‹ Le Pacifique [microforme]Chapitre 20 sur 37 · LE MARCHÉ CRÉE UNE CORPORATION QUI CONTROLERA LE GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

LE MARCHÉ CRÉE UNE CORPORATION QUI CONTROLERA LE GOUVERNEMENT

Le marché dont il s’agit crée une corporation qui va se

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trouver posséder un chemin dont la construction aura coutée 8t millions]de piastres, laquelle pourra,non-seulement construire dans le Nord-ouest tous les embranchements qu’elle voudra, mais acheter ou louer d’autres chemins dans Ontario et Québec, et même en construire pour aller rejoindre l’Atlantique.

S1 l’on veut savoir l'influerfce que peut ‘exercer une telle €orporation, on n’a qu’à jeter un coup d'œil sur ce qui s’est passé aux Etats-Unis lors de la construction du chemin du Pacifique, on n’a qu’à se rappe.er l'histoire de ce Crédit Mobilier, au moyen duquel on réussit à acheter une partie du Congrès et à lui taire # voter des millions pour le seul bénéfice de quelques spéculatenrs

Qu'on ne dise pas que nous sommes à l'abri de ce dangér. Un pays où s’est commis le Scandale du Pacifique, où l'on a eu la Brigade Allan, et surtout un pays qui ayant vu tout cela et sachant à qui il avait affaire a porté de nouveau au pouvoir les acteurs et les comparses de cegrand drame de corruption politique, un tel pays ne peut sans imiter le Pharisien de l'Evangile, se dire qu'il ne court pas de danger de voir un nouveau Créait Mobilier, que sa vertu politique est trop rigide pour qu'il y soit exposé.

Sous le régime féodal, le seigneur était propriétaire du sol maïs seulement d’une manière restreinte, et à charge de le concèder à un taux liuuté.

Le Syndicat va être plein propriétaire d’un territoire plus de cinq fois{plus considérable que toute la partie désnotre province où il y avait des défrichements en 1871. Cette‘immense étendue de terres, il sera libre de ne pas la véndre s’ille juge à propos ; il pourra y mettre seulement des fermiers. avec des baux. lui permettant de les expulser ou d'augmenter leur loyer quand et comme ille voudra. C'est-à-dire, qu'il pourra établir le système qui tient l'Irlande dans la dégradation et l'anarchie, et cela sur un territoire plus grand d’un cinquième qne toute l'Irlande, laquelle ne éontiénit que 21 millions d'acres de terres.

9x, Qu'on ne dise pas qu'il sera obligé de vendre pour ne pas

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payer de taxes... D'abord il.n’en aura pas à payer pendant 20 ans, puis il pourra les mettre à la charge de ses fermiers.

Le marché va donc permettre au Syndicat de créer dans l'Ouest des seigneuries conme en créèrent ici la Compagnie des Cent Associés et la Comnagnie des Indes Occideutales, mais sans » telle : aucune des restrictions qui furent alors mises aux droits des

| passé | seigneurs.

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taire DE COMMUNICATIUN.

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Le Syndicat va avoir pendant 20 ans, et virtuetlement

pour toujours, le monopole des voies de commumications par chemin de fer avec le Nord-Ouest.

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ela et oir les Je dis pour toujours, car bien que le cor:rai ne parle que

n “poli ; de 20 ans, ilest bien évident que le Syndicat sera à l’expiraangile, tion de ve laps de temps, devenu s1 puissant, qu'il pourra écra- Créait | ser toute ligne rivale qui voudrait s'établir pour lui faire concur- Y soit rence.

