‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 4 sur 123 · G LE PALAIS · texte numérisé non relu

G LE PALAIS

premières races ; à peine peut-on glaner quelques trop rares mentions topograpliiques et historiques. Un passage de Fortunat, dans la vie de saint Aubin, semble bien indiquer que Childebert I" avait un palais dans la Cité, et c'est là qu'aurait eu lieu l'assassinat des deux fils de Clodomir. D'après Grégoire de Tours, son successeur Caribert y résidait parfois. Frédégonde s'y enferma après le meurtre de Chilpéric. Mais leurs successeurs n'étaient pas près d'adopter Paris pour capitale. On croit toutefois que le roi Eudes, à la fin du ix'' siècle, fit rebâtir un palais fortifié et défendu par de hautes tours, en forme de parallélogramme : c'est ce qu'on appela dès lors le u palais nouveau » pour le distinguer du « palais vieux )) (les Thermes) *. De bonne heure, il y eutlàun oratoire royal, dédié à saint Barthélémy, qui devint ensuite (ii4o) paroisse après avoir été chapitre et monastère, et un peu plus tard une église de Saint-Michel, située sûr une petite place contiguë au Palais, qui fut reconstruite sur un emplacement voisin au xiv^ siècle, lorsque la nouvelle enceinte exigea sa disparition. Une rue très ancienne, perpendiculaire à la grande porte du palais, réunissait les deux bras du fleuve ; dans le registre de la taille de Paris pour 1292, elle est dénommée rue devant la Cour le Roy et devint rue de la Barillerie.

L'histoire du Palais jusqu'au xi® siècle nous échappe donc à peu près complètement : seul, le témoignage du moine Helgaud nous assure que le roi Robert le reconstruisit en partie, si toutefois on peut appliquer le texte à cet édifice^. On présume que ses successeurs, lorsqu'ils n'étaient pas en voyage, y séjournaient régulièrement, et l'on voit Louis VI et Louis VII y

i. C'est ce qui semble résulter d'un passage de VHistoria Vizeliacensis d'AcHERY, Spicilegium, II, p. 554).

a. Historiens de France, X, p. io3.

mourir l'un et l'autre. Lorsque Robert de Meulan veut tenter un coup de main sur Paris, la Cour étant à Melun (i 1 1 1), son premier soin est de couper les ponts et de s'emparer du Palais ; mais le retour du roi le met en fuite ^ La chapelle Saint- Nicolas y est fondée par Louis VI, et son fils confirme cette fondation en 1160^; quelques années après (ii65), on voit ce monarque y recevoir les moines de Vézelay ^ : il vient audevant d'eux, sur les degrés du Palais, où a lieu un échange de discours, et le lendemain ce fut, à l'intérieur, grande réception à laquelle assistèrent, autour du roi, ses frères, l'archevêque de Reims, Robert de Dreux et Pierre de Courtenay, et d'autres grands seigneurs*.

A cette époque, la demeure royale est assez remarquable déjà pour mériter, sous la plume d'ailleurs pompeuse d'un écrivain contemporain (Guy de Basoches), un éloge particulièrement significatif''.

Philippe-Auguste y séjourne quand les affaires de l'État le retiennent à Paris ; il aime à contempler des fenêtres de son palais le cours de la Seine, et c'est, affirme l'historien Rigord®, en voyant de là les chariots embourbés traverser la Cité, que

1 . Chronique de Ph. Mouskes, II, p. 282 ; et Historiens de France, XII, p. 678.

2. Archives nationales, K 26, n° i. — Il est fait don au chapelain de six muids de vin provenant de la treille du roi cultivée dans le jardin du Palais.

3. Spicilegium de Dom Luc d'AcaERY, II, p. 554 (Chronique de Vézelay). [f . (( Cum aliis optimatibus palatinis . »

5. « In ejus insuie sinu precelsa palatii regalis altitude consurgit, quetotius urbis capitibus humero minatur audaci. Eain non tantum mirabilis operum sti'uctura, quantum nobilis illius regni reverenda commendat auctoritas :

Hec est illa domus Francorum gloria, quorum Perpétua laudes secula laude caneut. . . »

{Bibliothèque de la ville de Luxembourg, ms. 28, f" 12 ; publié par Élie Berger dans le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris, IV, p. 38.)

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