‹ Le nouvel OrphéeChapitre 52 sur 56 · LE CANAL DE PANAMA · texte numérisé non relu

LE CANAL DE PANAMA

Caraïbes aux canoës clairs sur les lacs bruns Perroquets tricolores incendiant les arbres Singes méchants : hululements et litanies : C'était la forêt vierge ! Alors

Vint l'Espagnol Conquistador grandiose et fol, Accaparant la Terre en l’embrassant

Tuant le dieu éclos des grandes flammes Pour l’autre Dieu né d’une femme !

De petits chemins-de-fer païens

Avec leurs drapeaux de fumée

Comme des vers rongeaient les rocs de craie.

Les palmiers se brisaient comme des mâts Et les grues curieuses tendaient le cou

En conspuant le monde mort partout.

Maladies des pierres et du sang Marais gluants

Soleils puants

Moustiques étés électriques

Chaleur poisseuse filtrant par entonnoirs Ciels de midi devenus noirs !

La Peste verte et brune et borgne Salive huileuse sur les plateaux Dents cariées et lèvres mornes Injectant la mort jusqu'aux os.

Baraques ! Bars ! Dortoirs ! Pissoirs !

Des rats des rats des rats des rats

Qui mangeaient du cheval gonflé

Et de l’homme à peine étonné.

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