LA COIFFURE
LE XU ET LA BEAUTÉ DAXS l’aRT
qui venait lui annoncer que de Polignac et M™" de Nesles s’étaient battues en son honneur. Cette dernière s'était écriée : « Ah ! pourquoi ne suis-je blessée qu’à l’épaule !... J’aurais voulu qu’une blessure au sein fût l’enseigne de l'amour que j’ai pour Lui. Toutes les femmes de la Cour lui tendent des pièges... Mais j’espère que la preuve que je viens de lui donner de mon amour me l’acquerra sans partage. »
Un si beau feu, tant de passion, le risque de perdre la vie sous le coup d'une balle inintelligente, pouvaient laisser croire, en effet, à de Nesles que Richelieu allait être, au moins pour un certain temps, bien à elle et rien qu'à elle. Mais l’insigne libertin, en apprenant cela, se mit à rire ; et délaissant M"'® de Nesles et M”*" de Polignac, il s'en alla vers d’autres amours. Les imitateurs de Richelieu suivirent son exemple. A quoi les femmes qui, alors, se mettaient
tellement de rouge sur la ligure qu’on les comparait à des bacchantes, ripostent par la même légèreté et la même inconséquence dans les choses de l’amour. Et nous voyons, à l’abbaye de Chelles, M''“^ l’Abbesse supérieure permettre à ses hiles de travailleiTe dessin d’après des modèles nus. Il est dommage que les dessins ne soient pas arrivés jusqu’à nous. 11 est permis de supposer que l’on constaterait, dans ces ouvrages, un
Stephen JACOB
A. M . phot.
BAIGNEUSE
LE NU ET LA BEAUTÉ DANS l’aRT
parti-pris évident de corriger la nature et que le mocièle le plus robuste et le plus viril devait se transformer, sous le crayon ou sous le pinceau, en
^ , Hhnki GUIMER
etre délicat et
joli. Le sentiment de la grande et sévère beauté classi que était disparu.
Depuis lors, il a repris sa revanche.
Nos peintres sont revenus aux traditions ; et leurs études ou leurs tableaux de nu témoignent de leur sincérité et de l’ardente conviction qu’ils mettent à copier et à reproduire fidèlement les
snlendeiirs . a. iM.,phot.