‹ Le pacifisme et ses détracteursChapitre 1 sur 2 · Le pacifisme et ses détracteurs · texte numérisé non relu

Le pacifisme et ses détracteurs

e cause simple : c'est que le colonel Le Marchand a étuî le Pacifisme, alors que le général Langlois l'ignore tota- Qent. Et cependant c'est comme professeur, dans une conence sur l'armée, que ce dernier s'est attaqué à lui,.. Le général Langlois n'a pas commis, ce faisant, une faute ^fessionnelle simplement identique à celle de M. Brunepe ou à celle de M. Huchard, tous deux professeurs comme . Le professeur de littérature M, Brunetière (peut-être i-ce seulement parce qu'il n'a plus de chaire, ce que nous frettons à d'autres points de vue !) et le savant médecin idémicien, M. le D' Huchard, se sont contentés des revues gazettes pour émettre leurs appréciations, et là on peut ir répondre. Tandis que personne ne peut réfuter, devant même auditoire, les affirmations de M, le conférencier nglois, « ancien membre du Conseil supérieur de la erre » sur la nocuité du Pacifisme. Mais tous trois n'en nt pas moins responsables de la légèreté de leurs alléga- >ns, et celte responsabilité est grande. Quiconque, en fet, a l'honneur de professer, ne doit enseigner que ce 'il connaît. — Nous ne sommes pas, nous diront-ils, projseurs de Pacifisme ! — C'est pour cela précisément, que us ne devez préconiser Tantipacifisme qu'autant que vous ez soumis les doctrines pacifistes au crible de votre critile. Sinon vous vous exposez, par négligence, à populariser rreur, à la couvrir de votre nom et de votre réputation. Et jour où cette faute sera connue, vous aurez jeté le discrét sur votre enseignement tout entier.

L'homme politique, M. Paul Deschanel ou M. Ribot, par :emple, mérite-t-il le même reproche ? On n'a pas coutume exiger des hommes politiques, dans leurs discours, le ême scrupule que des hommes de science. Mais nous Lvons que tel n'est pas l'avis de MM. Ribot ou Deschanel. 3US deux, (d'ailleurs l'un académicien, l'autre candidat à académie), ont la prétention légitime de mériter le titre hommes d'État de la troisième République française. Ils igent, dès lors, indigne d'eux de formuler des arguments Lcxacts et, quand ils se trompent, c'est de bonne foi. D'où vient donc cette ignorance du Pacifisme commune et IX uns et aux autres ? Est-ce que les auteurs, les théori-

ciens du Pacifisme n'auraient pas fait connaître leurs pensées, ne les auraient point publiées ? Est-ce que leur propagande se serait faite dans l'ombre ou dans l'obscurité ? Sontils des amis des ténèbres, craignent-ils le grand jour, la lumière ?

Evidemment non ! puisqu'on leur reproclie précisément eette propagande. Mais il est de bon ton, parmi les partisans de la tradition, adversaires par principe de toute idée nouvelle, de n'avoir rien de commun avec elle, de ne pas lire les revues ou . les livres qui lui sont consacrés, de ne pas entendre les conférences où elle est exposée. Il en résulte que la critique, laquelle, dit-on^ ne perd jamais ses droits, mais qui les e^^erce quelquefois de travers, saisit au vol quelque bribe de doctrine, arrangée, par celui qui croit avoir intérêt à la répandre, à la mode qui lui paraît utile, et c'est sur de tels documents que les amis de la tradition bâtis* ■sent leurs réfutations.

L'Institut international de la Paix, fondé en 1903, à Monaco, par le Prince Albert !<>% a publié une Bibliographie de la Paix due à Tun des fondateurs de l'Institut interna^ tional de Biographie de Bruxelles, le sénateur belge Henri La Fontaine. Cet ouvrage, — dont la première édition est nécessairement incomplète, — relève 2.222 volumes, brochures ou écrits sur le Mouvement pacifique (1). Un second tome sera consacré à la Bibliographie de l'Arbitrage international.

