‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 40 sur 123 · Archives nationales, LL 689, f" 10 v · texte numérisé non relu

Archives nationales, LL 689, f" 10 v

De nouveau les troubles politiques jettent la perturbation dans la capitale; des précautions vont être prises pour garantir le palais contre tout événement imprévu, et le3i octobre 1689 ordre est adressé aux colonels de la ville d'envoyer dans la cour du Palais « quatre hommes de chacune des dixaines, armés de cuirasses, pour faire ce qui leur sera ordonné pour la conservation de la ville ^ ». Et un peu plus tard (juillet 1694), c'est le maréchal de La Châtre qui est nommément désigné pour garder le Palais et le protéger en cas d'alarme ^ Des assemblées d'habitants et de quarteniers y ont encore lieu fréquemment ^ pour des questions d'assistance, d'hygiène, de police. Le changement de régime avait d'ailleurs attiré une foule nombreuse au Palais le jour (24 juin 1594) où, au milieu de la cour, on avait solennellement allumé un grand feu (( où l'on brûla la Ligue, le Légat et les Seize ». Pierre de L'Estoile ajoute* qu'on y avait peint « toutes sortes de moines, prebstres et gens d'église, dont beaucoup de peuple murmura ».

De tout temps d'ailleurs, le Palais paraît avoir été un endroit propice aux manifestations symboliques, aux allusions transparentes où le peuple parisien s'est toujours complu. J'en donnerai trois preuves entre autres : en i44o, on exposa publiquement dans la cour du Mai la fausse Pucellc d'Orléans; lorsqu'un personnage connu était condamné à mort, on affichait volontiers son portrait au mai de la cour ou tout auprès"^; et en 1748, au moment où toute la capitale jasait

I. Registres du Bureau de la Ville, IX, p. 5oi. a. Idem, X, p. 356. ^

3. Quelquefois dans la Galerie des Merciers (idem, XI, p. 227), ou dans la Salle de la Chancellerie (jrfem, XIII, p. /ji).

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