‹ Le pain durChapitre 25 sur 60 · ACTE DEUXIEME SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME SCÈNE I

La même pièce, le lendemain. — Une table est dressée autour de laquelle TU RELU RE, le Cy4PITÂlNE, ALI, S/CHEL et LUMIR achèvent de dîner. Bien qu'il fasse jour on a fermé les volets et deux flambeaux brûlent au milieu de la table.

TURELURE, versant du vin à son fils. — Capitaine, mon Capitaine, que dites-vous de ce vin de Bouzy?

LOUIS — Je le reconnais. J'en ai bu bouteille avec vous le jour de mon départ pour Alger.

T URELURE — C'est le vin de la montagne de Rheims dont Jean de La Fontaine buvait avec Monsieur Pintrel, seigneur de Villeneuve.

LE PAIN DUR Il a encore du degré et fait des jambes sur le ■verre comme le Bourgogne.

Ça ressemble à un gros bourgeois qui a tout de même de la finesse.

LOUIS — A votre santé, mon père !

TURELURE — A la santé de ces dames !

{Ils boivent tous deux)

LOUIS — Quelle joie de se retrouver dans son pays ! Vous avez bien fait de fermer les volets, mon père. On est plus entre soi.

TURELURE — A mon âge un verre de vin vaut la peine d'être tranquillement dégusté. On ne sait jamais s'il y en aura un autre qui suivra.

C'est pas non plus que je crache sur le Beaune, mais c'est un vin qu'il faut boire seul à mon âge.

Une de ces solennelles vieilles bouteilles qu'on vous apporte après dîner et que l'on met deux heures à finir judiciairement,

Plein d'idées et de souvenirs puissants.

ALI — Pour moi, je ne reçois que de l'eau, c'est le médecin qui le veut.

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