Son nom se lit en toutes lettres à côté du personnage
2 . La grande châsse des reliques de la Passion élait placée devant cette fenêtre.
la fosse aux lions, Le songe du bouc et du bélier, Révélation par l'ange Gabriel du temps marqué pour la venue du Messie.
Dixième fenêtre (3o sujets). — Actions et prophéties d'Ézéchiel, Vision de la gloire de Dieu, Idolâtrie du peuple, Le prophète se charge de chaînes, se rase la tête, trace sur une brique le plan de Jérusalem, est enlevé par les cheveux, Promesse du David de la nouvelle Alliance, Parabole de la vigne et des raisins verts, Le Temple nouveau, La Jérusalem céleste.
Onzième fenêtre (3o sujets). — Histoire de Jérémie, Sa vocation, Ses visions, Ses actions symboliques, Il est mis en prison par le roi Sédécias, Il dicte à Baruch les paroles de Dieu, Il voit le Seigneur armé d'un glaive pour châtier les idolâtres, Le Seigneur a tendu l'arc et tiré le glaive pour disperser ses ennemis, Destruction de Jérusalem, Les bêtes sauvages à têtes de femmes habitent sur ses débris, Jérémie pleure sur les ruines de la Ville sainte. — Histoire de Tobie, Ses œuvres pieuses et charitables, Ses émigrations, Naissance de son fils, Il devient aveugle, Le jeune Tobie voyage en compagnie de l'ange Raphaël, L'ange lui ordonne de prendre le fiel d'un poisson pour rendre la vue au père. Le jeune Tobie arrive chez Raguel dont il épouse la fille Sarah, Il part pour retourner auprès de ses parents.
Douzième fenêtre (63 sujets). — Histoire de Judith, Les soldats d'Holopherne dévastent la Judée, coupent les moissons, enlèvent les troupeaux, Les Juifs accourent avec des présents et des instruments de musique au devant du vainqueur pour essayer de l'apaiser, Achior s'expose à la mort pour sauver le peuple, Holopherne assiège Béthulie et met des gardes aux fontaines voisines, Judith annonce son projet aux anciens, Elle demande à Dieu de pouvoir tromper Holopherne, Elle
prend un bain et se pare, Elle enivre Holopherne, Elle lui tranche la tête, Cette tête est exposée sous les murs de la ville, Judith est glorifiée, Sa mort est pleurée par le peuple ^ — Histoire de Job, Il sacrifie au Seigneur, Le démon est autorisé à le tenter, Enlèvement de ses troupeaux. Incendie de ses étables. Mort de ses enfants, Sa femme et ses amis insultent à sa détresse, Nouvelle prospérité de Job, Dieu lui rend plus qu'il n'avait perdu.
Treizième fenêtre (120 sujets). — Histoire d'Esther, Présentation d'Esther à Assuérus, Son couronnement, Mardochée découvre la conspiration des eunuques du roi et la révèle à sa nièce qui en instruit Assuérus, Conda-mnation et cliàtiment des coupables qui sont pendus, La faveur d'Assuérus élève Aman à la suprême puissance, Mardochée seul refuse de se prosterner devant lui, Aman fait promulguer un édit ordonnant le massacre des Juifs, Esther se dispose à paraître devant le roi, Assuérus lui présente son sceptre, Elle reçoit Aman et le roi à un grand festin. Triomphe de Mardochée, Aman est saisi par les gardes du roi, H est attaché au gibet qu'il avait fait préparer pour Mardochée, Esther obtient la révocation de l'édit porté contre les Juifs, Assuérus les autorise à se venger de leurs ennemis. Puissance de Mardochée.
Quatorzième fenêtre (121 sujets). — Histoire d'Héli et de Samuel, L'Arche du Seigneur tombe aux mains des Philistins, Hs sont bientôt forcés delà rendre aux Israélites, Samuel fait briser les idoles, Il parle à Saûl, Il coupe le roi Agag en morceaux. Il sacre David, Victoire de David sur Goliath,
1 . Trois inscriptions en caractères gothiques, qu'on lit sur les vitraux de cette fenêtre, expliquent les sujets; elles doivent êtres lues: Ci prie judic deu que le puisl encjinier ; — Ci est venue iudic a olojerne et si sacointe a H; — Ci pleure la mort.
ANCIEN ESCALIER DE LA CHAMBRE DES COMPTES (Musée de Cluny)
Triomphe de David, Son mariage avec la fdie de Saûl, Sa femme le sauve de la fureur du roi, David chez le grand prêtre Achimelech, Abigaïl lui donne l'hospitalité, Saûl le poursuit, David disperse les Amalécites, Mort de Saùl, Prise de Sion par David. Il est sacré de nouveau et reconnu roi, David et Bethsabée, L'Ange exterminateur, Mort d'Absalon, Mort de David, Salomon reçoit le sceptre de la main de son père, Il prie devant l'Arche, le Seigneur lui apparaît, la reine de Saba vient lui rendre hommage. Il tombe dans l'idolâtrie, Histoire d'Élie, d'Achab et de Jézabel, Lapidation de Naboth, Joas enfant est sauvé de la mort. Il devient roi. Incendie du Temple, Captivité des Juifs.