Certes, nous ne demandons pas à quiconque veut parler Pacifisme de lire, au préalable, 2.222 écrits ; pas plus que nous ne prendrions la responsabilité de tout ce qu'ils peuvent contenir. Mais les amis de la Paix ont tenu jusqu ici quatorze Congrès universels, dans lesquels ils ont élaboré leurs doctrines, tracé leurs principes directeurs, adopté — généralement à l'unanimité — des résolutions qui sont leur loi, qu'on peut, par conséquent, leur opposer, mais que seuls on peut leur opposer quand on veut, non pas critiquer l'acte isolé d'une individualité, mais discuter le Pacifisme lui-même..

(1) Cette bibliographie est éditée à la fois eu volume et sur fiches, celles-ci portant les n®» 1 à 2.222. — Prix, en vol., 5 fr., en fiches, 2^ fr. ; k Tlnstitut de "Monaco, ou au Buf;cau bibliographique parisien, 46, rue de Rennes.

6 ÉMILB ARNAUD

Le Bureau international de la Paix, organe ceiitrai recon

du Pacifisme universel, qui a son siège à Berne, et <]

subventionnent officielle ment les gouvernements suis

danois^ suédois et norvégien, publie, après chaque congr

en français, en allemand et en anglais, une édition de W

le des textes de ces résolutions, classées par ordre

res. Cela représente environ 100 pages de la lecti

tte brochure eût généralement suffi à éviter aux oi

, aux écrivains ou professeurs la complicité d'errei

ontaires.

parcourant ces pages, on se rend compte dès Tabc e mouvement pacifique est rigoureusement internat ^es Congrès ont, en effet, siégé successivement à Pai idres, à Rome, à Berne, à Chicago, à Anvers, à Bu( à Hambourg, à Turin, à Glasgow, à Monaco, à Rou< >ton et à Lucerne. Ne suffit-il pas de mettre en évidei diversité de villes et de pays pour répondre à v e accusation souvent portée contre les pacifist iroir que leur action tendait à Taffaiblissement d'i n au profit de ses voisines ? Si la propagande pacifi it s'exercer seulement dans un pays, à quoi rimei tence, que nous révèle la Liste des organes du mou pacifiste au 1*"' mars 1905 publiée par le Bureau int nal de la Paix et qui comprend : les noms des memb Comrnission du Bureau, qui, au nombre de vingt-s ptiennent à dix-sept nationalités différentes; les no lembresdu Conseil deV Union interparlementaire pow et r Arbitrage international qui, au nombre de trei , représentent également dix-sept nationalités (d( différentes des précédentes) (1) ; la composition

iO Commission du Bureau inlcrnalional de la Paix est ainsi compos : MM. Élic Ducommun, HenH Morel et Ludvvijç Stein ; France: MM. Passy et Emile Arnaud ; Allemagne : MM. Adolf Richter, Quidde ^ î de Bothmer ; Grande-Bretagne : MM. Hodgson Pratt (président d'I Félix Moscheles, Evans Darby, Miss EUen Robinson ; Italie : MM. E .a et Giretti ; Autriche : M"** la baronne do Suttner ; Hongrie : M. ny ; Étals-Unis dC Amérique : M. Trueblood et M"* Bel va A. Lockw< fue ; M. Henri La Fontaine ; Danemark : M. Frédéric Bajer ; Mom iston Moch ; Norvège ; M. H. Horst ; Pays-Bas : M. Baart de la Fai gai : M. Magalhacs Lima ; Boumanie : M. Nicolac Fieva ; Bussie : ^1 ow ; Suède : M. Ed. Wavrinsky.

membres du Conseil de l'Union interparlementaîrc sont : Allemag

Jamaïque, TArménie, le Thibet, la Chine, le Japon furent représentés à différents Congrès. ^

Comme en toute autre matière, avec la discussion et au frottement les idées se sont précisées et ordonnées, les formules se sont épurées, mais la tendance générale ne s'est jamais démentie. Hommes et femmes de nationalités variées, de races diverses, de toutes civilisations, des différentes religions, ont poursuivi un but commun : Substituer à Vanar^ chie internationale qui met les peuples à la merci de la force une organisation scientifique et Juridique des Etats qui permette la suppression de la guerre et la solution par le droit' des différends internationaux.

