PAT LE PACIFIQUE FT M. MACKENZIE
A la session de 1874 M. Mackenzie proposa un plan pour la constrnction âu Pacifique. Les conservateurs essaient de s'en servir comme d’un reproche pour nous. ‘ Vous ne pouvez pas, ‘ disent-ils, critiquer l'idée de la construction du Pacifique, car M, ‘t MacKenzie et tous les libéraux en 1874 ont voulu le construire ‘Cet ont adopté un plan pour cet objet. ”
Ce reproche montre chez ceux qui nous le font ou beaucoup d'ignorance ou une grande malhounêteté. Comme vous l'avez pu
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voir par les faits que je vous ai rappelés, le pays était lié à 1a
‘construction du Pacifique par le traité conclu en 1871 avec la
Colombie,traité ratifié par des adresses du Sénat et des Communes et par une ordonnance de Sa Majesté. Quelle que tût l'opinion personnelle de M. Mackenzie et de son parti sur cette entreprise, illeur fallait respecter ce traité conclu au nom du Canada. Tout ce qu'ils pouvaient faire, c'évait d’aviser aux moyens de l’accomplir, de construire le Pacifique de la manière la moins onéreuse possible.
Je reviendrai tantôt sur le plan que M. MacKenzie fit adopter par le Parlement. Pour le moment je me contenterai de dire que ce plan ne put être mis à exécution pendant la durée de l'administration libérale, et ne l’a pas été encore. M. MacKenzie procéda à la construction du chemin du Lac Supérieur à Winnipeg, c’est-à-dire, dans la partie dont l'urgence était évidente, en utilisant les lacs et les rivières navigables pour diminuer les frais de l'ouverture d’une voie de cemmunication avec Manitoba. \
Voici les principaux traits de ce plan de 1874. Vous pourrez le voir au long dans les statuts de 1874, ch. 14. Le chemin, dont la longueur totale est d’enviren 2,700 milles, est divisé en quatre
sections, qui peuvent être divisées en sous-sections si le gouvernement le juge conyenabie. La première va du lac Nipissing à la Baie du Tonnerre, la seconde de ce dernier endroit à la Rivière- Rouge, la troisième de la Rivière-Rouge aux Montagnes Rocheuses,
et la dernière va jusqu’à l'Océan Pacifique. Le gouvernement est autorisé à donuer à l’entreprise soit une-ou plusieurs sections, soit une ou plusieurs sous-sections, et à faire construire un embranchement de Winnipeg à Pembina et un autre du lac Nipissing à la Baie Georgienne sur le lac Hurof, puis à donner une subvention de $12,000 par mille à des chemins de fer qui pourraient être construits du lac Nipissing aux lignes déjà existantes de Québec et d’Ontario.
Le gouvernement pouvait ou bien exécuter tous les travaux comme entreprise publique, ce qui a été fait pour l’embranchement de Pembina‘et pour la section du lac Supérieur à la Rivière- Rouge et commencé pour celui de la Baie Georgienne, ou bien quant à la ligne principale, donner ces travaux à l’entreprise par sections ou sous sections. Tous les contrats devaient être soumis aux Chambres avant d’être obligatoires.
Voilà les travaux autorisés. Quant à leur mode d'exécution, il devait être déterminé par le gouvernement.
Maintenant, quant aux conditions auxquélles le gouvernement pouvait donner des sections ou des sous-sections à l’entreprise, les voici. En même temps que les Communes votaient en 1871 la ratification du traité qui pourvoyait à la construction du Pacifique, elles votaient aussi, sur la proposition de Sir G.E. Cartier, une résolution disant que le chémin serait construit äu moyen d'octrois d'argent et de terres et sans augmenter le taux des tds.
M. MacKenzie se fit äutoriser à faire des octrois ne dépassant pas, par mille, $10,000 en argent et 20,000 acres de terres, plus à garantir l'intérêt à quatre par cent, pendant 25 ans, sur une somme par mille dont le gouvernement pourrait convenir avec les entrepreneurs et dont le maximum n'était pas fixé.
Les terres devaient être prises sur tout le parcours dù ‘chemin, par sections alternatives de 20, 1000 acres chacune. C'était au gouvérnerent à les choisir et aucune autre restriction n’était mise à songéhoix que celle de, les choisir de bonne quäfité mÜyenne, én
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Je laisse de côté ce qui concerne la construction des FAX, or
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chements que Je vous ai mentionnés, parceque cela est sans intérêt dans le moment, celui de Pembina étant fini, et celui de la Baie Georgienne étant abandonné jusqu’à nouvel ordre.
Come on le voit, cette loi ne confirmait pas un marché ; elle autorisait le gouvernement à en faire un cu plusieurs, s’il ne croyait pas devoir exécuter lui-même les travaux, et elle fixait seulement le maximum du prix qu’il pourrait payer.
Or, remarquons que ce prix était fixé, non pas pour tout le chemin en bloc, ce qui aurait permis de donner le maximum pour toute la longueur, mais pour chaque section séparément. Par conséquent, pour aucune section, même les plus difficiles, on ne pouvait dépasser ce maximum en prenant sur les autres sections ce qu’elles auraient en de trop. Ainsi, par exemple, les 215 milles de Kamloops à Port Moody sont estimésfà $60,000 du mille, pendant que les 900 milles de Selkirk à Edmanton ne sont estimés qu'à $15,000. On n'aurait pas pu prendre ce qu’il y aurait eu de trop sur ces dernières pour suppléer à ce qui aurait pu manquer sur les autres.