CHAPELLES
Le palais avait deux chapelles, l'une à l'extrémité de la salle ^aint-Louis, et l'autre près de la grand'chambre, à côté de l'Audience, dans le vestibule où se trouve aujourd'hui un escalier pour monter à la cour d'assises.
On a déjà parlé de la première et indiqué la date de sa construction. Mais elle n'était pas achevée en 1582, car le 19 novembre de cette année^ Gilles Parigot, maître maçon à Dijon, recevait trois écus pour avoir travaillé à la voûte et aux pendentifs. Elle a été restaurée et peinte il y a quelques années. Tout le monde admirera l'élégante et fine grille de bois sculpté qui lui sert de clôture, et qui est du plus pur style de la Renaissance.
Cet oratoire, éclairé par trois baies, n'était ouvert qu'à de rares époques de l'année. Le Parlement n'en faisait pas même usage pour la cérémonie de la rentrée, car il avait coutume de se rendre le 12 novembre en corps à l'église de la Sainte-Chapelle et d'y entendre la messe du Saint-Esprit. Il permit toutefois en 1608 aux avocats et aux procureurs, sur la demande des syndics, d'y faire célébrer le saint sacrifice pour leur corporation à laquelle il demeura depuis lors affecté.
Il se servait au contraire quotidiennement de la chapelle voisine de la grand'chambre et dont l'établissement suivit sans doute de près la construction du palais, puisqu'un arrêt de 1530 cite le nom du chapelain Guérin, menacé de perdre la desserte de la cour, s'il continue à tenir « femmes suspectes » en sa demeure. Néanmoins, la messe basse qui précédait chaque audience du matin, jetait célébrée d'ordinaire par un cordelier ou un jacobin, dont on fixa en 1655 la rémunération à 150 livres par an. L'autel était appuyé à la muraille de l'Audience.