Lefebvre de Saint-Remy, édit. Morand, II, p
3. Parmi les événements ultérieurs, citons celui qui est relaté dans la plaquette intitulée : La Publication des joustes publiées à Paris à table de marbre par Montjoie premier herault d' armes du roy (s. 1., i5i5, in-8 goth. de à ff.).
ii. Réimprimée dans L'Entrée du roy n. s. en la ville et cité de Paris (Reims, Société des bibliophiles, iSAa).
3o LE PALAIS.
Lettre y conviendroit infinie Pour tout Testât au vray compter.
Après qu'à sa table de marbre Il fut assis au fin milieu, On fut servi non pas en madré Mais en or et argent moullu.
Quant au souper donné par Charles IX en 1571, il comprenait, outre la table de marbre, trois autres tables auxquelles s'assirent, à droite vers la porte Mercière, les seigneurs de la Cour et les ambassadeurs, à gauche près de la chapelle, les membres du Parlement et des autres souveraines, en face à l'extrémité de la salle, le corps de ville.
Il y eut même solennité aux fêtes du mariage de Madeleine, fille de François P"", le i^^ janvier I538^ et à la cérémonie de la réception faite par le roi à l'empereur Charles-Quint le I" janvier i54o^.
1. « Le dict Palais estoit moût richement tapissé de riches tapisseries, de pierreries et aultres chouses moult précieuses et belles à veoir. La table du Roy estoit à la table de marbre, oudict Palais, où estoit le Roy d'Escosse et ma dicte dame Madeleine son espouse, la Roynne et aultres dames. Audict Palais y avoit près ladicte Table deux buffectz, alentour de deux pilliers falots propres, sur lesquelz y avoit de toute sorte de vaisselle d'or et d'argent, et assez loing d'iceulx y avoit deux eschaffaulx où estoyentles joueurs d'instrumens qui falsoient bien ouyr pendant le soupper, et après dansèrent plusieurs grands personnaiges tant en masque que aultrement. » [Chronique du roy François I*^, édit. G. Guiffrey (1860), p. 2o/(),
2. « [Charles] s'en alla au Palais où estoit le Roy, lequel ayant son grand ordre le vint recepvoir au pied des grands degrez près le perron de marbre, acompaigné de M. le cardinal de Lorraine et plusieurs aultres princes. Puis lièrent soupper en la Grande Salle du Palais où estoit appresté le banquet en rande magaificenc e et en l'ordre qui s'ensuict : L'Empereur assis au hault bout à maindextre, du cousté des requestes du Palais, le Roy à main senestre, etc.; icelles finies, l'Empereur se retira en la Chambre pour luy ordonnée, qui estoit tendue de satin cramoisi semée de broderie d'or. »> {Idem. p. 3o3.)
A la fin du xvi^ siècle, les visiteurs trouvaient au Palais, indépendamment de la Grand'Salle : i° la Grand' Chambre ou Chambre dorée, ainsi nommée en raison de la décoration de son plafond, et dont la porte était surmontée d'un lion doré, assis et la queue entre les pattes (pour indiquer, croiton, que les grands et puissants eux-mêmes doivent obéissance aux lois) ; — 2^ la Chambre de la Tournelle, réservée aux affaires criminelles ; — 3" et 4"^ la Grande et la Petite Chambre des enquêtes ; — 5^ la Chambre du Domaine, réservée au roi ; — 6'' la Chambre des Comptes; — 7^ la Chambre des requêtes de l'Hôtel ; — 8" la Chancellerie ; — 9° les Requêtes du Palais ; — 10° le Bailliage du Palais ; — i lo la Maîtrise des eaux et forêts; — 12° la Connétablie et Maréchaussée de France, avec la grande Table de marbre; — i3" la Cour des monnaies; — et i4^ la Chambre créée naguère par édit de Henri IV pour juger les affaires entre individus appartenant à des religions différentes.
A côté de la Grand'Salle, d'un long corridor tout plein de livres et de tableaux, l'œil plongeait sur un emplacement assez vaste, la Conciergerie, où se promenaient beaucoup de gens sans armes ni manteaux ; la plupart étaient des prisonniers pour dettes. On leur permettait de prendre l'air pendant le jour, et on les enfermait pendant la nuit. Th. Platter remarque en iSgg qu'ils étaient, le jour de son passage, environ une centaine, hommes et femmes, et il ajoute : « Hs sont mêlés et quelques-uns sont vêtus fort richement. »