‹ Le pain durChapitre 2 sur 60 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LU M I R — Je sais qu'il a touché de l'argent de votre père.

S I C H E L — Oui, vous savez cela ? C'est vrai, il a touché vingt mille francs.

L U M 1 R — Pour la propriété de l'Arbre-Dormant.

SICHEL — L'antique manoir des Coûfontaine !

Un joli marché que fait mon père! Quelques pans de murs en ruine et des champs de sable ! plus, un moulin.

L U M I R — Mais c'est là que l'embranchement de Rheims va s'accrocher.

SICHEL — Vous êtes bien renseignée.

LUMIR — J'aurai donc ces vingt mille francs.

SICHEL — C'est vingt mille francs maintenant qu'il vous faut?

LUMIR — Dix mille francs que j'ai prêtés, Et dix mille qui sont nécessaires à Louis pour l'échéance.

SICHEL — Cela peut le tirer d'affaire ? »7

LUMIR — Et lui permettre d'attendre la moisson qui sera belle, — il a plu, —

Et ses rentrées pour fournitures au Corps d'occupation.

S I C H E L — C'est sérieux ? Louis a fait quelque chose là-bas?

LUMIR — Trois cents hectares aux portes d'Alger conquis sur les marais de la Mitidja !

Qui commenceront à rendre.

Notre père ne va pas laisser tout cela aller aux Juifs pour dix mille francs.

S l C H E L — Vous dites : notre père ?

LUMIR — Louis m'épouse, vous le savez.

S I C H E L — Je le sais, il me l'a écrit.

LUMIR — Il vous écrit ?

S I C H E L — Pauvre garçon ! J'ai de la sympathie pour lui, il lésait.

Je lui rends les services que je puis.

LUMIR — Vous lui devez bien cela.

S I C H E L — Comment est-ce que je lui dois bien cela ?

LUMIR — Toute sa fortune a passé aux mains de votre père.

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