ACTE PREMIER, SCÈNE IV
VOUZON
Qu'est-ce qu'on vous révélait? Que j'avais des maîtresses?
HENRIETTE
Une seule.
VOUZON
Et on la désignait?
HENRIETTE
La comtesse Aline de Gizeuil.
VOUZON
Et vous avez cru?...
HENRIETTE
En vous seul.
VOUZON
Ah! c'est très bien! C'est très bien î
HENRIETTE
Eh bien, non, ça n'est pas bien, parce que ça n'est pas tout à fait vrai. La vérité est que j'ai souffert affreusement, toute une nuit. Je voulais vous le dire, exiger une explication. J'étais décidée. Justement vous deviez venir le lendemain. Yons êtes venu, nous nous sommes trouvés seuls...
VOUZON
Eh bien ?
uENRIETTË
Je n'y ai plus pensé.
3i LE NUAGE
vouzOi\, r attirant à lui.
Ah ! je t*aime !... je t'aime !... (Un domestique entre ^ un large bouquet à la main', séparation brusque] se levant et allant vers le domestique,) Qu'est-ce que c'est?...
LE DOMESTIQUE, présentant le bouquet, voix discrète. Ce sont les jeunes gens du quartier...
VOUZON
Ah! bien... (A Henriette.) C'est la jeunesse du quartier de rËtoile qui nous félicite.
HENRIETTE
Une charmante attention...
VOUZON
Et si désintéressée ! (Tendant un billet au domestique.) Remettez-leur ceci. {Revenant à Henriette.) C'est insupportable ! c'est maintenant la jeunesse, tout à l'heure les vieillards, puis les asiles, les orphelinats!...
HENRIETTE, se levant.
Bien sûr, c'est Tinvasion. Partons tout de suite, il doit y avoir un train.
VOUZON
Comme ça?... Vous, dans cette toilette et moi, en redingote ?
HENRIETTE
Il y a des manteaux... Qu'est-ce que ça fait ?
[Le timbre de V hôtel sonne deux fois.)