Aujourd'hui les seules voies ferrées par lesquelles on nuisse arriver au Nord-Ouest ou en sortir sônt le Chemin de fer de la Baie du Tonnerre à Selkirk et Winnipeg, et l’'embranchement de Pembina. Or le contrat donne ces deux chemins au Syndicät de k St Paul. De plus il comporte que:pendant 20 ans, le Parlement ne re plus \ pourra autoriser la construction d'aucun chemin de fer au sud rovince À du Pacifique, à moins que cechemin de fer n’aille vers l'Ouestétendue | et ne soit pour alimenter la:voie du Syndicat. ÆEt de crainte DO POS ; 4 qu'une partie du Nord-Ouest ne pût trouver une sortie par. des che? ux lui ! mins qui seraient construits aux Etats-Unis,on proret.à à la comland et pagnie de ne laisser construire aueun chemin de fer, même alsystèmé ; ‘’lant vers l’ouest quiirait jusqu’au moins de 15 milles de la, fronela sur 1 tière. ns de, la- À

du sol e con-

On:se propose d'exercer un: monopole si écrasant, qu’on a 1 craint de voir les habitants. du Nord:Ouest essayer de s'y ne pas ;. soustraire mêmeien allant faire un dong détour vers l’ouest par | Canada sauf à revenir à l’est par un chemin américain.

Cette crainte du Syndicat n'était pas chimérique, car on voit en ce moment des cultivateurs de l'Ouest dès Etats-Unis soumis à de semblables monopoles, faire faire jusqu’à 70 milles à pieds à leurs animaux pour s'y soustraire et trouver des tarifs moins ruitieux.

Les cultivateurs de notre Nord-Ouest auraient pu ètre tentés de faire 70 à 80 milles de chemin de fer vers l’ouest et autant vers l’est pou: échapper au monopole du Syndicat, ne pas se faire trop écorcher par, Llm. Le Syndicat, avec une habilité et une prévoyance qu on ne saurait trop admirer si l’on est obligé de regretter de nous en vour les victimes, avec une sagacité à laquellerien n’a échappé,le Syndicat a déviué La pensée future des cultivateurs du Nord-Ouest. Sachant qu’ils pourraient lui échapper par cette issue, il s'est hâté de la fermer, ctnos ministres et la majorité ministérielle y ont mis une solide barrière qu’ils ont fermée a double tour avec une majorité de 86

Maintenant, lorsque les millions d'habitants qui, avant peu d'années occuperont les magmfiques tertes à blé de la région des prairies et les terres a paturages du versant oriental des Montagnes Rocheuses, voudront envoyer vers l’est leur blé ét leur, bétail, il faudra, ou qu'ils les condnisent à: pi-d ou en voiture jusqu'à la ligne américaine Ja plus proche, ou bien qu'ils

’adressent au Syndicat pour les faire. transporter.

J'allais oublier une autre issue qui leur reste ouverte, que le Syndicat a oubliée, mais que le génie profond d’un de nos ministres a découverte. Le'ministre qui a eu ce traii de génie, et à qui, comme céla ëst ‘arrivé pour Homére, plusieurs villes se disputéront l'honneur d’avoir donné naissance, lorsque les habitants du’ Nord-Ouest, ruihés par le monopole du Syndicat

- verront qu'il leur a trouvé un moyen d'y échapper, ce

ministre, messieurs, c’est: dt: qui l’a produit, c'est M. Langevin. "

1 Maintenant voulez vous savoir quel est ce moyen extraor dinaire : qu'il à trouvé : aux: habitants du Nord-Ouest pour échapper au monopole du Syndicat 7 :: C'est, de

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construire un chentn de fer de 100 lieues, je crois, du Lac Wan nipeg à la Baie d'Hudson en suivant je cours de la Rivière Nelson. La Baie d'Hudson m'ont accessible aux navires qu'environ deux mois’ par annéé ; imais- n'importe, pendant ces doux mois Îles habitants a Nord:Oüest sine ‘échapper: au monopole du Syndicat. |

D'ailleurs, où le sait, il suffit souvent d’une découverta dûe au génie d’un grand homme pour faire faire d’autres découvertes à d’autres d’un talent moins transcendant. La découverte jd’une petite île des Antilles par ChristopheColomb entraïna ladécouverte de tout le continent d'Amérique. La dâcouverte par M. Langevin du passage par le lac Winnipeg, la Rivière Nelson et la Baie d'Hudson a fait penser à d’autres issuës que le Syndicat a oublié de fermer pour assurer son monopole. Lorsqu'il présurera rop les habitants du Nord-Ouest, ils pourront exporter léur grain et leur bétail par la rivière Mac kenzie et l'Océan Glacial Arctique. [ls pourront même, au besoin, passer aux Etats-Unis au moyen d’un mode de locomotion qui, dans l'opinion de certaines personnes a beaucoup d’avenir—mais le présent lui manque encore—car le marché avec le Syndicât ne pourra empêcher d’aller rejoindre les chemins de fer américains en ballon.

