‹ Le pain durChapitre 3 sur 60 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

SICHEL — Est-ce de ma faute ou celle de mon père,

Si M. le Capitaine Louis-Napoléon Turelure-Coûfontaine

S'est mis en tête de conquérir les marais de la Mitidja (trois cents hectares aux portes d'Alger) ?

Je dis qu'il doit de la reconnaissance au vieux Habenichts.

Et d'ailleurs, l'argent n'est pas sorti de la famille.

LUMÎR — Jele sais.

SICHEL — yotre père, comme vous dites, n'est nullement étranger aux petites opérations du mien.

LUMÎR — C'est pourquoi je dois avoir mes dix mille francs.

SICHEL — Vous comptez pour cela sur mon aide?

LUMÎR — Madame, je me permets de la .solliciter.

SICHEL — Je ne suis pas Madame.

LUMÎR — Sichel...

S I C H E L — Je ne suis pas Sichel ! C'est le vieux qui m'appelle ainsi. II ne se souvient d'aucun nom,

Moitié insolence, moitié imbécillité, et nous rebaptise tous,

Si je peux dire.

C'est ainsi que de mon père il a fait Ali Habenichts, — ça lui donne la juste pointe d'Orient et de Galicie, dit-il, —

Et de moi, qui suis Rachel, Sichel, qui est en allemand

Faucille dans le ciel clair du mois nouveau.

Bon. Cela va bien comme ça.

L U M î R — Je sais que vous pouvez tout ici.

SICHEL — Je suis la maîtresse, n'est-ce pas ?

LUMÎR — Si je ne le croyais pas, pourquoi serais-je ici ?

SICHEL — Vertueusement accompagnée de notre vieille tante de Grodno, l'ineffable Madame Kokloschkine.

Vous êtes gentille dans ces habits d'homme.

LUMÎR — C'est plus commode pour le voyage.

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