Quinzième fenêtre (67 sujets)*. — Légende de la Croix depuis la découverte qui en fut fait par sainte Hélène jusqu'au jour où elle fut déposée dans le trésor de Constantinople, Acquisisition des reliques de la Passion par Louis IX, Le roi de France recevant les reliques en France, portant pieds nus avec son frère le brancard sur lequel elles sont placées, assistant avec sa mère à l'ostension de la Sainte Couronne, donnant audience à un messager de l'Empereur Baudouin, portant sur une nappe la croix byzantine à double traverse qui contient le bois sacré, Consécration delà Sainte-Chapelle ^.
1. Cette dernière fenêtre était en très mauvais état lors de la restauration, et la plupart des sujets ont été refaits complètement; dix-neuf seulement étaient assez indemnes pour permettre une reconstitution d'autant plus intéressante que les verriers primitifs avaient peint des personnages contemporains et reproduit des événements qui venaient de se passer sous leurs yeux dans la Cité dont ils ont donné une vue d'ensemble sur un de leurs panneaux.
2. D'après F. de Guilhf.rmt, Description de la Sainte-Chapelle, 6' édit. (1884) ; cf. F. de Lasteyrie, La peinture sur verre (Paris, 1867, in-folio), pp. 159-172, qui a pu examiner ces vitraux avant les travaux et déclare qu'il y a « intérêt pour l'avenir à constater l'état actuel de cette admirable
La Sainte-Chapelle est entretenue par le service des Monu ments historiques. Ce joyau, que Français et étrangers visitent et admirent à l'envi, doit nous être conservé comme le travail le plus délicat et le plus élégant que le vieux Paris nous ait transmis. Malheureusement, nous ne cesserons de le dire et de le répéter, on a commis deux fautes impardonnables, aux xvin" et xix*' siècles, en enserrant ce monument si gracieux dans de vilaines et massives constructions qui la déparent affreusement. Les architectes eux-mêmes ont maintes fois protesté contre ce vandalisme, et l'un d'eux a écrit*: (( Au fur et à mesure que le charmant édifice reprend son éclat, on regrette davantage qu'on l'ait entouré, emprisonné par cette ligne de lourds bâtiments qui le masquent de toutes parts et ne permettent pas d'en saisir l'ensemble ; il était déjà fâcheux qu'un de ses côtés et le chevet fussent inévitablement cachés par l'ancien Palais de Justice ; mais il eût été à souhaiter qu'on ne ménageât pas si parcimonieusement l'air et l'espace au portail et à la façade latérale qui n'étaient engagés dans aucune construction . » Regrets assurément superflus ; mais on ne peut se défendre d'un sentiment de tristesse lorsqu'on songe à la faute capitale qui aurait pu être évitée. A une aussi précieuse relique il fallait une châsse d'or.
vitrerie et à en reproduire quelques parties (pi. xxvii-xxix) avant qu'une restauration moderne ait fait perdre sinon son caractère, du moins sa précieuse authenticité » •
I. Revue de l'Architecture et des Travaux publics. \lll (i855), p. 88.
conservées dans les collections publiques
L'Arc dej Nazareth. — Entre l'ancien hôtel de la Chambre des Comptes, où étaient installés les bureaux de la Préfecture de police, et la galerie des Archives, où se trouvaient en dernier lieu les bureaux de la sûreté générale, passait la rue de Nazareth, disparue en i843 ; au-dessus, reliant ces différents bureaux, existait une arcade, où l'on a voulu voir la main de Jean Goujon, et qui a été heureusement sauvée ^ Dès 1868, on songeait déjà à la transporter dans un musée où elle serait à l'abri ; épargnée par les incendies de 1871, elle a été démontée pierre par pierre, sous la direction de Diet, deux ans après ; on peut la voir aujourd'hui au musée Carnavalet (côté de la rue des Francs-Bourgeois). On l'a reconstituée avec sa voûte et ses archivoltes reposant sur huit consoles, ornées les unes de têtes de satyres, les autres de têtes de femmes, parmi lesquelles, à l'imposte supportant l'archivolte,
I. Le premier président de la Cour des Comptes l'avait fait réparer en
1817 {Archives nationales, F21 576).
alternent le monogramme et la devise plusieurs fois répétés de Henri II. Des tablettes et des têtes d'anges remplissent les intervalles des consoles. Aux clefs de l'arc sont des mascarons et des branches de laurier ; les tympans extérieurs portaient des petites figures de renommées tenant des palmes : ces figures étaient en si mauvais état que leur conservation a été impossible. Quel que soit l'auteur de ce morceau de sculpture, on ne peut s'empêcher d'admirer la délicatesse de son ciseau ^
L'Escalier de la Chambre des Comptes. — Un fragment de cet escalier en bois sculpté, ayant une hauteur de 6 m. 72, et portant les armoiries et chiffres de Henri IV et de Marie de Médicis, a été épargné par le feu d'abord, par les démolisseurs ensuite ; démonté, il a été remis au Préfet de la Seine (i85i) et fait partie aujourd'hui des collections réunies au musée de Cluny^. C'est un travail non exempt d'une certaine lourdeur de style, mais largement exécuté. Rappelons aussi les deux figures assises du sculpteur x\dam, la Justice et la Prudence, conservées au musée Carnavalet ^
Vestiges de la Sainte-Chapelle. — On a déposé aussi au musée de Cluny un certain nombre de morceaux d'architecture et de sculpture provenant des démolitions et des restaurations faites à la Sainte-Chapelle dans le cours du xix® siècle *^. Ce sont des colonneltes, des balustrades, des chapiteaux qui accusent nettement le règne de Louis IX et ont été
1 . Il a été reproduit plusieurs fois, notamment dans Hoffbaukh, Paris à travers les âges, p. 33 (fig. 3o).