ÉRFÉTS DU MC (OF! Li.

A moins d'échapper au monopole du Syndicat par un de,

. moyens que nous venons de voir, les habitants du Nord-Oueæ

seront obligés de se subir. Si l'on veut avoir une idée de ce qu'il sera, qu’on examine l'usage que font d’un monopole du même genre mas beaucoup moins grand les propriétaires du Chemiu de Fer StPaul, Miunéapolis et Manitoba, lesquels composent presque tout le Syndicat. favorisé du gouvernement. Le prix rai sonnable pour le transport. du blé est par. minot de une cent et tiers pour chaque 100 milles parcourus. Au lieu de cela ils font payer plus de 5 cents et tiers. C’est une surcharge de plus de 4 cents par minot pour chaque 100 milles, où gi l'on veut.une taxe dé ce montant que la compagnie St Paul Minheupolis et Manñoba impose sur

‘ces du monépole accordé au, Syndicat: de St Paui, mais je suis

tous ceux qui sontobligés üe transporter leur blé par sa ligne. Des

-surcharges ou! taxes du même genre sont. nrises sur tous les ‘autres produits que transporte le chemin. Comme les terres du : Nord-Ouest:produisentqusqu’'à 25 minots de blé par acre, la sur- "Charge équivaut à une taxe: de.$4 par acre pour chaque 100

milles de chemin à parcourir. Pour les 1300 milles qui séparent le pied des Montagnes Rocheuses soit du lac Supérieur soit de

‘St Paul, 6ù cessént le monopole et la taxe, Vel ferait une taxe de 2813 pur acre de terre à blé.

… … Je ne donne cet exemple que pour montrer l'effet du mono: pole. Car j'ai à peine besoin de vous dire que, plutôt que de payer une pareille taxe, le cultivateur renoncerait à l’idée d’exporter du blé.et n’en cultiverait que pour ses besoins person nels. Mais le Syndicat se gardera bien de tuer ainsi la poule aux œufs d’or; il se contentera de la plumer et de la faire pondre juste assez pour qu’elle n'es meurt pas. En d’autres termes, il fera payer partout autant qu’il:pourra le faire sans arrêter l’exportation du grain et du bétail, c'est-à-dire, moins par 100 milles à ceux qui

seront à ? ou 3 cents lieues qu’à ceux qui ne seront qu'à 50 ou

.400 lieues. Ils ne fera pas comme ces maladroits empereurs du

Bas-Empire qui jouissant, eux aussi, de ce pouvoir illimité de taxer la propriété foncière, la taxaieut si bien que ses habitants l'abandonnaient ou n’y étaient retenus Le pe l’appat de récom. penses ou de pniviléges. |

Ce ne sont pas seulement les habitants du Nord Ouest

: qui ressentiront les effets de cette taxe ; elle se fera sentir de tous

ceux qui sont obligés « d'acheter du blé, de la farine ou du pain,

. g'est-à-dire de la plus grande partie des cultuvateurs et des

ouvriers de la province de Québec. Car il est admis qué nos prairies de l'Ouest sont le futur grenier du monde en général, mais surtout de l'Amérique. Or est:1l besoin d'expliquer que plus elles pourront mettre leurs blés à bas prix sur nos marchés,

| plus les habitants de Dos villes et dé nos CA DARNER pourront se . procurer aisément du pain.

Je pourrais yous signaler encore bien d'autees conséquen-

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obligé de me limiter, et il me reste encore quelques points impor.

tants à traiter. Mais il y. a un point dans, le contrat qui touche surtout la province de Québec. Nous comp:ons sur la vente ou la location du ch man du Chemin du Nord pour améliorer notre : position financière et éviter la taxe directe. Or d’après la clause 25 de sa charte le Syndicat de St-Paul pourra acheter ou louer le

Canada Central et construire, acheter ou louer un chemin, d'Ottawa à la mer.

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