ACTE DEUXIÈME LUMÎR — Oui
(Â demi-voix) Tu as tiré?
LOUIS — Oui.
Les deux coups à la fois.
L U M î R — Eh bien ?
LOUIS — Tous les deux ont raté.
LUMIR — Mais ton père...
LOUIS — ... Est rnort. Oui, il est mort tout de même. Il est bien mort. Son misérable cœur s'est arrêté.
LUMIR — Cependant les amorces étaient fraîches, la poudre sèche et je sais charger,
■ LOUIS — Tu auras oublié de souffler dans la cheminée. Ce sont de vieilles armes.
LUMIR — Tu lui as pris l'argent?
LOUIS — Je l'ai. (// lui donne V argent). Voici les dix mille francs. Pas besoin de quittance entre nous.
LUMÎR — Louis, que faut-il que je te dise?
LOUIS — j'ai tué mon père.
LUMÎR — Tu Tas tué. C'est bien. Il n'y avait pas autre chose à faire.
L O U î S . — I! flillait. je n'étais pas libre.
L U M I R . — Je jure que cet argent était à moi et qu'il n'avait pas le droit de le garder, et que je n'étais pas libre de le lui laisser.
LOUIS. — Il n'y a qu'à ne plus y penser.
L U M I R . — Comme il est jaune ! comme il nous regarde avec ses vieux yeux rouges !
LOUIS. — N'aie pas peur, il ne te fera rien. Le vieux gentleman est tout-à-fait tranquille et jamais il n'a eu l'air si respectable.
L U M î R . — Louis !
LOUIS — Crois-tu que j'aie regret àtct que j'ai fait? C'est fini, cela n'est plus, il n'y a plus qu'à ne pas y penser.
Je n'étais pas libre.
L U M I R . — Tu as tiré les deux coups à la fois?
LOUIS. — Oui, je n'aime pas les marivaudages.
Compte ton argent, et moi, j'ai à vérifier quelque chose.
{Elle compte les billets, et lui pendant ce temps, dégageant la ba-