‹ Le pain durChapitre 16 sur 60 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Et quel mépris dans ses yeux quand elle con- ■sentait à me voir !

L U M I R — On m'a raconté certaines choses.

TURELURE — Elle était meilleure que -moi, ce n'est pas une raison pour me mépriser.

Ces gens qui ne savent que mépriser, à quoi -cela sert-il? Le mépris est le masque des faibles.

Un homme fort ne méprise rien. II a usage de tout.

L U M î R — Eh bien, c'est qu'elle était la plus faible, vous le lui avez bien fait voir.

TURELURE — Il ne faut pas être le plus faible avec moi. C'est mauvais.

L U M 1 R — Je vais le dire à Sichel.

TURELURE— Ah, elle voudrait bien être la plus forte, mais elle ne peut pas, dont elle rage !

Dès que je la regarde d'un certain œil, elle se trouble et se dérobe.

L U M I R — Moi, je n'ai pas peur de vous !

TURELURE — Je le sais, c'est délicieux. ÏI n'y a place que pour un sentiment dans votre petit cœur fervent et dur, dans votre petite âme loyale..

Ce que vous ont dit les gens de votre race, le père, le frère,

Cela seul existe pour vous, et ceux qui ne sont pas de la Race Sacrée,

Ils ne comptent pas l'un plus que l'autre. C'est vrai?

L U M î R — Les pauvres restent entre eux.

TURELURE — Eh bien , les gens de la Race Sacrée, ils s'entendaient si tellement bien entre eux autrefois

Que pour leur imposer la paix il leur fallait aller chercher au dehors quelqu'un qui fût absolument incapable de les comprendre. Jamais un Polonais n'a pu venir à bout de la Pologne.

L U M î R — Que signifie cet apologue ?

TURELURE — Donnez-moi votre main,.

et je vous offre mon bras.

L U M î R — C'est encore une plaisanterie.

TURELURE — Oui, c'est une plaisanterie, mais une plaisanterie sérieuse.

>j Vous voyez à vos pieds l'homme d'affaires dela nation Française.

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