MOKSTRELET, V, p. 3o
li. « Cum principibus et proceris ad regale palatium, ubi convivium luxu regali caeteraque pertinentia magnificentissime apparata erant, se recepit ibique pernoctavit. » (Tu. J^asin, édit. Quicherat, II, p. 18.) Cf. C. Couderc, L'entrée solennelle de Louis XI à Paris (iSgC), p. 20.
5. Catalojue des incunables des bibliothèques de France, par M. Peli.echet, n» /,57s.
G . Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, XXIX ( 1 902 ), pp. 2 68 et suivantes .
7. Le festin donné en l'bonneur de la reine en i53i coûta environ Coco livres [Catalogue des actes de François /", n° 27805 et 28GG7).
dans son récit de la journée la description du banquet *, qui dura bien trois à quatre heures et ne comprenait pas moins de trois cents plats entre chacun desquels une sonnerie de trompettes et de clairons se faisait entendre, en attendant l'heure des danses où flûtes et tambourins firent merveille. Ainsi, à chaque cérémonie nouvelle, les dépenses augmen" taient, parce que le luxe était plus grand et les invités plus nombreux : en i5o4 on ne s'était pas contenté, en effet, de réunir dans la Grand'Salle les princes du sang et les grands officiers, les invitations s'étaient étendues aux fonctionnaires du Parlement, de la Chambre des Comptes, de la Chancellerie, du Trésor, du Chàtelet, aux échevins et même à quelques notables bourgeois et marchands de la ville de Paris.
Quoique grossière, la gravure du livre de Jean Pèlerin ^ est intéressante par sa date (i5o5) : on distingue bien la forme des fenêtres et des fortes charpentes en berceaux telle qu'elle était à cette époque et jusqu'en 1618, ainsi que les statues des rois esquissées de profd ; on aperçoit à l'entrée, à gauche,
1 . « Bonnement on ne sçaurolt escrire les espèces et quantité des viandes exquises qui y furent expédiées tant et à si grande abondance en y avoit; pour plus sommairement et de plain en assouvir l'imagination de plusieurs qui y vouldroit penser, je dis pour certain que de la cusine du commun furent enlevez plus de cent cinquante brochées de viandes cuites, tant cygnes, pans, faisans que aultres espèces de viandes creuses dont les moindres estoient lapins et poussins, en ce non compris Testât de la cuisine de bouche ne semblablement l'abondance des grandes venaisons en toultes les façons qu'il est possible le mettre et accoustrer, ne aussy la grand prodigalité faicte des bons vins de tous les meilleurs sortes du monde, et mesmement la grant habandonnée largesse de l'ipocras blanc et vermeil qui n'y estoit estimé ne que eaue; pareillement ne les diversitez des pastez de toutes façons, tartres sucrées et aultres choses mystigorieuses venant du four, dont furent fait tant de services sur services, plat contre plat, mect, entremect, et mis viandes sur viandes que ce fut une chose merveilleuse. » [Mémoires de la Soc. de l'histoire de Paris, XXIX, pp. 298-299.)
2. Perspediva artijicialis, i"'* édit. en i5o5; réimprimée en 1609 et 162 1.
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NOTICE HISTORIQUE. ig
la porte dite « des petits degrés » qui communiquait par un escalier avec la cour du Mai; enfin, au fond, est indiquée la table de marbre, qui paraît un simple banc. La reproduction qu'a donnée Du Cerceau dans ses Plus excellens hâtimens de France a le mérite d'être un dessin plus artistique, tout en demeurant dans l'exacte vérité'.
La Grand' Salle fut quelquefois aussi le théâtre d'événements inattendus. Par exemple, cette extraordinaire chevauchée de carnaval qui fit crier au miracle, et que rapporte Brantôme^ : (( Un mardi gras, Henri II lit une partie avec des gentilshommes de sa cour d'aller en masque par la ville de Paris, à qui feroit le plus de follies. Ils vinrent tous au Palais. M. de Nemours, sur le cheval Real, monta de course par le grand degré du Palais, entra dans la gallerie et la Grand'Salle du Palais, fit ses tours, pourmenades, courses et follies, puis vint descendre par le degré de la Sainte-Chapelle sans que le cheval jamais bronchast, et rendit son maistre sain et sauve dans la basse court. » Une autre fois, au siècle suivant, c'est une scène très différente, d'apparence plus austère, mais qui fait crier au scandale^ : le curé de l'église voisine de Saint-Barthélémy a fait entrer la procession de sa paroisse dans la Grand'Salle pour la mettre à couvert, la pluie étant survenue, et les chanoines de la Sainte-Chapelle n'avaient pas protesté ; mais ne s'est-il pas avisé, l'imprudent curé, l'année suivante (1672), de recommencer cette même promenade le jour des Rameaux, sans avoir la pluie pour excuse, puisque le temps était beau ? Cet empiétement renouvelé lui valut de sévères représen-
I . Il en existe des fac-similés en gravure moderne par Meryon ; cf. Lots Delteil, Le peintre-graveur illustré, II (1907), pi. 48. a. Édit. Lalanne, IV, p. iGi.