C'est .à la partie positive du programme pacifiste, à V organisation de Ut Paix que se sont plus particulièrenient attachés les Congrès universels de la Paix. Mais ils ont voulu intéresser Topinion publique à cette partie de leurs travaux en démontrant que la guerre n'est pas une nécessité. Or une telle nécessité inéluctable serait la seule excuse que les guerristes pourraient invoquer en faveur de la survivance de la guerre.

Jamais les pacifistes n'ont proclamé, comme on le leur a récemment reproché, que « la guerre était le pire des maux».. Il faudrait, pour qu'il en fût ainsi, et si l'on se place au point de vue de la garantie de Texistence qu'un pays doit à ses nationaux, que € dans l'échelle des valeurs, dit M. Hauser, « aucun bien ne fût supérieur à la vie humaine ». Or, si haut • que nous placions la valeur de la vie humaine, — et nous l'estimons infiniment puisque nous la proclamons inçiolable, — nous pensons qu'un homme doit placer son honneur, — Uhonneur dans son vrai sens, — le dévouement à son prochain ou à son pays, au-dessus de sa propre existence. Mais nous estimons que personne n'a, pour son propre bien, le droit de sacrifier la vie d'autrui; et celui qui, en dehors du droit incontestable de légitime défense, porte ou fait porter la mort chez son semblable, celui-ci fût-il un étranger, et fût-ce dans le but de donner à son propre pays ce qu'il crpit être un avantage, commet un crime dont il doit porter la responsabilité.

Ce que, après d'autres, après de grands capitaines qui Font bien connue pourTavoir beaucoup faite {!), avec des Ministres de la Guerre notamment (2), les pacifistes ont pu affirmer, c'est que « la guerre est le plus terrible des fléaux », aucun des fléaux naturels n'ayant encore fait, sur la terre, un nombre plus grand de victimes que ce fléau artificiel.

C'était là, hier, une vérité incontestable. C'est, aujourd'hui, pour quiconque y réfléchit, d'une éblouissante évidence.

« Songez, dit un ancien Ministre de la Guerre et des Affai-

< res étrangères, M. Charles de Freycinet (3), que le service « militaire obligatoire, pratiqué aujourd'hui par les puisse sances européennes, mettra désormais aux prises toute « la population valide des belligérants. Les armées de « Louis XIV, celles même de Napoléon pâlissent à côté des « millions d'hommes qui s'entasseront de chaque côté de la « frontière. Les engins perfectionnés qui tuent à plusieurs « milliers de mètres, les canons à tir rapide qui inondent « instantanément le champ d'une véritable pluie de feu, « opéreront, dans ces masses profondes, des trouées dont les « hécatombes de la Mandchourie donnent à peine une idée. « Les armées ainsi décimées se renouvelleront avec des « facilités que ne connaissaient pas Russes et Japonais, « séparés de leurs bases par des bras de mer ou par des -c étendues sans fin ; en sorte que des moissons successives « viendront s'accumuler dans les refuges disposés à la

< hâte.... > M. de Freycinet parle des moissons de blessés. Les refuges des morts seront, eux, tout trouvés.

On connaît mal les désastres causés par la guerre russojaponaise. On sait cependant qu'ils sont immenses. Mais si on voulait comparer à ces désastres les calamités que causerait une guerre européenne, soit une guerre entre la France et l'Allemagne, soit une guerre dans laquelle d'autres puissances seraient engagées, par exemple, l'Angleterre et les puissances faisant partie de la Double et de la Triple AUian-

(1) Lettre du Maréchal Ganrobert à la Conférence interparlementaire de Londres, en 1890.

(2) Discours du Ministre français de la Guerre à la Chambre des députés, on janvier 1903.

