémunérer est encore mieux.

Il nous semble qu'un bonus convenable donné à ceux qui viennent d’éiiger le meilleur orgue d'Amérique, par ceux qui en deviennent propriétaires et en auront la jouissance immédiate et constante, serait de bon ton et bien vu par tout. le monde. Semblable conduite est peu dans nos mœurs, nous le savons. Mais le bon exemple doit surtout venir de haut.

Ayant entrepris "d'écrire sur l’orgue Notre-Dame, nous allons, selon notre... mauvaise habitude, dire

toute notre pensée,

grande =0Mine possible de.travall ét. de ma.criel «’après les conditions du contrat; tandis que, s'ils avaient envisagé cette affaire au point de vue d’une simple transaction commerciale, ils auraient pu, saus redouter la moindre surprise, éparguer bien des louis.

Nous allons apporter. nue note discordante dans ce-concert de louanges que nous ayons fait entendre jusqu'à présent sans restrictions :

L'orgue de Notye-Dame est aussi

beau à entendre-qu'il est... osons le dite... laid À regarder ; ; le mécanisme intérieur est aussi: merveilleux et intéressant à examiner que l'apparènce extérieure est décevante et regrettable,

Ce centre cruellement éventré, ces bords gauchement échancrés font peine à voir.

C’est l’éternelle histoire : les églises sont toujours construites sans :

égard pour la place que doit occuper l'orgue ; l'orgue est constamment sacrifié, ici à une rosace, là à une ogive, ailleurs à une spéculation d'espace ; à Notre-Dame à trois misérables fené- -tres qui ne donnent un peu de lumiére que par le grand soleil de l'aprèsmidi,

Et vous voyez la base de ce grand orgue, lamentablement exigüe, resserrée entre ces trois afireuses fenétres! Et tous les tuyaux des quatre claviers à mains ont été6bligés d'aller chercher nn refuge dans les nuages!

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Ft cette masse semble nén bénoné “reposer sur des échasses !

Franchement, ça n’est pas beau.

Et pour mettre le comble à ce fâcheux tableau, on l'a affublé d’une boiserie mesquine et tout aussi ridicule, avec des couleurs d’un cru, d’un vulgaire du plus désagréable ef fet. Autant vaudrait voir un grand seigneur déguisé en polichinelle et “vêtu d'oripeaux !

Il ne serait pas surprenant qu’un jour on se décidât à dépenser quelques milliers de dojlars pour réparer ‘ cette triste erreur, : Les gens de goût applaudiront,.

Heureusement, ce défaut ne gâte en rien l'excellence de l'instr ument, Les facteurs en ont été quittes pour condenser le mécanisme et vaincre certaines difficultés dont ils se sont tirés avec honneur, :

Messieurs Casavant viennent, d'emblée, de prendre place parmi les premiers hommes du pays. Ils viennent dé doter le Canada d'un véritable chef-d'œuvre, dont l'apparition : a ‘causé une profonde sensation et un mouvement d'orgueil bien légitime,

H ne nous reste plus qu'à exprimer

l'espoir que la Fabrique de Notre-Dame entourera cet orgue d’un soin jaloux,respe:tueux ; n’en permettra l'accès qu’à ceux qui en seront tout à fait dignes, et preudra les mesures nécessaires pour qu'il soit scrupuleusement et régulièrement entretenu, comme le sont tous les granis orgues d’Europo.… |

C’est le moins que l'on puisse fuire pour la plus belle, la plus parfaite et la plus durable des œuvres canadiennes,

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