‹ Le pacte: légende en un acte en versChapitre 3 sur 20 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LA BARONNE. — CARL

CARL

Vous m'avez dit un jour: — Quand les roses de mai Ouvriront au soleil leur calice embaumé, Quand le printemps rira sous sa couronne verte, Le jour sera venu, vous épouserez Berthe. — Les roses vont fleurir et semblent m* annoncer Que mon bonheur s'apprête.

LA BARONNE

Il faut y renoncer.

CARL

mon Dieu I

LA BARONNE

Je comprends vos soudaines alarmes ; Mais voyez dans mes yeux la trace de mes larmes. Depuis longtemps mon cœur vainement se défend Des craintes que j'éprouve auprès de mon enfant ;

Eh bien ! par le docteur ma Berthe est condamnée; Hélas! elle s'éteint... — C'était sa destinée, M*a-t-il dit, en Dieu seul confiez votre espoir. — C'est affreux, n'est-ce pas ?

CARL

Affreux !

LA BARONNE

Il me faut voir Ce pauvre ange, ignorant que déjà Dieu rappelle, Planer dans l'idéal qui s'est ouvert pour elle, Abandonner son cœur dans un horizon d'or, Et parler de longs jours en face de la mort.

CARL

Perdre Berthe I

LA BARONNE

Le but de toutes mes pensées Etait d'unir bientôt vos âmes fiancées ; C'était mon plus beau rêve, elle vous aime tant ! Dieu ne l'a pas permis... il est juste pourtant.

CARL

Il faut donc nous courber devant sa loi suprême !

Cependant c'est par lui que l'on croit, que l'on aime, C'est lui qui d*un rayon de sa divinité Fit éclore T amour sur le monde enchanté, C'est lui qui joint les cœurs dans sa pensée auguste, Qui les ouvre à l'espoir... eh bien! ce Dieu si juste Souffle sur le bonheur quand il Ta fait rêver; Il me fait aimer Berthe et va me l'enlever !

Ah ! je blasphémerais 1

LA BARONNE, apercevant Berthe.

Contenez-vous, c'est elle.

ÇARL, & part et regardant Berthe qui entre.

Je n'avais pas compris cette pâleur mortelle.

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