‹ Le p'tit jeune hommeChapitre 1 sur 11 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

malheur. Oui. Pierrette^ de vous — de vous aussi — j'eusse fait ma meilleure amie. Cela viendra peut-être. Il me paraît qu\iu prix de mou Renaud^ votre Robert de Parville est uu écolier en science amoureuse, tout plein gentil mais un peu tourte, si j'ose dire, et qui ne sera pas long à s aliéner le cœur de V exquise petite compagne qui s'est jetée à son cou. Vous ave; blâmé la légèreté amoureuse de nio/i grand, sa maestria à varier un thème trop connu, vous reconiuiître:^ vitesa supériorité sur la simpliste ajfection de monsieu}' votre nuiri. Mais à quoi bon chicaner des mérites respectifs de nos propriétaires^ chère petite assoitfée de tendresse, que j'aime pour votre ardeur à aimer et à vouloir être aimée.

X'oublie:^ pas que je vis toujours, Pierrette fantasque, quand llicure sonnera pour vous de la tiédeur maritale... S'il vous plaît venir me confier vos

PREFACE yil

peines, vene^... Tous les chemins mènent à Montigny . La maison est asse^ grande pour abriter vos déceptions.

Vene^^ Renaud qui lit cette lettre par dessus mon épaule, séjouit à Vidée de me voir une compagne digne de moi.

Peut-être songe-t-il à uneautre Ré^i, le monstre? Ah, non ! ça ne recommence pas deux fois... f entends vous garder pour moi seule. Et désormais, mes ajfections sont platoniques, sauf une qui me suffit parce qu'elle est bonne. Vene^ ! Montigny vous attend.

Llierbe pousse, les bourgeons crépitent; au long de V espalier , abritées , les roses Niel, qui laissent pendre leurs boutons en forme de poires, éclatent, trop gonflées, avec un soupir doux ; les gobettes en vacances, une rouette à la main, suivent les moutons. Fanchette aiguise ses griffes à V ourlet de ma robe et Renaud sourit en pensant à vous.

Moi, Pierrette, f embrasse avec dou-

Page 1