‹ Le page du roiChapitre 4 sur 30 · CHAPITRE VINGT-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-TROISIÈME

XXUI

lia fidélité.

Parveuu au pied de la roule, il put s'expliquer leur disparition. La roche élait creuse et formait l'ouverture d'une sorte de caverne assez profonde, car

vit briller dans réloignemenl une clarté

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rougeâtre. Le souterrain, étroit a l'orifice, s'élargissait peu a peu, et finissait par former une sorte de salle basse assez spacieuse, au milieu de laquelle flambait un grand feu de sapins; c'était la lueur que le roi avait aperçue.

Autour du feu se trouvaient quatre personnages: — ies deux veneurs, qui n'étaient autres que don Paëz et son frère Hector, le vieux Penn-Oll et la mère de l'enfant. Le roi alla droit a eux, et arrivé à trois pas, il s'arrêta et les toisa du regard ; puis aperce-

DIT KOI *J

vant une femme, il s'inclina courtoisement.

— Qui êtes-vous et que voulez-vous ?

demanda durement le vieux Penn-Oll.

Le roi fit un pas en arrière, arrêta son œil d'aigle sur le vieillard et répondit :

— Je me nomme Henri de Bourbon, roi de Navare; et je veux savoir de quel droit ces deux hommes que voici se permettent de chasser chez moi et avec mes propres chiens.

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Don Paëz, Hecfor et le vieux Penn- 011 avaient l'épée nue, tout comme le roi ; don Paëz répondit :

— Puisque vous nous avez dit qui vous êtes, sire, nous allons vous dire, à notre tour, qui nous sommes. Ce vieillard est notre père, nous sommes frères tous deux, et nous avons deux frères encore, Gaëtano, l'ambassadeur d'Espagne et Gontran, l'écuyer du duc de Mayenne.

Tous quatre nous sommes les descendants des dues de Bretagne, dépouillés par les rois de Franco ; tous qua're nous avons juré de rétablir un duc sur le

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trône des Dreux, et de refaire un État libre de la vieille Armorique.

Le roi, la main sur son épée, écoutait gravement.

— Et le duc sera l'un de vous, n'est-ce pas? demanda-l-il avec calme.

— Non, répondit don Paëz. nous sommes cadets. Ce duc est un enfant que nous cherchons, c'est le fils de celte femme vêtue do noir que vous voyez ici.

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— Très bien, dil le roi. Auriez-vous compté sur mon appui, par hasard ?

Un jicannement échappa à don Paèz.

— Mieux que cela, sire, dit-il. Nous avons compté sur le roi d'Espagne et sur le duc de Guise, qui sera roi de France demain.

Henri de Bourbon tressaillit.

— Mon frère serait-il mort? dit-il.

— Non ; mais on va le déposer, au nom de la sainte ligue.

— En ce cas, dit impétueusement le roi, je serai donc le roi de France?

— C'est précisément ce que nous ne vou- Ions pas, car nous avons acheté la Bretagne au prix de votre propre couronne et de votre liberté.

Un éclat de rire s'échappa de la poitrine du roi •

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— Ceci devient burlesque, murmurat-il.

— Roi de Navarre, continua don Paëz, vous avez signé hier votre abdication en faveur de Philippe d'Espagne.

Ces gens-fa sont fous! fit le roi

avec dédain.

— Nous disons vrai, je vous jure ! Vous

souvenez -vous d'avjir signé un brevet

de duchesse?

Oui, dit le roi étonné.

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