(3) Discours du 21 mai 1905 à l'Assemblée générale de TUnion des Femmes de France,

ÏAUD

so-japonais, donner notam- ^licateurs, peut-être même B, le rapport des effectifs p de bataille de Mandcbou- >e, et le degré relatif d'inten- )pérations. Il en résulterait [•s fois, sinon de centupler

d'Extrême-Orient. . .

fliger les conséquences écobilisation générale dans les 3 problème dont la solution les intéressés, de la plus ments, tout autant que les le la Guerre, auraient inût de cette statistique évenîr la mesure du crime que Lsables d'une guerre future, itre, ne seraient pas affectés juerre, pourraient détermisi, comme on dit vulgaireîhandelle (1) ! »

ou médecin, quand vous, st de se battre, vous devex ces de la bataille. Que vous i de Grande-Bretagne, vous étaler à tous les yeux la

la guerre et de ses consé- 3un pour quelles causes il ants de son pays engager

Jean de Bloch, que £;èrc \c Hurcatr ucte cette question. Nous avous tout lient, et, en attendant, nous serions i qui voudraient bien apporter à ce nations, Jeur contribution personnelle, mission d'organisation du III' Conillc, en avril 1903, de mettre A Tétudc g:uerre sur l'industrie du Nord de la

r a êlé que, dans la région du Nord, terait.

is devez, Monsieur

liaient hier voir app

>coût quotidien, men

iséé, le prix de trani

delky les dépenses

et en munitions, c

devez prévoir sa dui

i^erses hypothèses. C

ée de la mobilisatic

u autres éléments de succè

ciers, et, si la guerre est

néeessaire, nous devons êl

ser à rimprévu, pour ne p

prendre les mesures indis

Et de vous. Monsieur ]

et Monsieur Téminent or

Paul Desehanel, nous ati

économique que pose Téve

est, et de quoi se composa

bien de jours de mobilisa

4aires feront face les resi

-que la Banque de France

t-on l'argent nécessaire q

Si, après le départ de tous

tion, les récoltes ne se for

mes sont empêchées, si

merce est annihilé, si les

mutations immobilières se

ront les impôts, comment!

comment l'alimentation d

Vous, Monsieur le D' !

cine, que votre profession

mée, vous qui avez bruyan

paix pour vous dévouer <

{^u€frre, — sans quoi la pu

d'un simple Comité de Cor

gne d'un grand caractère -

rer sur le sort qui attend

blessés » dont parle M. <

12 ËMILfi ARNAUD

nombre de Français appelés à la guerre ? Quatre millions feout au moins, — toute la population valide, dit M. deFreycinet. Vous savez que votre rôle; « rôle singulier et enviable » dit encore M. de Freycinet, consiste à réparer chaque soir une partie du mal que les arasées se seront fait dans la journée. Vous calculerez combien il vous faut, pour cela, d'ambulances, de médecins, d'opérateurs, d'infirmiers, de brancardiers, de caisses de médicaments, d'hôpitaux auxiliaires, de trains sanitaires, et vous nous direz si tout est prêt, si les transports, à Taller comme au retour, sont assu- , rés. Ici comme ailleurs nous ne posons pas de questions indiscrètes, car si nous prenons l'exemple de la France, nous réclamons en même temps pour les Allemands, pour le» Italiens et les Anglais, même lumière. Seuls les Russes, hélas I n'en ont pas besoin : ils sont suffisamment éclairés.

Vous ^'oublierez point, dans vos précisions, les épidémies,, le typhus, la dysenterie, le choléra, qui régneront non seulement parmi les troupes, mais dans les populations non combattantes, sur les vieillards, les femmes et les enfants, chassés de leurs résidences par les nécessités stratégiques, rejetés en arrière et heureux de se réfugier dans des camps de reconcentration !...

Vous donnerez, s'il vous plaît, des détails précis sur ces divers sujets, car les jeunes générations entendent ne pas se payer d'ilhisions. L'illusion de la paix est néfaste, t- avezvous dit ? Ils vous ont écouté et l'ont abandonnée. Mais ils n'entendent . pas n'avoir à la guerre, quand la balle meurtrière les atteindra, que l'illusion, des secours dus aux blessés. Il leur faut la certitude et la réalité.

