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partir en foulant aux pieds un baudrier, des casques et des cuirasses. Derrière Caligula est assise sa mère Agrippine, tenant de la main gauche un volume sur lequel elle inscrira les glorieux exploits de Germanicus, et s'appuyant de la main droite sur un grand bouclier. Derrière le trône de Tibère, c'est Drusus, à côté de lui sa femme qui est sœur de Germanicus, et un personnage coiffé du bonnet phrygien, prosterné au pied du trône, représente allégoriquement un Partlie qui serait gardé comme otage à Rome depuis l'expédition de Tibère en Orient, et pleurerait sur les malheurs de sa patrie. — A la partie supérieure. Apothéose de Germanicus divinisé dans ï Olympe. Il est enlevé au ciel par Pégase galopant et triomphant, guidé par l'Amour. A la partie inférieure, dix personnages, barbares Parthes et Germains de tous âges, entassés pêle-mêle, symbolisent les vaincus que Germanicus a faits prisonniers tant en Germanie qu'en Syrie .
Cette gemme célèbre entre toutes, en sardonyx à fond brun, a été connue sous des noms divers : Triomphe de Joseph à la cour de Pharaon; Apothéose d'Augu§te ; Agate de Tibère ; la seconde de ces appellations est due à Peiresc et la dernière à Jacques Le Roy, mais toutes trois sont erronées. On pense qu'elle a été exécutée à Rome, au plus tard dans les premières années du règne de Caligula. Transportée à Constantinople par l'empereur Constantin, elle est citée pour la première fois dans l'inventaire du trésor de la Sainte-Chapelle en i34i, mais il est bien évident qu'elle fit partie des joyaux engagés à Louis IX par l'empereur Baudouin II. Dans un moment de crise financière, Philippe Vï l'envoya à Avignon, au pape Clément VI, par les soins du trésorier de la Sainte-Chapelle, Simon de Bresles, en 1 342 ; et elle reprit le chemin de la France moins de quarante ans plus tard (vers 1379) au moment des
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embarras politiques du pape Clément VII : le roi Charles V l'orna alors d'un piédestal en argent doré, orné des figures des douze apôtres en émail, dans des niches gothiques, indépendamment de la monture byzantine antérieure, émaillée, composée des quatre évangélistes; ensuite elle fut portée dans les grandes processions, à côté des reliques, comme un objet de piété et de vénération. Brisé en deux parties en 1618, il fut aussitôt réparé. Réclamé par Louis XVI, transféré au Cabinet des médailles, le camée était heureusement sorti intact des troubles révolutionnaires lorsque, dans la nuit du 16 au 17 février i8o4, il fut dérobé et porté par les voleurs à Amsterdam, vendu à un orfèvre pour 3oo 000 francs, et retrouvé par Gohier, commissaire général dans cette ville, peu de temps après, mais dépouillé de sa riche monture. C'est une œuvre aussi remarquable par ses dimensions que par la finesse d'exécution et la richesse de la pierre, qu'on considère à bon droit comme un chef-d'œuvre de la glyptique romaine ^ .
Quelques Manuscrits^. — Trois grands antiphonaires furent exécutés pour la Sainte-Chapelle à la fin du xiii^ siècle; ils n'ont pu être retrouvés. Mais on sait que les enluminures dont ils étaient décorés sont sorties d'un atelier célèbre et avaient pour auteurs Richard de Verdun, gendre du miniaturiste Honoré qui travaillait pour le roi, et son associé Jean de La Mare ^.
I. J'ai résumé ici la description étendue qu'a donnée de ce monument M. Ernest Babelon dans son Guide illustré au Cabinet des médailles et antiques de la Bibliothèque nationale (Paris, 1900, in-iG), pp. 170-181.
3. Tous ceux que possédait alors la Sainte-Chapelle sont bien décrits dans l'iuventaire de 1A80 (cf. L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits, II, p. 2G1).
3. Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, XXVII (1901), p. SSg ; cf. Henry Martin, Les miniaturistes français (Paris, 1906, in-8), p. G3.
Par contre, nous avoris le bonheur de pouvoir admirer encore deux splendides évangéliaires, qui proviennent de la Sainte-Chapelle ^ et fournissent de précieux exemples de l'art de la miniature à Paris sous Louis ÏX. La plupart des évangiles des principales fêtes de l'année liturgique y sont accompagnés de peintures sur fond d'or, dont l'éclat éblouissant n'a pas diminué depuis leur exécution ^ ; et rien n'a été épargné pour en faire des livres dignes de figurer dans le splendide édifice auquel ils étaient destinés. La reliure est somptueuse; quelques pierres précieuses subsistent de celles qu'indiquent les anciens inventaires.
Et il faut rapprocher de l'un d'eux une réplique un peu plus récente qui appartient aux collections du British Muséum^; la décoration en est empruntée aux mêmes éléments, et dans le faire de leur ornementation on distingue des procédés identiques qui dénoncent une commune origine. La copie du texte n'offre pas de variantes; les sujets des peintures sont les mêmes, et ils occupent les mêmes espaces, bien que la reproduction soit parfois infidèle.
On notera aussi qu'il existe à Londres, dans les collections de M. H. Yates Thompson, un psautier de la Sainte- Chapelle qui peut être attribué à l'année 1 290 environ, en tous cas antérieur à la canonisation de saint Louis *; et au British Muséum (Harleian 2891) un très beau missel à miniatures,