‹ Le page du roiChapitre 8 sur 30 · DU RO · texte numérisé non relu

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semblait oublier, tant il était ému, la scène terrible qui venait d'avoir lieu.

Le page ne fit qu'un bond vers sa mère ; il letreignit dans ses bras — et à la vue de ces deux êtres que la tempête avait séparés et que la Providence réunissait enfin, le roi, les quatre frères, le vieillard lui-même se turent et demeurèrent silencieux et recueillis.

Mais quand le premier transport fut passé, lorsque Ba volet, s'arracha ut des bras de sa mère, jeta enfin ses regards autour de lui et aperçut ses oncles et le

roi; — le vieux Pen-Oll s'avança vers lui, mit un genou en lerre et lui dit :

— Sire due de Bretagne, notre maître.

nous te saluons et te faisons hommage de fidélité !

Bavolet recula étonné et regarda le roi. Alors le roi prit la parole à son tour:

— Bavolet, lui dit-il, ces hommes sont tes oncles, et tu es le descendant des ducs de Bretagne, tu n'es plus mon page, mon enfant, tu es de race souveraine, et tu

ne peux demeurer à mon service. Ces hommes vont te dire que ta couronne est prête et que la Bretagne t'attend.

— La Bretagne est au roi de France, répondit Bavolet, et je ne sais ce que vous voulez dire.

— Écoutez donc alors, sire duc notre maître, dit impétueusement Gaëtano; la Bretagne ne demande qu'à vous voir pour se séparer de la France et vous élever sur le pavois, car la Bretagne se souvient qu'elle était libre jadis, et qu'elle ne fut

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réunie à la France que par félonie et trahison !

— Qu'est la Bretagne? demanda soudain Bavolet, est-elle assez forte pour se révolter p{ reconquérir son indépendance?

— Elle le pourrait, dit le vieux Penn- 011, mais cela est inutile. Le nouveau roi de France nous la rend.

— Le nouveau roi de France! quel est-il donc, mëssires mes oncles?

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— Le duc de Guise montera sur le trône demain...

Bavolet était redevenu calme ; la révé-

lation de son origine avait mis sur son front d'enfant une fierté majestueuse; il était grave et digne comme un jeune souverain qui sent déjà tout le poids de sa couronne.

— Pardonnez-moi, dit-il, si je vous questionne ainsi, — mais je croyais que le plus proche héritier du roi de France >c nommait !»• roi de Navarre. .

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Les quatre frères tressaillirent et se lurent sous le froid regard de Bavolet; seul, le vieux Penn-Oll répondit :

— Mon maître et mon enfant, je vous dois obéissance comme sujet, mais je suis de votre race et mes cheveux sont blancs, vous me devez donc écouler.

— Parlez, mon père, dit le page avec respect.

— Le roi de Navarre , poursuivit le vieillard, est de cette race maudite qui

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