DANGER POUR LA PROVINCE DE QUEBEC
Ceri vise directement notre chemin provincial. Le Syndicat pourra le louer ou l'acheter. Mais il va pouvoir nous en douner seulement ce qu’il voudra. Car si nous en demandons un prix élevé, il nous dira : je vais en construire un autre,sachant bien que cet autre zuinerait celui de la Province en lui enlevant le trafic de l'Ouest. Qui voudrait ensuite acheter ou louer: notre chemun de fer autrement que pour le trafic local. Le prix de vente ou de location tomberait donc inévitablement. Par conséquent, le Syndicat pourra nous dire : je vous offre 5 millions pour votre chemin, et si vous ne voulez pas me le donner pour ce prix, je vais en construire un autre. La seule possibilité qu’il* puisse en construire un suffira pour faire tomber la valeur de : notre chemin de plus de moitié.!
Le danger que je signale et que la Minerve a déjà signalé-— ce qui n’a pas empêché son rédacteur-en-chef de voter pour le contrat tel qu'ilest—ce danger n’est pas imaginaire. En ce moment. mème il est question de former une compagnie qui achèterait ou louerait le South Eastern jusqu’à Ste. Marie de Monnoir, construi, rait 60 milles de chemin pour aller rejoindre à Sherbrooke l'International de l'Hon. J. H. Pope, acheterait ce dernier chemin... le réumirait par la construction d’un tronçon de 76 milles au : European and North Américan à Bangor dans le Maine, et dshelétaits ce dernier, ce qui lui permettrait d'atteindre l'Atlantique à SJ ean Nouveau-Brunswick. Cette compagnie aucait ainsi un chemir direct de Montréal à la mer long seulement de 370 milles, c’est-à dire de 390 milles de moins que par Québec et l'Intercolonia.
Re ns
Du coup on ruinerait, quant au commerce de l'Ouest, la partie du Chemin de fer du Nord entre Québec et Montréal et tout l'Intercolonial. Pour voir passer ce commerce il nous faudrait alors aller à Sherbrooke.
Je crois vous avoir démontré que nons payons beaucoup tropcher pour faire construire le Chemin du Pacifique, et que nous accordons au Syndicat de St. Paul des priviièges qui, dans un avenir plus ou moins éloigné, nous susciteront des embarras politiques pour ne pas parler des embarras finaucièrs, dont nous ne sortirons que par des commotions sinon par la guerre civile, ou au prix d'immenses sacrifices pécuniaires, Les millions d'émigrants qui se seront transportés dans le Nord-Ouest pour échapper aux abus séculaires dont ils souffraient en Europe, seront peu disposés à voir les mêmes abus et le même système introduits en Amérique. Ils auront eu a souffrir de la concentration de tout le sol entre les mains de quelques grands propriétaires ; ils ne consentiront pas à souffrir le même état de choses sur le sol vierge du Nord-Ouest. Ii nous faudra donc, pour éviter des troubles, exproprier à grands frais le Syndicat de St. Paul.