SCÈNE III LA BARONNE. — CARL. — BERTHE
LA BARONNE
Bonjour, Berthe.
BERTHE
Bonjour, ma mère.
Elle aperçoit Cari.
Ce matin D'un jour d'enchantements est Taugure certain; Vous et Cari !
LA BARONNE
Chère enfant 1
BERTHE
Les lilas et les roses Tout à l'heure à mon cœur disaient de douces choses ; Leurs parfums en montant vers moi me ravissaient ^ Chères fleurs ! on eut dit qu'elles me connaissaient.
CARL
Mais vous êtes, je crois, un peu de leur famille.
BERTHE
Non ; Dieu m'a fait un sort plus heureux ; la fleur brille. Une fraîche senteur remplit son encensoir, Mais éclose à l'aurore elle est morte le soir ; Tandis que moi, joyeuse et l'âme satisfaite, Je rêve de longs jours de bonheur et de fête ; L'espoir, comme un soleil, sourit à mon destin, Et le soir est encor bien loin de mon matin...
A ce moment, Ultima, vôtae d'une robe blanche, longue et droite, traverse le fond du jardin ; Beithe s'interrompt tout à coup, elle chancelle et elle porte la main sur son cœur. La baronne s'approche d'elle avec empressement.
LA BARONNE
Qu'as-tu donc, mon enfant?
BERTHE, avec. effort.
Bien...
LA BARONNE
MaBerthel..
Ultima dispartdt lentement.
BERTHE) se remettant.
Une étreinte M'apris le cœur... cela n'est rien... soyez sans crainte, Je me sens mieux. . . tous deux vous ayez eu grand peur... Peut-on bien s'effrayer à propos de vapeur !
M'effrayer, moi I la chose est fort peu sérieuse ; Regarde, en te voyant je me sens si joyeuse Que je ris...
Elle rit avec effort.
Vous ont-ils inspiré quelque poème tendre, Ou Fun de ces lieds que vous faites si bien Et qui de votre cœur viennent droit jusqu'au mien ?
CARL
Vous êtes tout pour moi, tout, la muse que j'aime, Le sujet radieux de mon plus cher poème.
Mon souffle inspirateur, l'ange que Dieu m'élut Pour faire ouvrir mon cœur et frissonner mon luth, Berthe... mais je cherchais votre vue adorée; Je voulais que mon âme ainsi fut éclairée Aux lumineux rayons qui naissent sur vos pas ; Et je n'ai pas chanté, je ne vous voyais pas.
BERTHE
Cari, vous m'aimez donc bien?
CARL
Si je vous aime, Berthe !
Je voudrais qu'à vos yeux mon âme fût ouverte ; Comme dans un miroir transparent et profond, Vous verriez votre image en regardant au fond.
CARL, à part.
Pauvre mère ! Dieu sait ce qu'elle doit souffrir.
Je sors quelques instants, ma fille... une visite Obligée...
BERTHE
Allez, mère, et revenez bien vite ; Loin de vous je me sens moins heureuse.
LA BARONNE, à part.
mon Dieu I
Elle sort.