‹ Le page du roiChapitre 5 sur 30 · BU U0I H · texte numérisé non relu

BU U0I H

— Eh bien ! l'encre dont vous êtes servi était un encre qui s'efface. Votre signature seule est restée, et nous avons rempli...

Le roi poussa un cri terrible : Trahi-

f-lllrn!

— Attendez donc, roi de Navarre, poursuivit don Paëz d'une voix vibrante, attendez !

Et don Paëz déroula le parchemin, et lut d'un bout à l'autre un acte d'abdicalion dans lequel le roi de Navarre re-

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nonçait à sa couronne en faveur du roi d'Espagne, et à ses droits au trône de France en faveur du duc de Guise.

Un homme ordinaire se fût élancé tmpétueusement sur don Paëz et eût essayé de lui arracher le parchemin ; — le roi se contint et dit :

— Me pourriez-vous montrer la signature? Il me semble qu'elle est pareillement effacée.

— Vous allez la voir reparaître, sire, dit Hector en prenant le flacon et en ver-

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santune goutte d'acide à la place même où le roi avait signé.

Il y eut parmi les cinq personnes qui assistaient à cette opération une seconde d'anxiété, puis l'encre reparut lentetemenl, trait de plume par trait de plume, et soudain Hector, Paëz, le vieux Penn- 011 pâlirent et demeurèrent stupéfaits, tandis qu'un sourire de triomphe échappait au roi :

— Bavolet 1er ! s'écria-t-ii. Voila qui est admirablement joué !

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Et, à son tour, il éleva la voix et leur dit avec ce ton d'autorité et de majesté que Dieu donne aux têtes couronnées dans les heures solennelles :

— Bas les armes, messieurs, remettez l'épée au fourreau et sortez d'ici ! je suis encore roi.

Mais soudain un bruit si1 fit à l'enîrée du souterrain, un homme accourut en criant :

— Frères ! frères ! malheur à nous !

je n'ai point retrouvé l'enfant !

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C'était Gontran qui revenait seul et désespéré.

Il regarda ses frères et son père, tous trois pâtes et mornes, il se précipita sur le parchemin tombé à terre, lut l'étrange signature et devina tout !

Alors il regarda le roi d'un œil menaçant; mais à peine l'eut-il envisagé, qu'un cri lui échappa, un cri de surprise, de joie, de délire...

A son tour, le roi le reconnut et ré-

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