Mieux que tout autre vous connaissez l'influence, sur tout organisme vivant, du cœur, des vaisseaux et du sang. Vous nous direz combien, pour une nation comme pour un homme, les saignées trop profondes sont affaiblissantes et vous rechercherez si, plus encore que pour toute autre nation, la fleur de la jeunesse n'est pas indispensable à la France.'

Et quand vous aurez amassé.toutes ces données, vous nous étonneriez grandement si vous, homme de science, ne répondiez pas affirmativement à la question que posait, il y a quelque temps, aux hommes de bonne volonté, votre président

actuel de llnstitut de France, M. le professeur Emile Gebhart (1) :

«... Puisqu'il est beau et conforme à la conscience géné- « raie du monde de panser les plaies des soldats couchés sur « le champ de bataille, sans distinction de nationalité ; de « rapprocher, de réconcilier sous la même tente d'hôpital ces « enfants de patries rivales, ne serait-il pas beau et raison- « nable^ et digne de la civilisation de fortifier et d'étendre la « doctrine et la pratique d'une législation internationale nais- € sante^ qui déjà a produit des fruits heureux, et par une € atténuation méthodique des chances de conflit entre les « États^ d'épargner le sang précieux de ces jeunes hommes?»

M. Gebhart ajoutait : « Genève tendant la main à La Haye, « c'est une vision allégorique qui pourrait séduire un sta- 4c tuaire et enchanter un philosophe. »

Voici une invite de votre confrère de l'Académie française, M. Brunètîèrel N'est-ce point vous qu'une telle vision enchanterait? Ou serait-ce son caractère international qui vous eflFraierait? Nous ne pouvons le croire, car s'il était vrai que tout ce qui est international vous effare, vous donneriez bien vite votre démission de la Revue des Deux- Mondes pour fonder la Revue purement nationale.

Si vous y restez, au contraire, ne vous semble-t-îl pas que voilà toute une série de questions que n'avait pas encore approfondies la Revue des Deux-Mondes et qui sont tout à fait de son domaine ? Comme noblesse titre oblige ! Dès lors ce n'est pas sur la France seulement qu'elle devra publier ces études, mais bien une revue générale et internationale qu'elle devra présenter, en nous montrant la vérité sur la guerre future, sur ses beautés comme sûr ses dangers, sur le prix que dorénavant il y faudra mettre, sur la gloire mais aussi siw l'envers de la victoire, sur les malheurs de la défaite, sur la ruine des vaincus, sur la prospérité, les deuils, les larmes, les ruines et les misères des vainqueurs.

Puisque vous reprochez aux pacifistes, — à tort d'ailleurs sur certains points — , de n'avoir pas encore fait connaître

(1) Discours du 21 mai 1905 à T Assemblée générale de la Société française de gecoiirs aux blesséx militaires.

l'A d, l'a itp< îen 'és( ndc

Aen '.a\ ion

aul

le

tioi

El

i à Et >ns >iit

esi] nit

aiuquel M. Géraultent, bien qu'il ne 5St le suivant : Le

Hl ne voit pas cela

do répondra que

pouvaient accep-^

13 la recherche de

force à admettre

L£ PAGIFISBfS ET SES DETRACTEURS 15

qu'il suffisait de sortir avec un parapluie pour attirer la pluie. Nous sommes prêt à faire à ce sujet amende honorable, a remercier M. Gérault-Richard de sa réponse utile et sincère, et à reconnaître qu^il faut traiter sérieusement un tel argument. Sa force réside dans la mentalité spéciale qu^ont créée certaines maximes antiques comme Si çis pacem para bellum. € Puisque, pour avoir la paix, il faut préparer la guerre, ont dit d'habiles syllogistes, il est évident que préparer la paix doit conduire à la guerre. »

Ainsi dut raisonner Thomme d^tat éminent que nous avons nommé déjà, M. Alexandre Ribot, quand il écrivit, vers 1902, la lettre fameuse qui nous esl restée sur le cœur et dans laquelle il rééditait ce lieu commun : que les amis de la Paix, dont on s'était beaucoup occupé, de 1867 à 1869,étaient responsables de la guerre de 1870 et de ses désastres.

