CONDITIONS DE L’ANNEXION DE LA COLOMBIE
La Colombie avait alors une population d'environ 10,000 blancs, plus quelques milliers de Chinois et de Sauvages. A cette
province à peine habitée, nous accordions 3 sénateurs et 6 députés.
Voilà pour les concessions politiques. Quant aux avantages financiers en voici le résumé : nous nous chargions de toutes les dépenses du gouvernement de la Colombie, et de sa dette publique ; nous nous engagions à lui payer une subvention annuelle hors de tuute proportion avec celles payées aux autres Provinces de la Confédération ; nous lui promettions $100,000 par année pour une lisière de terres de 40 milles sur la largeur de la Province ; nous nous engagions à maintenir un service postal à vapeur bi-mensuel entre San-Francisco et Victoria, et bi-hebdomadaire entre Victoria et Olympia ; nous deviens payer l'intérêt pendant dix ans sur $500,000 pour aider à construire un bassain de radoub à Esquimalt ; enfin et surtout, nous nous engagions à construire le Chemin de Fer du Pacifique et à le terminer au plus tard en 1883.
Pour ne pas vous ennuyer avec de trop longs détails je me contenterai de vous dire que, dans l’excercise fiscal terminé le ter juillet 1879, ces différentes obligations, à part le Chemin du Pacifique, nous ont coûté plus de $550,000.
Quant au Chemin du Pacifique, vous savez que, même en n’y faisant que des travaux de qualité inférieure, Sir Ghs. Tupper en
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estime le coût à 80 millions de piastres, sans compter plus de 3 millions de piastres de travaux d’explorations. Et cela, en ne terminant le chemin qu’en 1891, c'est:à-dire, huit ans plus tard que la date fixée en 1871. Pour le terminer en 1883 comme le comportait le traité de 1871, il aurait fallu, suivant M. Fleming, encourir une dépense de plus de 150 millions de piastres.
Deux faits donneront une idée de la témérité avec laquelle les mêmes chefs conservateurs et. le même parti qui nous gouvernenent et qui vont nous imposer le marché avec le Syndicat de St Paul firent ce traité de 1881, et de leur manque de véracité.
A la dernière session, après huit ans d’explorations incessantes au prix de trois millions, le Dr Tupper déclarait que le gouvernement ne savait pas encore où faire aboutir le Chemin sur l'Océan Pacifique ! Comment alors pouvait-on savoir en 1871 à quoi l’on engageait le pays ?
Voilà pour la témérité. Voici pour le manque de véracité, Lorsqu'on discuta aux Communes et au Sénat la clause du traité qui accordait à perpétuité à la Colombie cent mille piastres par année pour la lisière de 40 milles de terres sur le parcours du chemin, faisant 24,000 milies carrés ou 14.360,000 acres, Sir G. E. Cartier, M. Mitchell, M. Chapais ei les autres ministres affirmaient que ces terres valaient au moins 15 millions de piastres, et que déduisant 2 millions comme représentant les $100,000 que nous allions payer, il restait 13 millions dont la Colombie nous faisait cadeau pour nous aider à construire le Chemin ! Quelle généreuse petite province ! Mais, aujourd'hui. le Syndicat de St Paultrouve ces mêmes terres si bonnes qu’il ne veut pas en prendre un seul acre! Les membres du Syndicat sont si détachés des biens de Ce monde qu'ils se contentent des prosaïques terres de la région des prairies, bonnes seulement pour la culture du grain et l’élévage des’ bestiaux, et n'ont pas même pensé à demander un arpent de ces terres de la Colombie, si poëtiquement situées au milieu de la mer de montagnes à traverslaquelle il va nous falloir faire passerle chemin de fer, de ces terres où se trouvaient, suivant Sir G. E. Cartier, es mines d’or et d'argent auprès desqueiles celles de Golconde, du Pérou, du Mexique et de la Californie n'étaient que de la pacotille.
RE PGA LE Sr nico