‹ Le page du roiChapitre 9 sur 30 · DU II · texte numérisé non relu

DU II

persécuta la noire; il est notre implacable ennemi..Si le roi de Navarre moulait suivie Irône de France, nos dernières espérances seraient ruinées. Le roi de Navarre, sire duc, c'est l'obstacle invincible qu'il nous faut briser a tout prix...

Un rire féroce s'échappa de la poitrine du vieux Penn-011, et il ajouta d'un air sombre :

— Et il ne sortira point vivant d'ici!

Le roi écoulait froidement, les bras croisés "sur sa poitrine, la tête haute

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comme François Ier a Pavie, ou, un siècle plus tard, Charles Ier marchant au supplice! Il dédaignait de parler, il attendait avec un calme stoïque la réponse de Bavolet.

Bavolet garda, pendant quelques ins^ tants, un silence glaeé qui pesa sur tous les cœurs du poidsde dix siècles entassés; il promena son œil bleu, qui brillait d'un mâle orgueil, sur tous ces visages que la passion et le fanatisme bouleversaient, puis il lit de nouveau un pas en arrière, posa le poing sur la hanche, ^e

cou vrit.com mec était son droit de souverain, et alors il regarda fièrement le vieillard et les quatre frères.

— J'accepte le duché de Bretagne, dit-il.

Le roi tressaillit et regarda Bavolet; Ba volet était impassible.

Un cri de joie s'échappa de la bouche du vieux Penn-OII et de ses fils; seule, la mère du jeune duc garda un morne

silence et jeta un regard inquiet à son cher enfant.

— Je suis donc votre duc, reprit-il, votre seigneur et maître, celui à qui appartient votre vie, votre sang, votre volonté et votre énergie?

— Oui î dirent-ils avec enthousiasme.

— Eh bien! alors, s'écria le page d'une voix vibrante : Chapeau bas! mes maîtres; chapeau bas! moi, le duc, je l'ordonne !

Ils se regardèrent avec élonnement et se découvrirent, domptés par le ton impérieux de cette voix d'enfant qui venait de revêtir l'accent de l'autorité.

•— Chapeau bas! poursuivit-il, car vous êtes en présence d'un roi! et devant les rois, les ducs se découvrent!

Et Bavolet ôla sa toque et alla vers le roi, devant lequel il lléchil un genou ; il lui prit la main qu'il porta à ses lèvres avec respect :

— Sire-roi, mon maître, dit-il, moi,

SU l> PSGK

le duc de Bretagne, je fais en vos mains comme celles de l'héritier présomptif de France, hommage-lige et donation de la couronne de Bretagne, qui est mienne comme celle de Navarre est vôtre.

Un cri d'indignation et de rage poussé par les cinq Penn-Oll ébranla les parois du souterrain ; mais soudain Bavolet se redressa et se tourna vers eux l'œil étiticelant, le geste hautain, en vrai fils des Dreux qu'il élait :

— Taisez- vousl exclama-t il avec colère ; je le veux !

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