‹ Le Pacifique [microforme]Chapitre 5 sur 37 · SEX · texte numérisé non relu

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Aujourd'hui, les conservateurs eux-mêmes admettent que la. construction du Pacifique est une entreprise audessus de nos ressources. ‘‘ Mais, disent-ils, que voulez-vous ? Le vin est tiré il ‘ faut bien le boire, le marché a été fait, il faut bien le subir.”

Or ceux qui parlent ainsi, ce sont les mêmes hommes qui ont fait ce marché en 1871, et qui l'ont fait voter à la vapeur par une majorité aussi servile que celle qui vient de ratifier celui conclu avec le Syndicat de St Paul.

Ce n’est pas ainsi qu'ils parlaient alors, A les entendre la construction du Pacifique allait nous enrichir et faire de nous le peuple le plus grand et le plus puissant de la terre, ce chemin allait nous apporter le commerce de l’extrê:ne Orient. Ils faisaient défiler aux jeux des gogos à qui ils voulaient faire avaler ce marché, d'immenses trains passant à toute vitesse comme dans un nuage, chargés des produits de la Chine et du Japon.

Ce qui avait tant fait presser les chefs couservateurs pour faire voter la construction du Pacifique, c'était, sans deute, le dessein qu’ils avaient de se procurer un fonds inépuisable pour les élections. De tout temps le parti conservateur a fait ses: éléctions au moyen de la corruption, et pour se procurer l'argent nécessaire il a rançonné les entrepreneurs de travaux publics. Après avoir exploité la construction des quais en bas de Québec, il se rejeta sur le Grand-Tronc, dans lequel il trouva pendant dix ans uue vache à lait inépuisable. Au moment où elle allait lui manquer, en 1867, il imagina la construction de l’intercolonial qui lui permit de donner des contrats pour 20 millions de piastres. Mais l’Intercolonial ne pouvait pas toujours durer, et, prévoyant que cette sonrce allait se tarir, il voulait s’en ouvrir une autre au môyen de la construction du Pacifique.

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