‹ Le nuage: comédie en deux actesChapitre 41 sur 55 · ACTE DEUXIEME, SCÈNE ÏII · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME, SCÈNE ÏII

subir cet entraînement. J'ai trop souffert de vous avoir fait souffrir. Je n'ai cessé une minute d'ôtre à vous, de vous espérer, de vous appeler, de vous désirer... Vous ne pouvez être insensible à ce que je vous dis..» Vous m'enten^dez ? vous m'écoutez ?

HENRIETTE

Et je me désespère de ne plus pouvoir vous croire. Vous êtes sincère, je n'en doute pas, vous l'avez toujours été. V)us Tétiez quand vous- m'assuriez que j'étais toute votre âme, toute votre pensée. Vous Tétiez aussi quand vous démentiez dans l'instant môme des paroles que je recueillais comme des paroles sacrées. Vous êtes sincère avec moi aujourd'hui, comme vous le seriez avec une autre demain ! Ma résistance vous attire, comme ma faiblesse vous éloignerait. Je ne vous connaissais pas. Vous voiis êtes fait connaître. (Se levant.) Restons-en là!

VOUZON

Non, non! J'ai maintenant le droit de vouloir que vous soyez heureuse par moi.

HENRIETTE

Vous avez voulu que je vous entende... Vous avez parlé, je vous ai écouté. Ma décision reste la même...

VOUZON

C'est impossible!... Dites-moi que je n'aurais pas dû croire M. Lornoy, que je suis venu trop tôt..., mais ne me dites pas que c'est fini I

HENRIETTE

C'est fini !

vouzoN, lui prenant violemment les mains.

Eh bien, non! parce qu'on ne se sépare pas ainsi, parce qu'on ne sacrifie pas sa vie à un souvenir qui est effaçable.

• HENRIETTE

Laissez-moi!

VOUZON

Parce que cela ne se peut pas... parce que cela n'est pts vrai, que nous nous aimons et que je t'adore!...

Vous mentez! et je vous ordonne de me laisser!...

VOUZON

Oui, je vous laisse, car je sais à quoi m'en tenir. Et je vais apprendre à ceux qui avaient compté sur votre justice et sur votre pitié, ce qu'on peut espérer de votre cœur et de votre raison.

HENRIETTE

Ils savaient aussi ce que je pouvais espérer de votre cœur et de votre raison, et ils savent à présent ce que j'en ai reçu.

VOUZON

Et ils apprendront avec quelle cruauté impitoyable vous avez puni pas même une faute, une minute d'égarement.

HENRIETTE, le suivant jusqu'à la porte, \

Il n'y a pas de ces égarements, quand on aime en toute ^ loyauté. i

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