LIBRAIRIE I IMPRIMERIE
S3«*\0UAI DES 6R<^-AUGUSTINS I 71. RUE LA CONDAIINE 71
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C'est en souvenir affectueux de Jules Garnier que fai écrit ces pages rapides qui le rappelleront à la mémoire de ses amis, qui mettront, une fois de plus, sous les yetuc du public, une partie intéressante de l'œuvre que sa mort a interrompue. Quand nous organisions, tous les deux, la Société des Rabelaisiens, laquelle ne lui a pas survécu, nous causions souvent de cette illustration de Rabelais à laquelle il s'était voué avec une réelle passion d'artiste.
Il y apportait aussi une part d'invention nécessaire et considérable sur laquelle il convenait d'insister un jour. Beaucoup des jolis tableaux qu'on rencontre en tournant ces feuilletSy vont fort au-delà du texte qu'ils prétendent modestement illustrer.
ri fallait, en effet, l'imagination très vive et très ingénieuse de Jules Garnier pour faire sortir, de l'œuvre de Rabelais, ce brillant cortège de figures nues. Malgré mon admiration pour l'immortel auteur du Gargantua et du Pantagruel, je dois convenir qu^il n'a parlé de la Femme ni en penseur, ni en amant. Il ne l'analyse, ni ne l'aime. Sa notion, sans poésie, de la volupté même physique, ne semble pas aller au-delà de la satisfaction du plus grossier plaisir. Il y a, en lui, du moine qui a appris à la mépriser. Il n'a, pour la Beauté, ni le respect qu'elle impose, ni la religieuse terreur dont l'âme antique était remplie. En cela, je ne sais s'ilest Gaulois; mais certainement il n'est pas Latin.