Nous avons sous les yeux, les annales du mouvement pacifique de 1867 à 1870. A côté de l'œuvre connue de MM. Frédéric Passy, Arles Dufour, Michel Chevalier et du Père Gratry, nous retrouvons l'appel adressé le 5 mai 1867 par M. E. Mangin, du Phare de la Loire^ disant, quelques jours avant la conférence de Londres convoquée pour essayer de régler l'épineuse question du Luxembourg ; « Nous vou- « Ions espérer avec la cour des Tuileries, que cette œuvre « sera menée à bien... Au fond cependant, rien ne sera « changé quand on aura neutralisé le Luxembourg : il n'y « aura qu'une garnison prussienne de moins dans un petit « duché ; mais bien des causes d'antagonismes subsisteront « entre les cours de Paris et de Berlin et, parce qu'un inci- « dent aura été vidé, le procès n'en demeurera pas moins « pendant... Il y a pour nous à chercher les moyens légaux € de donner plus d'autorité aux vœux de l'opinion en faveur « de la paix, et de dissiper de déplorables préventions natio- 4c nales. »

Nous retrouvons, au premier manifeste en faveur de la réunion à Genève, en Congrès international de la Paix, de « tous les amis de la libre démocratie », les signatures : Des Allemands ; D' L. Buchner, D' Ch. Grûn, D' Johann Jakoby, Mittermaier, G. Oppenheim, professeur Rœder,.

Simon (de Trêves), le conseiller Welker, Wilk, W mann, Demmler (de Mecklembourg-Schwerin), N.

Bamberg), Gœgg, Becker, etc.. Des Italiens : ce polli, général Garibaldi, Mazoni, le député Mauro-M Des Anglais : Beales^ président et W.-M. Arnold, de la Reform League, John Stuart-Mill, John Bri Des Français : Louis Blanc, Albert, membres du ment provisoire de 1848; Bordillon (d'Angers), Ba Cantagrel, Victor ChauflFour-Kestner, Dupont (de Girerd, Greppo, Victor Hugo, Pierre Leroux, Edgar Quinet, Ronet, Versigny, Walferdin, anci sentants du peuple aux assemblées constituante et de la seconde République ; Garnot, Jules Favre, Jul • Magnin, Pelletan, députés au Corps législatif; Émil Camille Bocquet, Clamageran, Delattre, André Georges Avenel, E. Bonnemère, Ch. Blanc, Léon Auguste Barbier, Ch. Dollfus, A. et W. de Fon^ rédacteurs du Temps: Brisson, Gustave Isambert, . fen, A. Hébrard, Ulysse Ladet, Fr. Lock, E. S J. Kergomard, Évariste Mangin, A. 8. Morin, Antit Mazure, Gustave Naquet, E. de Pompéry, baron d Antonin Proust, E. Potonié, Ulysse Parent, A. E Reclus (de la Recrue moderne), Elisée Reclus (d< des Deux-Mondes), Jules Vallès, Eugène Véron; Ji Catalan, E. Despois, E. Vacherot, professeurs dén res en 1852 ; les professeurs A. Dumesnil, Man Naquet, les D" Barrier, Clavel et Guépin (de Nante rer-Kestner, chimiste, Armand Leygue, ancien ma tel-Sarrasin, le peintre Delestre, Gustave Floure membre de llnstitut, etc..

Mais nous trouvons aussi dans les Annales de indications précises prouvant que déjà, — c'est V même du D' Karl Griin, « une volonté arbitraire « lancer bien malgré eux, Tun contre Tautre les « de France et d'Allemagne. — Ne serait ce pas, î <c Griin, attaquer la bête de front, si Tintelligence, « et le courage civil de la France allaient se rencc « les esprits éclairés et les cœurs droits de l'Aile Les libéraux allemands qui, de près ou de loi

'z-i^tAf** '

rq

i.3 r ttj

Page 1