BERTHE. — FRANZ
BERTHE
C'est moi... t'ai je fait peur?
FRANZ
Peur?... ahl Mademoiselle, Vous me connaissez peu, surtout en ce moment.
BERTHE
Ce que je connais mieux, Franz, c'est ton dévouement ; Et j'en ai grand besoin.
FRANZ, à part.
Que va-t-elle m' apprendre ?
BERTHE
Tu m'aimes, n'est-ce pas?
FRANZ, à part.
Je tremble de comprendre...
à Berthe.
Pourquoi me demander cela ?
BERTHE
Je sais fort bien Que ton plus grand bonheur est d'assurer le mien ; Qu'un sourire à ma lèvre est ta plus chère envie, Bon Franz, et que pour moi tu donnerais ta vie.
FRANZ, à part.
Nous y voilà... mon cœur se serre encor d'effroi.
à Berthe.
Parlez, ma chère enfant.
BERTHE
Mon bon Franz, jure-moi Par le ciel qui te voit, par le Dieu qui t'écoute. De souscrire à mon vœu le plus cher.
FBANZ, après un silence.
Il m'en coûte De ne pouvoir me rendre avec empressement.
Songez-y, vous voulez que je prête un serment, Un serment solennel qui m'engage et me lie Lorsqu'il y va pour moi peut-être de la vie... Avouez qu'à deux fois je dois m'interroger.
BERTHE
Rassure-toi, cher Franz, il n'est aucun danger Pour toi, le supposer serait me faire injure.
FRANZ, à part.
Je l'avais mal jugée, ingrat!
à Berthe.
Parlez, je jure D'obéir sans réplique à vos ordres.
BERTHE
Merci.
A huit heures, ce soir. Cari doit venir ici; Je veux l'en empêcher à tout prix... ce mystère
Est mon secret, cher Franz... Va, dis-lui que sa mère Se meurt, qu'il a le temps à peine d'accourir Auprès d'elle, s'il veut encor la voir mourir; Il le faut, va !
FRANZ
Pourtant. . . .
BERTHE
Tu l'as juré.
FRANZ
C'est juste; J'obéis.
Il sort.
BERTHE
J'accomplis ma mission auguste; Cari vivra... J'ai menti, pardonnez-moi, mon Dieul
. Là' nuit commence à se faire dans le jardin.-
La nuit tombe.
La Baronne entre et s'approche de Berthe..